‹ Les premiers pas sur la grand'route [microforme]Chapitre 12 sur 12 · V° LETTRE · texte numérisé non relu

V° LETTRE

Le grand secret Pour réussir.

MADAME

Cette lettre sera la dernière. Il nous resterait, sans doute, beaucoup à dire, mais r sus avons abordé un sujet trop vaste pour que nous songions à \'épuiser : mieux vaut nous restreindre, Je voudrais seulement, avant de terminer, vous donner un secret, un secret infaillible, Pour accomplir plus parfaitement votre œuvre, en même.temps qu'il résume ce que nous avons écrit déjà.

Vous voulez, Madame, vous voulez vraiment enseigner à vos enfa ts une piété solide ?. Commencez tout d’abord, pour votre compte, par aimer Notre-Seigneur d’un amour profond.

Pourquoi ne l’avouerions-nous pas? Tout à l'heure, en relisant ces lettres, une impression d’indicible tristesse s’est emparée de nous. A travers les mots, la pensée nous apparaissait si froide, si terne, comme figée dans des expressions sans vie ! Et nous constations avec une évidence implacable, en face de la grandeur de la tâche entreprise, la disproportion

de notre insuffisante ! Ah! comme nous serions rassuré, Madame, si nous avions la certitude que vous aimez vraiment Notre-Seigneur ! Si vous aimiez, vous auriez le désir, le besoin pressant de communiquer votre amour, l’autorité pour le faire pénétrer dans les âmes ; si vous aimiez, vous auriez la :cience pour instruire, l’expérience pour diriger dans les voies de la piété pratique et durable. Les secrets de l’art, quel que soit cet art, ne peuvent être enseignés que par qui les pbssède à fond.

Au surplus, ai-je besoin de vous rappeler que l'amour véritable, se prouve par des actes, et qu’il s’alimente de sacrifices, parce “ qu'il vit de ce qu’il donne ? ”

Em second lieu, Madame, aimez l’âme de vos enfants. Je dis: leur âme. Trop souvent notre affection est retenue par leurs charmes extérieurs ; ne voyant que l’enveloppe sensible, nous oublions l'esprit immortel qu’elle abrite, “ Si tu savais combien j'aime une âme, disait Notre-Seigneur à sainte Catherine de Gênes, mais ce serait la dernière chose que tu saurais en ce monde, car de l’apprendre te tuerait. ”’ A la lumière de cette parole, Madame, comprenez bien la grandeur de votre mission. Vous ne sauriez être, autrement, à la hauteur de ce qu’elle vous demande. Comme l'artiste se passionne pour

aucun chef-d'œuvre humain ne peut égaler celui-là. Ne me parlez donc plus des difficultés et des peines

Courage nécessaire pour triompher aisément des unes et supporter les autres vaillamment.

Vous imiterez alors une grande chrétienne que nous avons beaucoup eonnue et auprès de laquelle nous voudrions vous laisser. Qu'avait-elle reçu de plus que tant d'autres? Rien. Mêmes ses qualités les meilleures étaient voilées Par tant de modestie et de réserve, qu'on ne les SOupConnait pas tout de suite. Or, cette mère de famille si humble, si timide, qui s’effaçait toujours et, à force de s’oublier, s’ignorait elle-même, a exercé à son foyer une action peu commune. Niles épreuves, ni les contradictions ne lui manquèrent. Elles ne l’ébranlèrent Jai. Et l'on se demandait tout surpris, d’où lui :enait une influence aussi pénétrante que soutenue uans sa fécondité. Son influence ?... C'était le rayonnement de ses deux grands amours : Dieu et les âmes.

Que son exemple vous stimule, Madame, et vous soutienne comme ce maternel souvenir nous a inspiré, tandis que nous écrivons ces pages...

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