Anqucz, Bongars, p
4f'2 LA LIBERTÉ RELIGIEUSE
une sorte de pudeur et dont la disparition n'était qu'une eiuestion de temps. Malheureusement quelques puissantes et vieilles familles bénéficiaient seules du changement; le peuple assistait indifférent à un changement qui ne Tatteignait pas : le servage serait toujours aussi lourd, la volonté des maîtres aussi arbitraire, les bourgeois aussi méprisés; quelques réformes démocratiques, quelques améliorations de détail eussent garanti les vainqueurs contre toute revanche, en assurant à l'aristocratie le concours de la masse de la population : ils n'en eurent pas l'idée.
En Bohême, Rodolphe avait pa3^é fort cher la fidélité des États : tous les tribunaux d'exception seront abolis et le Tribunal Suprême rétabli dans toute son autorité, le roi ne lèvera de troupes qu'avec le consentement des États, les grands fonctionnaires seront inamovibles et nommés sur la proposition du Grand-Conseil et du Tribunal du Pa3's, les procès de lèse-majesté seront interdits, les confiscations arbitraires supprimées, les libertés du pa3's respectées '. On s'acheminait vers la constitution de Vladislas, qui était toujours l'idéal des seigneurs. Sur tous ces points, la diète avait été unanime, et les Catholiques ne s'étaient pas séparés des Protestants. La revanche de 1647 était complète.
Les États, dont le triomphe en politique avait été si facile, furent moins heureux en matière religieuse. Ici, Mathias et Rodolphe avaient derrière eux, à l'intérieur, un parti, peu nombreux, mais déterminé, et au dehors, l'Espagne, Rome, la Bavière, etc., leur constituaient une sorte de réserve. Cette réserve sans doute n'était guère que nominale : le parti catholique européen était encore divisé, fort mal armé pour une guerre décisive, et, très inquiet des manœuvres de Henri IV, il cherchait surtout à éviter un engagement à fond; mais enfin il ne lui était pas possible de se dérober à ses destinées, et cette grande masse menaçante produisait au moins un effet moral. Les Habsbourgs se