MORT DE BLAHOSI.AS 25 J
ses forces; il consacra tousses soins à préparer une édition latine de la Confession des Frères, puis il ne voulut plus penser qu'à l'éternité. Il écrivit à son fidèle disciple, Orlik, qu'il avait vu en songe deux colonnes qui s'écroulaient : Dieu lui avait révélé par là sa propre mort et celle de son collaborateur, de son ami dévoué, Tchervenka.Tchervenka mourut au mois de décembre i56q; Blahoslas traîna encore près de deux ans. Le 24 novembre iSyi, « finit le guide et le père du peuple de Dieu dans l'Unité, un homme remarquable et grand, très pieux, travailleur depuis sa jeunesse, très bienveillant pour tous, un joyau précieux de notre Église et dont la renommée était répandue au loin parmi les autres peuples. Les jugements de Dieu sont insondables; mais il nous semble qu'il l'a rappelé trop vite auprès de lui ' ». Avec Blahoslas disparaît le dernier des grands évoques qu'ait possédés l'Unité avant la persécution. Ses successeurs n'eurent ni une piété moins vive ni un dévouement moins sincère que leurs aînés; leur instruction est, sinon plus étendue, du moins plus complète et plus méthodique, mais leurs talents sont inférieurs à leur tâche, et la Communauté des Frères flotte sans direction et sans pilote au moment où les conjonctures auraient exigé le plus de sangfroid et d'habileté.
1 Ce sont les paroles du disciple de Blahoslas, Orlik ; (Jiretchek, Rukoviet, p. 82). On peut consulter sur Blahoslas, outre les ouvrages généraux souvent indiqués, une intéressante biographie de Gindely, dans le Tchas. tch. M., i856, et un article de Siavik dans la Osviéta, iSyB. Aucun des travaux publiés sur son compte ne saurait d'ailleurs être considéré comme définitif. Je ne me suis pas longtemps arrêté stir son histoire parce qu'elle n'a, au point de vue des événements généraux, qu'une importance relative. Blahoslas fut un grand cœur, non un grand homme. Le seul fait saillant de sa vie est sa lutte avec Augusta, et, sans compter que nous la connaissons mal, il n'est pas évident que son succès ait été très heureux pour la Bohême. Comme théologien, ce n'est ni un esprit créateur ni même toujours un esprit net. Depuis son épiscopat, l'Unité incline toujours plus vers le Calvinisme, mais le changement n'est ni assez hardi ni même toujours conscient. Blahoslas fut l'honneur de son parti, mais au point de vue humain, il ne soutient la comparaison ni avec Augusta ni avec Loukach.