‹ Les premiers imprimeurs de Saint-LoChapitre 4 sur 11 · SAVOIR LES NOVVELLES ET · texte numérisé non relu

SAVOIR LES NOVVELLES ET

pleines lunes et quartiers d'i-

celle en chacun mois de

tous les ans.

AVEC AVCVNES TABLES POVR TROV-

fier U Nombre d'or. VIndition Romoine, h Cycle solaire^ la lettre Dominiealêt les ans du Bittexte, Pasquet en chacun a», durable 4 tousiours.

Aussi les Foires, comme elles sont en chacun mois.

Tout cela formait un petit livret de 8 feuillets qui accompagnait une édition des Pseaumes de David, traduits en vers par Clément Marot et Théodore de Bèze, avec une préface et des notes de Mathieu de La Faye.

On sait (juelle fut, au xvi* siècle, la vogue extraordinaire de la traduction des Psaumes de David par Clément Marot. L'aimable poëte de cour, qui avait embrassé la Réforme, entre-

Srit cette œuvre à la prière du savant Vatable, son ami, qui lui onnait le mot-à-mot du texte hébraïque. Les Psaumes français mis en musique par les plus fameux compositeurs du temps, Goudimel et Bourgeois, dont le premier fut une victime de la Saint-Barthélémy, furent tout d abord adoptés par les catholiques comme par les protestants. On les chantait partout et les Sremières éditions furent imprimées avec des approbations et es privilèges.

Ce sont d'abord : Trente pseaulmes de David, mis en /rançoys par Clément Marot, valet ae chambre du Roy (avec la traduction en vers de YOraison dominicale, de la Salutation angélique, du Symbole des apôtres et du Décalogue) ; Paris, Es tienne Rosset, 1511, in-8°. L'ouvrage est dédié à François 1" et revêtu du privilège royal.

La même année paraissait une autre édition dans les Pays- Bas sous le titre de Psalmes de David translatez de plusieurs autheurs, et principallement de Clément Marot ; Anvers, 1541, in-8^

La première édition de Paris fut reproduite à Genève en 1542, avec les formes des 'prières et chantz ecclésiastiques, avec la manière d'administrer les sacremens et consacrer le mariage, selon la coustume de l'Eglise ancienne et comme on l'observe à Genève, et avec une courte préface de Calvin que le célèbre réformateur développa, l'année suivante, dans la première édition complète des Psaumes, dont voici le titre :

Cinquante Pseaumes de David, mis en françoys par Clément Marot (avec le Cantique de Siméon, les Commandements de Dieu, les Articles de foy, TOraison dominicale, la Salutation angélique, Prières avant et après le repas.) Item une Epistre var luy nagueres enuoyee aux Dames de France; S. 1. (probablement Genève^ 1543, in-i° (et Strasbourg, 1545).

Calvin fit précéder ce livre d'une « Epistre à tous Ghrestiens et amateurs de la Parole de Dieu », sous la date de Genève» 10 juin 1543, et y ajouta une liturgie à Tusage des réformés. « Ce présent livre, disait-il, doit estre en singulière recommandation à chacun qui désire se resiouir honnestement, et selon Dieu, voir à son salut, et au profit de ses prochains : et ainsi n'a point demestier d'estre beaucoup recommandé de par moy, veu gu'en soy mesme il porte son pris et son los ». Avec une pareille recommandation le livre n'eut plus de crédit chez les catholiques, mais il devint le vade mecum des huguenots.

Clément Marot n'avait traduit que cinquante psaumes. Théodore de Bèze, à la demande de Calvin, entreprit de mettre les autres en français. Quoique sa versification fût médiocre et hérissée de chevilles, l'œuvre de Bèze eut un succès considérable et devint d'un usage général dans l'église protestante.

Dès 1553, Théodore de Bèze publia un premier fragment de sa traduction, puis, trois ans après, un second sous ce titre : Setante neuf pseaulmes mis en rithme françoise, quarante-neuf par Clément Marot, avec le cantique de Simeon et les dix cornmandementsj Genève, Simon DuBosc, 1556, in-24. Le Psautier ne fut complet qu'un peu plus tard et imprimé sous ce titre : Pseaumes de David mis en rhythme françoise par Clément Marot et Théodore de Besze, avec nouvelle et facile méthode pour chanter chacun couplet des pseaumes sans recourir au premier, selon le chant accoustumé en l'Eglise, exprimé par notes compendieuses exposées en la préface par Vauteur d'icelles, b. 1., pet. in-8" (ou in-18), 1560. Cette rarissime et magnifique édition princeps non paginée , en caractères cursifs-gothiques, avec l'interprétation des Psaumes en prose, en caractères romains à la marge, fut donnée à Genève probablement, où il habitait, par le savant grammairien et

musicien Pierre Bavantes, ou Antesignanus, qui exerçait peut-être lui-mém^ l'art de la typograpnie. Le volume commence par l'Épitre de Calvin, déjà oiiéey et une Epistre {en vers) de Théodore de Besze à l Eglise de nostre Se'gneury et se termine par la Liturgie de Genève (1).

(1) « Cette première édition du Psautier complet, disent MM. Haag^ nous a mis sur la voie d'une intéressante découverte. Les savants critiques qui ont reproché à J.-J. Rousseau de s'être frauduleusement approprié le système de notation musicale du P. Souhailly dont à coup sûr il n'avait jamais entendu le nom, en éprouveront un cruel déboire. Toute leur érudition a porté à faux. Si Rousseau a emprunté son sy.«tème, ce doit-être, il semble, à l'inventeur du système; or l'inventeur, ce n'est pas le P. Soubaitty ; ce système avait été exposé et appliqué environ cent vingt ans avant lui p»r notre grammairien Pierre Davantes. Du reste, nous serons plus juste que nos devanciers ; nous n'accuserons pas Rousseau d'avoir commis un plagiat, mais nous le féliciterons de s'être rencontré avec notre auteur, au moins en ce qui concerne la désignation des notes u. {Im France protestante, t. lY, p. :s!13).

« Dans sa préface (p. 19), datée de Genève, 18 septembre 1560, ajoutent plus loin MM. Haag, Pierre Davantes expose les raisons qui l'ont déterminé à l'innovation qu'il a introduite dans la notation de la musique des Psaumes et expose son système. Pour lui, c'était avant tout une affaire de typographie ; mais si nous en jugeons par les succès de ceux qui ont remis, de nos jours, ce système en vogue, on doit croire

Su'il y avait quelque chose de plus dans sa réforme. Depuis longtemps, it-il, il désiiait '< que quelque bon musicien excogitast pour l'usage du chant des Pseaumes quelque façon de notes qui occupassent moins d'espace que celles dont on use aujourd'huy, et gui se peussent commodément appliquer à toutes syllabes sans disjonction de celles qui font un mot entier, pour le moins es lieux esquelz une syllabe ne requiert plusieurs notes ». Mais, à la fin, voyant que personne ne répondait à son désir, il se mit lui-même à 1 œuvre. Après y avoir mûrement réfléchi, il ne trouve « moyen plus expédient que de recourir à rarithmétique, comme à la source et mère de la musique » . Ce fut un trait de lumière. •< Grâces au Seigneur, dit-il, la chose a, sans grand labeur, si bien succédé à mon entreprise, que non seulement les médiocres musiciens (pour lesqu«*lz principalement je travailloye) y auront tel soulagement qu'ilz pouvoyent requérir : mais les plus excellens s'en pourront servir aussi bien ou mieux que de leurs notes accoustumees, es Pseaumes desquelz ils ne savent le chant par cœur : et les îgnorans de la gamme et des notes communes (qui désirent uéantmoins apprendre de la musique autant que besoing est pour chanter les Pseaumes comme on les chantées saintes assemblées) trouveront icy une adresse et voye fort courte pour les conduire là où leur bon plaisir les appelle ». En un mot, il estime que ceux qui bien souvent, vu les grandes difficultés de l'ancienne méthode, se trouvaieot « forclos de rusage de la sainte musique pleine de toute consolation, pourront en moins d'une heure estre suffisamment instruits pour s'exercer à la pratique de ses notes ». {La France protestantSy t. IV, p. âl4, 215).

Ce passage offre, comme on le voit, un intérêt capital au double point

Voilà donc le Psautier traduit et le texte français fixé d'une manière définitive à Tusage des réformés.

Dès 1563, rimprimeur Jean de Tournes en donne à Lyon une édition pet. in-4®, munie encore du privilège du Roi, puis bientôt, une reproduction in-S"*, sous le titre de : Les Pseaumes mis en rime française par Clément Marot et Théodore de Beze. A partir de cette époque, les éditions se multiplient à Tinfini et les çlus patients bibliographes ne parviendront sans doute jamais h les décrire toutes (1).

Ces longs détails, qui cependant ne sont pas inutiles, nous ont fait quelque peu oublier Saint-Lo, Mathieu de La Faye, Thmnas Bouchard et Jacques Le Bas.

Les Pseaumes traduits en frariçois avaient donc obtenu une vogue incomparable. C'était avec la Bible le livre que les huguenots voulaient tous avoir entre les mains. On les réimprimait partout. Rien d'étonnant à ce que le ministre de TEgUse de Saint-Lo, ayant à sa dévotion les presses de ses coreligionnaires, en ait donné une nouvelle édition pour l'usage des nombreux réformés du Gotentin.

A la suite du Kalendrier dont j'ai parlé, se trouve le titre suivant :

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