‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 135 sur 248 · Cité par Schweinitz, p. 4o · texte numérisé non relu

Cité par Schweinitz, p. 4o

3. On en compte quinze de i5o5 à 1639, sans parler de très nombreuses éditions populaires.

LA BIBLE DE KRALITSE 3 j j

tait le livre de chevet; aussi les publiait-on avec un soin extrême. Quelques-unes des éditions sont de véritables œuvres d'art. Celles de iSyô et de i58i sont justement célèbres, mais bien d'autres sont remarquables; les miniatures, les arabesques, les lettres initiales témoignent d'un talent supérieur. La peinture, après une période de décadence, se relevait, et, tout en s'appropriant les procédés des Italiens ou des Allemands, conservait une originalité pleine de saveur. « Les recueils de cantiques bohèmes, écrit un savant archéologue, peuvent se comparer pour la beauté et l'excellence des peintures aux plus remarquables productions que conservent les musées de Vienne, Bruxelles, Milan ou Paris. Et nulle part ailleurs peut-être, rien ne saurait être comparé à la beauté, à l'ingéniosité et à la magnificence des lettres initiales '. » Les grands seigneurs payaient 25 ou 3o,ooo florins ces merveilleux exemplaires.

A côté des Recueils de cantiques, le livre que lisaient le plus les Frères était l'Ecriture-Sainte. Il avait déjà paru en Bohême seize traductions de l'Évangile -, lorsque les Frères chargèrent Blahoslas de traduire du grec le Nouveau- Testament; il y travailla de longues années et donna une œuvre infiniment supérieure à tous les essais précédents et des plus remarquables à la fois par la fidélité du sens et par l'élégance du style. Les Anciens, sur la prière des prêtres et de nombreux fidèles, entreprirent alors la traduction de la Bible tout entière. Elle fut préparée avec beaucoup de soin : on envoya à Wittenberg et à Bâle des jeunes gens qui y séjournèrent plusieurs années pour acquérir les multiples connaissances nécessaires à leur difficile travail. Plusieurs arrivèrent aux plus hautes fonctions de l'Unité et ont laissé un nom dans la littérature tchèque. Ils sollicitèrent le concours de deux hébraïsants, fort connus alors dans le monde scientifique. La direction supérieure appartint d'abord à André Etienne, puisa IsaïeTsiboulka et

I. Votsel, les miniatures bohèmes du xvi' siècle, dans les Mémoires archéologiques, III, p. 241.

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