CAVOR FAIT DES SUPPOSITIONS
Pendant quelque temps, ni l'un ni l'autre ne parla. Rassembler en un seul faisceau toutes les avanies que nous nous étions attirées semblait dépasser le pou-voir de mes facultés mentales.
— Ils nous tiennent! finis-je par dire.
— C'est la faute à cette espèce de cham-pignon.
— Peut-être, mais si je n'en avais pas pris, nous aurions défailli et serions morts de faim.
— Nous aurions pu retrouver la sphère, aussI.
Devant son obstination, je perdis patien-ce et je me mis à jurer tout bas. Un long laps de temps s'écoula pendant lequel nous nous détestâmes en silence. Je tambourinai avec mes doigts, par terre, entre mes genoux, et je faisais grincer
les uns contre les autres les anneaux de
mes chaînes. Bientôt je fus forcé de parler
encore.
-- Cependant, que déchiffrez-vous dans
tout cela? demandai-je avec humilité.
— Ce sont des créatures raisonnables...
Ils fabriquent des objets et s'en servent...
Ces lumières que nous avons vues...
Ils s'arrêta court. Il était clair qu'il ne
pouvait rien y comprendre. Quand il
reprit la parole, ce fut en quelque sorte
pour admettre son impuissance.
— Après tout, ils sont plus humains
que nous n'avions le droit de l'espérer. Je
présume...
Il eut encore une de ces poses irri--
tantes.
— Qu'est-ce que vous présumez?
— Je suppose, en tout cas, que, sur
chaque planète, s 'il y a un animal intelli--
gent, il portera sa boîte crânienne a la