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LA COMMUNION SOUS LES DEUX ESPECES

il est le premier-né de l'Église, son avocat et son défenseur suprême, et comme un évéque du dehors. — A ce titre, il gourmande et encourage les prêtres, fixe les rites et le dogme, trace aux directeurs la conduite qu'ils devront suivre, entre dans les détails les plus minutieux, tranche les difficultés, prescrit comment sera porté le calice, comment le vin sera versé et conservé, etc. '

Ferdinand avait surtout recommandé aux prêtres de ne pas décourager les bonnes volontés, mais de faciliter le retour des égarés en évitant les subtilités théologiques ou les cérémonies humiliantes. En dépit cependant de toute sa bonne volonté, son ordonnance parut encore de nature à mécontenter les Utraquistes. Le Chapitre catholique de Prague s'effraya : les intentions du souverain étaient louables et les termes de l'ordonnance excellents en eux-mêmes, mais il fallait tenir compte des circonstances et ménager la transition : dire aux Bohèmes que chacune des espèces renfermait le Christ tout entier avec sa divinité, son âme, son corps et son sang, que l'Eglise a le pouvoir de modifier la forme extérieure des Sacrements, c'était heurter les préjugés les plus enracinés et supprimer tous les effets attendus de l'autorisation pontificale.

Le bref de Pie IV fut enfin lu solennellement dans la cathédrale de Prague (23 juillet 1564). La lettre par laquelle l'archevêque en avertit l'Empereur, est pleine des plus joyeuses espérances : la publication en tchèque aura lieu le dimanche suivant; il a l'intention de parcourir ensuite le ro3^aume, en particulier les districts de Zatets et de Litomierzitse pour y distribuer la communion sous les deux espèces; les Utraquistes n'auront plus désormais aucun prétexte pour persister dans leur isolement; aussi espère-t-il que l'Empereur ne tardera pas à publier un nouvel édit, corollaire nécessaire de la bulle du i(3 avril, par lequel tous les prédicateurs hérétiques seront chassés du royaume; la réconciliation de la Bohême et de Rome sera ainsi ac-

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compile '. — Le même jour l'Empereur mourait à Vienne (i564).

Aurait-il signé le mandat que sollicitait rarcheveque? Ce mandat lui-même aurait-il été exécuté et le roi eût-il amené le parti utraquiste, c'est-à-dire la grande majorité de la nation, à se contenter des pauvres concessions qu'il avait arrachées à la papauté? — Le contraire semble infiniment probable. L'Empereur mort, les radieuses perspectives un moment entrevues s'évanouirent aussitôt. Dans les pa3's voisins, on reconnut bientôt la vanité et même les dangers d'une innovation qui troublait les consciences, détruisait l'unité mystique du Corps du Christ, fomentait la révolte en lui accordant une apparence de victoire -. Dès 1571, le duc Albert de Bavière interdit la communion sous les deux espèces. En Bohême, le principal résultat de la bulle de 1564 ^^^ ^^ jeter un peu de désarroi parmi les Catholiques : un certain nombre demandèrent le calice et cette infraction aux anciens usages ne fut souvent que le début d'une apostasie. Quant aux Utraquistes, ils persistèrent dans leur opposition ^. L'archevêque Prous de Mohelnitse maintint le décret, un peu par point d'honneur. Son successeur le laissa tomber en désuétude ; lorsqu'en 1587, on lui demande d'autoriser la communion sous les

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