LES PREMIERS LUTHERIENS TCHEQUES ^I
allemand, mais ce n'était pas un théologien; avec plus d'enthousiasme que de science, il mêlait dans son enseignement des idées assez incohérentes; sur la Communion il se rapprochait beaucoup plus des Frères, à ce qu'il semble, que de Luther. Plus tard, il entra en relations assez étroites avec rUnité, finit par fonder avec Jean Doubtchansky de Habrovany une secte nouvelle, les Habrovanites ou les Frères de Liletz (mons liliorum); elle eut des destinées assez agitées, et ne survécut que peu de temps à Mathias. Les Habrovanites niaient la présence réelle et n'avaient pas de caste sacerdotale : « Il n'y a qu'un seul prêtre, qui est Christ », prêchait déjà l'hermite à Prague '. En somme, par la tendance générale de ses prédications, comme par la nature de son esprit, Mathias était surtout le continuateur des Taborites, et il appartient à l'ancienne école plutôt qu'à la nouvelle : il prépara les voies à la Réforme luthérienne, mais il n'en fut pas réellement l'introducteur en Bohême. Au milieu de la prostration morale du parti utraquiste, quelques prêtres avaient toujours représenté une tendance un peu moins timide. C'est ainsi qu'en i5i3, un curé de Prague, Jean Mirouch ou Miroch, avait publié sur la Communion des enfants et l'obéissance à la papauté deux traités dans lesquels il s'écartait sur plusieurs points essentiels de la doctrine catholique et utraquiste. C'était déjà presque un vieillard, mais l'âge n'avait point amorti son zèle. Quelques curés de Prague, inquiets de l'influence de Mathias, se joignirent à lui ; le meilleur moyen d'arrêter cette fermentation dangereuse n'était-il pas de donner satislaction aux légitimes besoins de la foule? Venceslas Rozdialovsk}', le prieur du collège de Charles, Podouchka, curé de l'église du Tyn, formèrent avec Miroch le noyau d'une opposition progressiste, à laquelle se rallièrent bientôt quelques autres prêtres. En iSig, ils entrèrent en relations avec Luther et lui écrivirent pour le féliciter de son courage et l'exhorter à poursuivre son œuvre bénie : « Ce que H us a été autrefois