‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 161 sur 248 · Fiedler, p · texte numérisé non relu

Fiedler, p

des conclusions contradictoires : pour arriver à la vérité, il ne suffit pas d'entasser les citations, il faut discuter les témoignages et les rapprocher, et encore ne saurait-on espérer qu'une conclusion très contestable et purement approximative. A côté de Jean Corraro, Jean Michèle, trois ans plus tôt, constate que la Bohême est le plus beau fleuron de la couronne autrichienne et qu'elle devient chaque année plus populeuse, plus riche et plus civilisée '. Les inventaires que nous possédons témoignent que, si les maisons sont toujours assez pauvrement meublées, à divers points de vue certaines habitudes de luxe se généralisent -. Si trop de seigneurs sont exigeants et injustes, d'autres s'attristent des souffrances de leurs serfs et leur sollicitude éclairée provoque une reconnaissance affectueuse. « Je vous recommande de protéger mes sujets, écrit à son intendant Ziérotyn pendant son séjour en France; ne permettez pas qu'on leur fasse du tort ^. » La charte par laquelle il affranchit les habitants de Brandys, nous dit son biographe, montre quelle était la noblesse de son âme et quelle haute idée il se faisait des devoirs d'un suzerain. Et il n'y avait pas qu'un Ziérotyn, dans le royaume +. Que conclure de ces contradictions, sinon que la condition des paysans dépendait du hasard qui les livrait à tel ou tel maître? Dès lors, quelque progrès que l'on suppose de la moralité publique — et nous savons qu'ils étaient médiocres, — qui s'étonnera que beaucoup de seigneurs aient souvent cédé à la tentation d'accroître leurs revenus, quand il ne s'agissait pour cela que d'un ordre à donner? — Dans les cas les plus favorables, le bonheur des serfs, était à la merci d'un incident, une succession, une vente? Et d'ailleurs, même si l'on veut admettre, ce que les faits ne me semblent pas confirmer complètement, que la situation des vilains s'était améliorée, il faudrait prouver qu'ils étaient

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