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Cité par Palatsky, V., 2, p

EXPULSION DE CAHERA

Cahéra brava plusieurs années l'indignation de tous les honnêtes gens et la haine du roi; enfin en 1628, il reçut l'ordre de quitter la ville dans la journée et la Bohème dans les six jours. Ses sympathies religieuses rapprochaient bien Ferdinand du parti de Pachek, mais il lui importait avant tout d'apaiser les esprits et de se débarrasser d'agitateurs insolents. Lamentable fin de tant de beaux rêves ! Chassé de Misnie où le duc Georges refusa de le recevoir, renvoyé de Nuremberg, sans amis, sans honneur, Cahéra échoua dans la petite ville d'Ansbach, se maria et mourut aubergiste.

Malgré l'indignité morale des représentants de l'ancienUtraquisme et bien que leur domination n'eïjt pas été de longue durée, cet intermède avait été très fâcheux. Maîtres de Prague et disposant de la majorité dans le Consistoire, les Progressistes auraient entraîné sans difficulté le gros de la nation, et la transformation n'eût provoqué ni lutte ni scandale. Au contraire, la capitale leur échappa pour longtemps : les anciennes traditions y étaient très vivaces ; les rois d'ailleurs la tinrent de court, elle fut dès lors hésitante, divisée, et n'apporta au Protestantisme qu'une adhésion pleine de restrictions et de réserve. Sa neutralité ou sa timidité affaiblirent beaucoup l'ardeur et l'audace des novateurs, en même temps que l'hostilité du Consistoire les jetait dans une situation fausse et les mettait en quelque sorte hors la loi. Les progrès de la Réforme ne furent pas arrêtés, mais la révolution se fit au hasard, sans programme, sans plan, et, au lieu de régénérer l'Eglise nationale, accrut encore la confusion et l'anarchie.

Assez vite cependant la foi nouvelle faisait son chemin. Tout concourait à la propagande des doctrines luthériennes, les sentiments élevés et les considérations mesquines, les plus misérables et les plus nobles passions. — Dans la disette de prêtres — qui était le mal chronique de l'Utraquisme, — on avait ordonné tous les candidats, d'où qu'ils vinssent, maîtres d'écoles, anciens emplo3^és, aventuriers; leur moralité était médiocre et leur ignorance, extrême ',

I. Sur l'état du clergé utraquiste, v. Borovy, Actes et Lettres des consistoires catholique et utraquiste, (Prague, 1867- 1874). Les lettres du consis-

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