‹ Les premiers imprimeurs de Saint-LoChapitre 3 sur 11 · PRIERE POUR DIRE EN · texte numérisé non relu

PRIERE POUR DIRE EN

la Visitation des malades.

« dont le texte s'étend jusqu'à la page 78 inclusivement.

« Au haut de la page 79 commence le Sermon de Saint Cyprien par ce titre de départ :

SERMON QVATRIEME

de Saint Cyprien touchant la mortalité, auquel il exhorte à Vamour des délaissés ceste vie présente & demonstre qu'il ne faut pas penser parce que les bons & les mauuais meurent indifféremment que la mort soit mesme aux vns & aux autres, d'autant que les bons sont appelez à rafraichissemêt & les meschans tirez au supplice.

« Le mot Fin se lit au bas de la page 1 09 recto ^ dont le verso est blanc. Le dernier feuillet recto est occupé par Les fautes qui se sont irouuees en ce Trailté et qui sont au nombre de cinq seulement. Le vei^so du feuillet final est entièrement blanc. Les signatures bien régulières par k (8 feuillets ou 16 pages par cahier) vont de A à G inclusivement ».

Quant à la marque de l'imprimeur qui figure au milieu de la page du titre et dont M. Glaudin donne le fac simile^ elle mérite une mention toute spéciale.

Un encadrement d'une élégance remarquable présentant, à la partie supérieure, deux génies féminins ailés à mi-corps, et, à la partie inférieure, deux licornes couchées tenant de la patte

gauche une branche de laurier, renferme un écusson ovale, elui-ci représente une viçne palissadée avec un vendangeur à droite. Au centre de la vigne, un donjon carré dont chaque face est ajourée de deux fenêtres étroites et surmontées d'une arcature en plein cintre ; ledit donjon couronné d'un chemin de ronde crénelé, supporté par des mâchicoulis, et sommé d'un toît en dôme surbaissé. Le haut de l'écusson est occupé par des nuages sur lesquels on voit des caractères hébraïques.

Au-dessous de tout cet ensemble, on lit sur trois lignes :

A SAINT L , Par Thomas Bouchard.

M. D. LXIIII.

Enfin, à l'entour, on remarque une devise disposée en trois lignes et en petits caractères romains :

Quelle chose ay-ie deu faire

à ma vigne, que ic ne

luy aye faite ? Isaie 5. 4.

M. Claudin voit dans ce château ou cette forteresse crénelée une allusion à la place fortifiée de Saint-Lo. N'y-a-t-il que cela? N'est-ce pas le donjon môme du château de Saint-Lo que Thomas Bouchard a voulu représenter sur sa marque d'imprimeur, me disait un autre bibliophile? Pour ma part, je ne crois pas crue 1 inventeur de cette marque y ait songé, d'autant plus que r « enclos » dit aussi « chastel » ou « forteresse » de âaint-Lo n'a jamais renfermé de véritable donjon ; mais, en tout cas, l'allusion aux armes de la ville de Saint-Lo n'est pas douteuse dans les deux licornes couchées qui semblent soutenir le médaillon central de la marque (1).

N'est-il pas permis de formuler ici une autre conjecture?

Pourquoi Thomas Bouchard a-t-il adopté une vigne piour sa marque ?

Sans doute cet emblème et la devise aui l'accompagne, empruntée au prophète Isaïe, sont bien aans le goût des adeptes de la Réforme. Mais nous avons vu plus haut que Mathieu de La Faye était aussi « dict de La Vigne ». Or, ce pasteur avait appelé Thomas Bouchard à Saint-Lo et lui avait probablement fourni des fonds pour son établissement, comme Guillaume Bidard et plusieurs de ses coreligionnaires qui cautionnaient à la môme époque Joachim de Gontrières, de Caen, « pour l'aider à le secourir à lever estât de imprimerie à Alençon » (2). Ne peut-on supposer que Mathieu de La Faye, ou de La Vigne, avait imposé à son protégé de choisir un emblème rappelant sa participation à l'étamissement, et le présentant comme le rempart du Calvinisme, ou plutôt que Thomas Bouchard avait, de lui-môme, adopté une marque qui témoignait de sa gratitude envers son bienfaiteur ?

Je me borne à indiquer cette supposition et je la donne pour ce qu'elle vaut.

Thomas Bouchard eut, dès Tunnée suivante, en 1565, un associé, son coreligionnaire Jacques Le Bas, qui devait plus tard fonder à Caen une imprimerie dont les produits sont justement réputés.

Us publièrent immédiatement le :

(1) Les armes anciennes de Saint-Lo étaient : De gueules à la licorne êaillante d'argent; au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

(2) Madame G. Despierrts, Établissement d'imprimeries à Alençon de 4529 à 4575; Paris, E. Leroux. 1894, in-S», p. 21 et suiv.

KALENDRIER

HISTORIAL, ET AL- MANACH PERPETVEL POVR

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