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I. Gindcly, I, p. 6y

HROn ET BROL'MOV Sxg

et leur droit n'est plus guère contesté ' ; il est évident cependant qu'ils avaient commis une lourde faute en ne pas insérant dans le traité une clause plus précise.

A un moment où Ton cherchait à relever le Catholicisme dans tout le royaume, comment l'archevêque aurait-il assisté indifférent au triomphe de l'hérésie sur ses biens immédiats? Le conflit s'engagea à propos de deux petits bourgs allemands, situés près de la frontière du pays, Broumov (Braunau) et Hrob (Klostergrab). Broumov, qui dépendait d'un couvent de Bénédictins, était depuis longtemps en lutte avec son abbé, Wolfgang Selender, un des plus fougueux champions de la Curie. Après le triomphe des Protestants, la commune appela un pasteur évangélique et lui livra l'église de la ville; la violation des droits du patron était flagrante, et lorsque les habitants, sur les plaintes de l'abbé, furent obligés de lui restituer l'église, les Défenseurs n'intervinrent pas; les dissidents commencèrent alors à se construire un temple, et malgré les nouvelles protestations de Selender, beaucoup moins fondées cette fois, ils l'inaugurèrent en iGi'i. L'abbé leur interdit d'y célébrer le service divin et obtint un édit formel du Conseil; les habitants n'en tinrent aucun compte, et les Défenseurs prirent en main leur cause. L'affaire traîna en longueur; plusieurs fois de nouveaux mandats royaux ordonnèrent la fermeture de l'église, ils ne furent pas exécutés. En i6i7,Mathias, qui se rendait à Vienne, appela devant lui à Pardoubitse une délégation des habitants, leur reprocha sévèrement leur dé-

I. Tomek afifirme cependant que les Protestants étaient absolument dans leur tort, mais il ne discute pas la question. Le fait d'ailleurs n'a qu'une importance secondaire. La démolition de l'église de Hrob (Klostergrab) fut la goutte d'eau qui fait déborder le vase ; la mesure était comble. Et, en équité, les Évangélistes n'avaient-ils pas le devoir de protéger leurs coreligionnaires ? Ce n'était pas seulement pour les habitants des domaines ecclésiastiques qu'ils auraient dû demander le droit de se bâtir des temples, mais pour tous les paysans, et ils l'auraient fait probablement, si leur naïveté ne s'en fût remise à la tolérance des Catholiques. (V. Gindély, p. 70.) L'opinion de M. Gindély est d'autant plus importante qu'il ne saurait être suspect de partialité pour l'insurrection et qu'il avait d'abord soutenu une opiiûon opposée.

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sobéissancc et les menaça de toutes ses rigueurs s'ils persistaient; il les somma de remettre la clé de l'église à l'abbé et de présenter aux Gouverneurs l'attestation qu'ils auraient reçue. Les habitants n'obéirent pas plus qu'auparavant et lorsque apparut dans leurs murs une commission royale, ils coururent aux armes et une émeute éclata; les commissaires royaux repartirent en laissant les choses en l'état (mars iGicS). Huit des principaux bourgeois furent mandés à Prague et jetés en prison : la commune ne céda pas.

Cet épisode avait produit une assez vive impression dans le pays : — les événements de Hrob eurent un tout autre retentissement, non seulement en Bohême, mais en Europe. La petite ville de Hrob, sur la frontière de Saxe, avait aussi voulu avoir son église : l'archevêque la fit fermer (1614), bien que ses droits sur la ville ne fussent pas incontestés; il ne se borna pas d'ailleurs à interdire aux Protestants de célébrer leur culte : par une violation flagrante de la loi, il leur interdit de se rendre aux églises voisines et punit les récalcitrants; son employé, Ponzon, ne ménageait ni les menaces ni les mauvais traitements pour ramener ses administrés à la religion romaine; pour ne laisser aucun doute sur ses intentions, l'archevêque ordonna enfin de démolir l'église protestante; en trois jours elle fut rasée (1 i-i3 décembre 1617). La provocation était formelle, un cri de colère courut dans le pays et l'émotion se propagea dans toute l'Allemagne.

Les Défenseurs, usant du privilège que leur conférait la Lettre de Majesté, convoquèrent à Prague une assemblée protestante (mars 1G18); Thurn énuméra les griefs des Évangélistes, et la réunion envoya une pétition à l'Empereur pour lui demander justice; en même temps, elle sollicita l'intervention des autres provinces de la Couronne; elle revenait ainsi à la confédération qui avait si malheureusement échoué en 161 5; puis elle s'ajourna au mois de mai, pour entendre la réponse du souverain. — Mathias accueillit fort mal l'adresse des hérétiques, et, non content de leur refuser toute satisfaction, il leur interdit sévèrement

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