RÉVOLTE DE I S4.J I I
par son inaction. Mais cette inaction ne s'explique-t-elle pas par les soucis que lui causaient les affaires d'Allemagne? Dans le silence absolu des documents, la plus stricte justice ordonne d'écarter des insinuations infamantes.
Un assez grand nombre de cercles avaient envoyé leurs contingents à Litomierzitse, mais les scènes de l'automne dernier recommencèrent; les chefs refusaient de marcher sans un ordre de la diète et demandaient qu'elle fût convoquée sur le champ. Les explications et les promesses de Ferdinand ne les apaisaient pas. De guerre lasse, le roi permit de nouveau à ceux qui ne voulaient pas le suivre de se retirer. Quelques volontaires catholiques et utraquistes se joignirent à ses troupes régulières, il avait levé quelques milliers de mercenaires avec les subsides qu'avaient payés divers seigneurs; il entra en Misnie. Pour le moment, il s'agissait de l'Électeur; il saurait bien punir plus tard ceux qui lui avaient refusé leur concours.
Dans le pays, la fermentation gagnait de proche en proche. Les bruits les plus sinistres circulaient; les condottieri qui traversaient le royaume, répandaient l'alarme par leurs menaces : après le tour des hérétiques et des rebelles allemands, ce serait celui des Bohèmes; on se baignerait dans le sang du peuple tchèque, et l'on aurait pour rien les maisons des Praguois, leurs femmes et leurs filles '. Les bourgeois répondirent à ces menaces par des actes. « Si nous obéissions à un ordre qui a été publié sans le consentement de la diète, objectaient-ils aux sommations de Ferdinand, et si nous nous soumettions à ses prescriptions, non seulement nos libertés, mais celles du royaume entier seraient en péril, et nous tous, membres des trois Ordres de ce royaume, nous serions dans une position plus mauvaise que celle des paysans dont les seigneurs n'exigent, ne peuvent et ne doivent exiger que ce qui est fixé dans les contrats » -. Ferdinand essayait de réveiller les haines séculaires contre l'Allemagne : « Jadis,