‹ Les premiers imprimeurs de Saint-LoChapitre 1 sur 11 · M DCCC XCV · texte numérisé non relu

M DCCC XCV

Extrait de V Annuaire de là Manche, 1895.

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Tiré à part à cent exemplaires non mis dans le commerce.

LIBBIEY SCHOOL

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DIS SiiLlIVX-I.O.

Un des libraires les plus érudits de Paris, M. A. Glaudin, a publié, en 189i, un article (1) où se trouvent de précieux renseignements sur les origines de Timprimerift à Saint-Lo, ainsi que sur certains ateliers typoffrapniques de la ville de Gaen au xvi® siècle. L'étude de M. Glaudin n'ayant été publiée u'à un nombre restreint d'exemplaires, il n'est pas sans intérêt e l'analyser dans YAnnuaire de la Manche, J'y ajouterai quelques notes personnelles.

On avait pensé jusqu'ici que Jean Pien, libraire et imprimeur, était le premier de son art qui se fût établi à Saint-Lo vers 1656. Telle était l'opinion de Pluquet, de Frère et des bibliographes qui leur ont succédé. Il faut désormais fixer à plus d'un siècle auparavant l'introduction de l'imprimerie dans la ville qui est devenue le chef-lieu du département de la Manche.

Vers le milieu du xvi* siècle, Saint-Lo, comme la plupart des villes de Basse-Normandie, comptait dans sa population un grand nombre de protestants. L'un des plus influents était un^ ministre nommé Mathieu de La Faye. Ce personnage, dont la biographie serait curieuse à rédiger, n'a pas d'article dans 'la première édition de La France protestante, des frères Haag. On sait seulement qu'il fut ministre à Saint-Lo et qu'à la suite de l'édit du 23 septembre 1568 portant défense, sous peine de mort, de professer publiquement d'autre culte que celui de la religion catholique et enjoignant aux ministres de sortir du royaume, il se réfugia dans l'Ile de Jersey. Là, on trouve

(i) Les Origines de VImprimerie à Saint-Tx), en Normandie, par A. Claudia, lauréat de rinstitut; Paris, librairie A. Claudio^ 1894, in-8* de 37 p. (Extr. du BuUetin du Bibliophile, publié par la Librairie TeclieDer.)

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{plusieurs fois mention de Mathieu de La Faye, dit de La Vigne. 1 rentra probablement en France en 1585, reprit à Saint-Lo ses fonctions ministrales et les y exerça iusqu'en 1602. D'où venait ce La Faye? Je l'ignore ; mais, d'après son nom, ce n'était assurément pas un ISormand. (1)

On peut sans crainte affirmer que Mathieu de La Faye exerçait sur ses coreligionnaires une influence considérable et que ce fut lui qui, pour les besoins de sa cause, engagea un certain Thomas Bouchard à venir fonder une imprimerie à Saint-Lo. Un protestant aussi ce Thomas Bouchard «.et sans doute un Normand, car il venait de Gaen où de nombreux ateliers étaient dès lors en pleine activité.

Le titre du premier livre qui sortit de ses presses, en 1564, est ainsi conçu :

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