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LE PAPE AITORISE LE CALICE

Vienne; débarrassé du Concile, le pape ne songeait plus à modifier sur quelques points essentiels la coutume catholique. — Pie IV avait toujours cependant regardé la communion sous les deux espèces comme une question de pure forme et sans réelle importance. Aussi, sur ce point, accueillit-il aisément la requête des ambassadeurs allemands. On nous a assuré, disait-il dans un bref du i6 avril (1564), que parmi les Catholiques beaucoup éprouvent une telle passion de recevoir le Calice qu'ils ont été entraînés à se joindre aux dissidents qui, pour les admettre parmi eux, les ont forcés à renoncer à leur véritable foi, et que d'autres sont prêts à les suivre dans leur défection. Pour éviter ces scandales, il consentait à ce que les archevêques de Salzbourg et de Prague permissent dans leurs diocèses la communion utraquiste. — Sur tous les autres points. Pie IV demeura inflexible, et l'autorisation même du Calice fut entourée de restrictions qui en atténuaient singulièrement la portée : tous ceux qui se présenteraient pour recevoir la communion sous les deux espèces feraient profession de foi catholique et abjureraient leurs erreurs '. — Les Hussites avaient toujours relevé comme une calomnie et une injure l'accusation d'hérésie : obtenir d'eux une abjuration était impossible. Ferdinand essa^^a de tourner la difficulté, voulut régler par une ordonnance ro3^ale les conditions et les rites de la communion utraquiste. Le texte du règlement qu'il envoya à Prague est curieux, moins peut-être parce qu'il témoigne de la passion avec laquelle il poursuivait la restauration de l'unité catholique et de la confiance que lui inspiraient encore les mesures de conciliation, que parce qu'il montre quelle autorité s'attribuaient alors les princes en matière de foi et par quelle confusion d'idées ils se croyaient tenus de persécuter les dissidents. Le décret du roi de Bohême est un véritable texte théologique ; sans doute, dit-il, il n'appartient pas aux princes séculiers de statuer sur les questions spirituelles ; en sa qualité d'Empereur cependant,

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