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L HERITAGE DES JAGELI.ONS I I

cepté par les États (1492) et confirmé par diverses conventions postérieures contre lesquelles la diète n'avait soulevé aucune objection. Les prétentions des Habsbourgs sur la Hongrie étaient par conséquent très nettement établies en droit: mais le parti national avait réussi à faire voter parles États que tous les étrangers seraient exclus du trône; il était peu disposé à se préoccuper des parchemins, et depuis longtemps Jean Szapolyai briguait la couronne.

En Bohème, la situation était moins nette encore. Divers actes avaient, au xiV" siècle, reconnu aux Habsbourgs un droit éventuel de succession au trône ; mais ces conventions, et en particulier le traité d'héritage conclu en 1864 entre Rodolphe d'Autriche et Charles IV, avaient été complètement abolies en 1463, lorsque l'empereur Frédéric HI, en retour de l'appui que lui avait prêté Podiébrad, lui avait remis tous les documents qui pouvaient menacer l'indépendance tchèque. Maximilien ne négligea rien pour créer aux Habsbourgs de nouveaux titres, en faisant épouser à un prince de sa maison la fille de Vladislas, Anne. Dès i5o6, une convention, signée à Vienne, réservait la main d'Anne à Ferdinand, alors âgé de trois ans. Ce traité resta sans doute secret, et de nombreux compétiteurs se présentèrent, les ducs de Bavière, Jean Szapolyai. Le mariage d'Anne était devenu une question de politique européenne ; une ambassade française vint à Prague, probablement pour battre en brèche les prétentions des Habsbourgs '.

Une opposition plus redoutable pour Maximilien était celle du roi de Pologne, Sigismond, qui convoitait pour luimême la Hongrie ou voulait tout au moins empêcher qu'elle ne fût réunie à l'Autriche ; il s'était rapproché du parti na-

I. Rézek, les traités de Vienne, Tchas. tchesk. M. 1881, p. 389. Comparez sur les prétentions des Habsbourgs et l'élection de Ferdinand les autres articles de Rézek (Tchas. tch. M. 1882); Liske, Der Congress zu Wien, (Forschungen, VII), et, Des polnischen Hôtes Verhajltniss zur Wahl K. KarlsV., dans le Sybel's histor. Zeitschrift, 1866; Gluth, die Wahl Ferdinands I zum K. von Bœhmen, dans les Mittheil. des Vereins f. Gesch. der Deutschen in Bœhmen, XV; — C'est à partir de i526 que commence une publication capitale pour l'histoire du xvi" siècle, Les diètes bohèmes (en tchèque), éditées sous la direction de Gindelv.

TRAITK DE PRESBOURG

tional magyar et avait épouse en i 5 1 2 la sœur de Szapolyai, Barbara. Maxiniilien arma contre lui les Teutoniques et les Russes, mais les Teutoniques avaient cessé depuis longtemps d'être redoutables, et les Russes furent complètement défaits en 1 5 14. En môme temps, la victoire de Szapolyai sur les paysans hongrois révoltés augmentait son influence, et dans plusieurs assemblées de comitats, on parlait ouvertement de l'élever au trône. Dans ces conjonctures périlleuses, Maxiniilien réussit à gagner deux des conseillers les plus inliuents de Sigismond, Tomitsky et Chidlovetsky ; celuici a avoué lui-même qu'il avait reçu de l'Fimpereur plus de 80,000 florins. Barbara était morte, Sigismond suivit docilement l'avis de ses ministres et se rapprocha de Maximilicn ; ce dernier en profita pour triompher des dernières résistances de Vladislas, qui, d'ailleurs, flatté par les propositions des Habsbourgs, n'avait guère été retenu jusquelà que par l'affection très vive qu'il ressentait pour son frère, le roi de Pologne.

Cuspinien, l'ambassadeur de Maximilien, déployait une grande activité ; on décidaqu'une entrevue auraitlieu à Presb6urg(i5i5) entre l'Empereur et les rois de Bohème et de Pologne; Maximilien, arrêté comme d'habitude par des difficultés financières, ne vint pas, mais son absence n'empêcha pas la conclusion d'un traité par lequel il s'engageait à ne pas secourir les Russes et les Teutoniques; en retour, le fils de Vladislas épousait Marie d'Autriche, et Anne, Ferdinand; ce traité fut modifié par la convention de Vienne (20 mai i5i5), mais sans que les articles nouveaux en altérassent le sens général. Le mariage d'Anne et de Ferdinand fut célébré par procuration en i5i() et accompli en

L'obstination de Maximilien avait trouvé sa récompense. Quelle situation faisait cependant ce mariage à son petitfils, si la couronne de saint Vesceslas devenait vacante? Il créait sans doute à Ferdinand des présomptions favorables; mais lui constituait-il en lui-même un véritable droit? La Bulle d'or de Charles IV (i356) avait établi qu'à défaut

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