ÉTATS DE I 547 I I
hardis. L'agitation était accrue par l'arrivée des seigneurs qui revenaient de Litomierzitse, encore tout échauffés du succès partiel qu'ils avaient remporté sur le roi. Les plus ardents parmi eux étaient les Frères; au premier rang, Guillaume Krzinetsky de Ronov, dont l'éloquence réchauffait tous les cœurs; si la Bohême eût compté beaucoup de fils aussi dévoués et aussi courageux, le roi n'eût pas eu aussi facilement raison de l'insurrection ', Il décida les nobles présents dans la capitale à s'unir aux Praguois (16 février), et les États furent convoqués pour donner au mouvement une consécration officielle.
Ferdinand interdit la réunion de la diète; mais la fortune favorisait l'Electeur de Saxe; on ne tint aucun compte de sa défense et l'assemblée s'ouvrit au mois de mars. Les chefs des mécontents avaient préparé une série de demandes qui devaient être soumises aux États et qui forment comme le programme du parti national. — Les Utraquistes seront libres de se réunir et d'organiser leur Église. Les procès ne seront plus évoqués devant le Tribunal aulique et la Chambre royale, et les tribunaux ordinaires connaîtront même des affaires dans lesquelles le roi ou le trésor sont intéressés; leurs décisions seront sans appel et aucun habitant du ro3^aume, riche ou pauvre, ne sera cité devant une juridiction étrangère; personne ne sera poursuivi que suivant les formes légales. Les ligues particulières ne seront plus interdites. Le roi ne pourra pas faire couronner son fils de son vivant; les privilèges et les prérogatives des divers Ordres seront rétablis et respectés; les collecteurs d'impôts seront responsables devant la diète; la Chambre royale sera composée exclusivement de Bohèmes. Le roi nommera les membres de la Cour suprême sur la présentation des assemblées provinciales, et les grands dignitaires
I. Ronov semble avoir été un orateur remarquable. Voir sur les débats des diètes à cette époque, le tome II des Sniemy tcheské, (i 546-1 557), Prague 1880. C'est avec un profond regret que nous supprimons le détail si curieux des discussions et les renseignements pittoresques que nous fourniraient les documents de cette période. Sur l'alliance des Seigneurs et de Prague, v. Diètes Bohèmes, t. II, p. 118, 120, i23.