‹ Les premiers HabsbourgsChapitre 194 sur 248 · RKVOLTE DE LA HONGRIE · texte numérisé non relu

RKVOLTE DE LA HONGRIE

sylvanie était le théâtre, permettaient de reprendre rollensive avec de sérieuses chances de succès, et le roi, fort irrité de l'attitude des Turcs dans cette question, les accusait, non sans quelque apparence de vérité, d'avoir violé les conditions convenues. Il n'était pas absolument décidé pourtant à recommencer la guerre, pensait peut-être plutôt, en inquiétant la Porte, à en obtenir quelques concessions de détail et à la détourner d'une intervention trop directe dans les affaires de Transylvanie et de Hongrie. Il est très difficile de juger la conduite d'un homme sans cesse sous le coup d'accès de folie; de plus, les archives de Rodolphe ont été détruites et nous n'avons d'autres renseigjnements que ceux que nous fournissent ses adversaires : or, leur sincérité est contestable et ils étaient dans tous les cas assez mal instruits des intentions du roi. Il semble cependant ressortir des documents, d'une part, que le parti auquel il s'arrêta n'était pas aussi déraisonnable qu'on se plaît à le prétendre d'ordinaire, et aussi qu'il avait conservé au moins la direction générale du gouvernement : on retrouve en effet sans trop de peine dans ses résolutions à cette époque, à travers de très nombreuses fluctuations" de détail, les deux idées maîtresses qui avaient toujours dominé sa conduite, l'horreur de l'hérésie et un vague sentiment de ses devoirs de souverain. Laisser échapper les provinces qu'il avait tenues un moment dans sa main et dont la possession devait mettre à jamais l'Autriche à l'abri des invasions musulmanes, lui semblait une insupportable déchéance, et il voyait dans la conquête de la Hongrie méridionale la condition indispensable de l'affermissement de son pouvoir à l'intérieur; il espérait en même temps racheter ainsi aux yeux de la postérité les scandales de sa vie privée et retrouver le calme de sa conscience en bien méritant de l'Eglise chrétienne. Son ambition avait un côté fanatique, et, comme il }' mêlait une idée de rédemption, il voulait tout mener par lui-même. Les résultats de cette intervention personnelle n'étaient pas toujours très heureux. Il ne se décidait souvent qu'après de longues réflexions, et, dans ces journées de luttes inté-

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