PROGRES DE LA RÉFORME
Pour la plupart de ces prêtres de hasard le latin était une gêne : ils le remplacèrent avec enthousiasme par le slave et Tallemand. Leur instruction théologique était si faible qu'ils adoptèrent souvent les dogmes nouveaux sans se douter qu'ils se séparaient du Catholicisme: on en vit qui prêchaient purement et simplement les sermons de Luther, n'y entendent pas malice. — Beaucoup de comniunes étaient fort embarrassées quand il s'agissait de remplacer leur curé; leurs appels désespérés au Consistoire ne recevaient pas de réponses, c'est à grand peine s'il parvenait à pourvoir les postes les plus importants; elles accueillirent sans examen les moines défroqués qui arrivaient d'Allemagne, fort embarrassés de leur liberté et heureux de trouver un morceau de pain. Quelles étaient les mœurs de ce clergé interlope et abandonné à lui-même? On le devine. — On espérait qu'en supprimant le célibat, on supprimerait la principale cause des scandales, et plus d'un bourgeois songeait qu'il avait des filles à marier. — Sur les frontières, les relations fréquentes avec l'Allemagne, la communauté de langue et de race favorisaient la propagande. Quelques-unes des villes qui avaient résisté au Hussitisme avec une énergie farouche, furent les premières à appeler des pasteurs luthériens. — Ailleurs l'éloquence de Luther, le courant général, la magie des mots. Cà et là, dans les masses populaires surtout, l'enthousiasme religieux assoupi se ranimait ; les vieilles formules, négligées par les Utraquistes, réveillaient au fond des cœurs les espérances si longtemps caressées : la liberté de la parole de Dieu, le retour à l'Église du Christ, l'Évangile, il n'en fallait pas tant pour exalter les âmes naïves et tendres.
Sous l'influence de ces causes si nombreuses et si diverses, le feu gagne de proche en proche avec une extrême rapidité. Sans résistance, le Protestantisme envahit les villes l'une après l'autre, Tchesky-Brod où, dès i5i8, les vieilles cérémonies sont abolies; Litomierzitse, où lève la semence jetée par Cahéra;Troutnov,où, en 1524, le nouveau curé amène sa
toire utraquiste sont ordinairement en tchèque, celles du consistoire catholique en latin ou en allemand. C'est une source précieuse pour la connaissance de la situation religieuse en Bohême sous le règne de Ferdinand.