KERDINAND I. LES PREMIERES ANNEES 0 I
fréquentes, n'aboutissaient pas : dans une seule année, en i53i, il v en eut six, sans compter un congrès des villes. Hostiles au roi et tumultueuses, peu nombreuses, indifférentes au bien public, elles entretenaient l'agitation, se séparaient le plus souvent sans avoir rien décidé, ou leurs votes restaient lettre morte.
Peu à peu cependant et assez vite, sans mesure retentissante, par le simple effet d'une résolution obstinée et d'une intelligence claire, la situation se modifie. La royauté se dégage des entraves étroites dans lesquelles on a prétendu l'enfermer, écarte ses adversaires les plus dangereux, rallie les bonnes volontés qui s'offraient, et reprend la direction du pays. Bien que le dernier terme de l'évolution qui commence à ce moment ait été le triomphe de l'absolutisme et que Ferdinand ait très habilement dès lors supprimé celles des institutions qui auraient pu devenir avec le temps le fondement des libertés publiques, il n'est guère possible de voir dans le duel engagé entre les Seigneurs et le roi la lutte du despotisme et de la liberté : si on a parlé quelquefois à ce propos de l'Angleterre et des Stuarts, c'est qu'on s'est laissé tromper par des apparences de pure forme, et rien, du moins dans cette période, ne justifie ces rapprochements; il ne s'agit en réalité que de savoir si la Bohême aura un gouvernement ou continuera à se débattre au milieu de l'anarchie. Ferdinand en général respecte les droits acquis, les anciens privilèges, tient la main seulement à ce que les traités ne soient pas interprétés contre lui et à ce que les nobles n'empiètent pas encore sur les pouvoirs de la royauté. Contre les Etats, il défend la Constitution, sinon telle que l'ont faite des usurpations récentes, du moins telle qu'elle résulte des textes authentiques. Sa modération conservatrice, son souci de la légalité expliquent ses succès '.
I. Dans ses relations avec les diètes, Ferdinand a grand soin de s'appuyer toujours sur les anciennes lois; il s'oppose à leurs demandes, « parce que c'est une chose qui n'existait pas auparavant, mais qui s'est introiluite récemment, contre les usages et les bonnes et anciennes habitudes »; il les invite à ne pas se laisser entraîner « à des choses nouvelles et jadis inconnues », etc. V. les diètes bohèmes, I, 45o, 452, 453, etc.