‹ Les premiers pas sur la grand'route [microforme]Chapitre 11 sur 12 · CUT SE · texte numérisé non relu

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ainsi qu’on apprend sans peine les rubriques liturgiques ; ainsi, surtout, dans cette atmosphère surnaturelle, la piété grandit chez un enfant ; ses actes, ses pensées, tout en lui en est imprégné.

Ârrivera-t-il © -nblée à être parfait? Le croire serait une illusion. Mais, s’il lui restc des défauts, il aura, en même temps, le désir de s'en corriger, qui est un premier et indispensable élément de progrès. Les prières l’entretiendront dans ce désir.

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De temps en temps, il renouvellera sa ferveur par un moyen plus énergique : ja confession. Nous abordons là, Madame, une question capitale. Combien de vies ont été empoisonnées. par une confession mal faite, combien d’âmes égarées par des idées trop larges ou paralysées par des scrupules remontant aux premières confessions! La communion ellemême dépend de cet acte qui le précède. Il faut donc, pour que son accomplissement ne laisse rien à désirer dès le début, mettre en œuvre toutes les ressources de votre intelligence et de votre cœur.

La remarque en a été faite souvent : les enfants considèrent les choses comme nous les leur montrons. Je range ma bibliothèque et je dis à l’un d’eux : ‘* Parce que tu as été sage, tu m'aideras à ranger mes livres ” ; c’est une récompense. Je dis, au contraire:

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‘ Parce que tu n’as pas été sage, au lieu de jouer, tu resteras là, à Fee mes livres. ”” Ilse croit en pénitence.

Si cet enfant m'était confié pour le préparer à la confession, je la lui montrerais sous son vrai jour,

-c'est-à-dire comme une source de joie profonde. Lorsque l’enfant proaigve rentrait dans la maison paternelle, ne sentait-il pas, avec la peine d’avoir contristé son pére, li imrrcnse bonheur de se retrouver dans ses bras ? Pourquoi ne pas les dilater par la perspective des grâces: ‘promises ? ‘“* Nous pensons trop à la peine et pas assez à la libération. ”

Notre petit pénitent péssédera les notions essentielles concernant l’acte qu’il va accomplir : ce qui constitue une faute gravé, une mauvaise confession, la nécessité de la contrition. Tous ces principes auront été expliqués avec une clarté... éblouissante, afin qu’il ne reste aucun ombre dans son esprit.

Quelques livres de piété recommandent de ne pas accuser toutes les fautes‘ vénielles, mais seulement celles dont on veut se corriger plus particulièrement.

Ce conseil, très bon pour des adultes, ne l’est pas autant peut-être pour des enfants, qui ne sauraient t toujours distinguer ce qu’ils doivent dire de ce qu'ils l peuvent taire. Et il vaut mieux, ce semble; les enga- : ger à tout dire ce dont ils se souviennent, mais appre- t nons-leur aussi, c’est entendu, que l’ aveu des péchés K

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graves est seul rigoureusement exigé.

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Les prédicateurs de retraite multiplient les encou-. ragements pour que cette accusation des fautes graves soit bien complète, ce n’est pas sans motifs. Certains caractères, plus dissimulés ou plus craintifs, ont une peur extrême de la confession. D'autant que, sur ce point où il aurait tant à gagner, le démon peut tenter les meilleurs. Aussi ne voyons-nous jamais sans émotion ces petits s'approcher du tribunal de la Pénitence. Heureusement, la grâce de Dieu, une grâce proportionnée à leur faiblesse et à leur bonne volonté, les y attend. L’un d’entre eux partait Pour sa confession générale, mal résolu encore à dire ce qu’il appelait ‘“ un gros péché ”. Vous imaginez, Madame, l’angoisse de la jeune fille qui s’occupait de lui. Enfin, il revient, rayonnant de joie. ‘ Et ce gros péché ? — Ah ! Je l’ai dit, mais, pour le faire passer, j'en ai bien vite collé un tout petit par-dessus.” Ces précautionjs. -- Oratoires ne sont pas interdites.

Dois-je vous rappeler les raisons qui adoucissent l'aveu si pénible à quelques natures ? Ce qui effraie souvent l'enfant, c’est la crainte de déchoir dans l’estime du prêtre. Vous lui direz : “ Mon cher petit, tout le monde commet des fautes ; seulement, tout le monde n’a pas la loyauté de les reconnaître ni le Courage de s’en accuser. Aussi, lorsque le prêtre t’entendra dire ce qui te coûte davantage, sais-tu ce qu’il pensera? Il pensera : voici un enfant bien ouvert, bien généreux, et il t’aimera beaucoup plus.

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” Ce serait plus parfait encore de te dire : cela me coûte tant mieux ; je voudrais que cela me coûte plus pour donner plus à Notre-Seigneur ; j’ai eu la lâcheté de L'offenser, n’aurai-je pas le courage de réparer ? ” Croyez-moi, Madame, ce langage viril est le mieux compris et le mieux accepté de nos enfants.

Pour accuser ses fautes, il faut les connaître, par conséquent les chercher. L’heure de cet examen est venue ; vous emmenez votre enfant, seul avec vous dans votre chambre. Sa petite main tremble dans la vôtre et vous-même, Madame, n’êtes-vous pas un peu émue ?

‘“ Allons, dis-moi tes péchés ”, demandait une bonne personne à une petite fille qu'elle préparait à sa première confession. Que pensez-vous de cette entrée en matière? Quels sont tes péchés ! C’est une question vite posée, mais avez-vous le droit de la poser ainsi, même à un tout petit ?... Il se peut que votre enfant vous laisse lire dans son âme aussi bien que le prêtre, il se peut aussi que, par un sentiment de pudeur qu’il faut respecter, cette âme se referme... Nous devons éviter de forcer les consciences.

Pas davantage nous ne devons les contraindre, même dans un but louable. A ce propos, Madame, permettez-moi une courte parenthèse. Vous avez votre confesseur et c’est à lui que vous désirez conduire votre enfant. Rien de mieux. Vous vous rendez compte, cependant, qu'il préférerait aller

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ailleurs ; je vous en prie, n’insistez pas. Cette ingérence odieuse pourrait être cause de plus d’un sacrilège. De même, si l'enfant ne communiait pas au jour fixé, ne le pressez pas de questions ; et s’il vous paraît troublé, gêné et plus pensif, ménagez-lui habilement l’occasion de voir un prêtre.

Je reviens à notre examen, sujet très délicat, mais aussi très pratique. Nous connaissons les travers de ces petits beaucoup mieux qu’eux : restons dans ce domaine sans nous perdre en d’indiscrètes inutilités. J’ajouterai, Madame, : allez-y très simplement Certaines fautes sont plus pénibles à dire : ce sont celles que le démon poussera à cacher. Traitez-les, non avec une insistance troublante, mais avec beaucoup de naturel et sans l’ombre de gêne. Si nous prenons un ‘‘ air de jugement dernier ”? pour aborder ces questions, comment voulez-vous, qu’ensuite ces pauvres petits n’éprouvent pas quelque embarras pour s’accuser ?

Il convient d’habituer un enfant à dire ses fautes de lui-même sans attendre les interrogations du prêtre ; par contre il évitera de les écrire chaque fois, comme nous l’avons vu faire dans certaines écoles. Ces précautions excessives ont de nombreux inconvénients, dont le moindre ne serait pas la perte de documents aussi intimes. Un jour, un élève de Dom Bosco se désolait sans qu’on pût savoir la cause de son chagrin : “ Voyons, mon petit Jacques, insistait

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Je saint prêtre, as-tu quelque mal ? quelque contrariété?...”’ Pressé de questions, l'enfant répondit enfin : “ J’ai perdu mes péchés ! ” Alors, Dom Bosco tira de sa poche le grand secret : ‘ Rassure-toi, mon ami, tes péchés “ont tombés entre bonnes mains, les voici.” A cette vue, la figure du petit affligé s’éclaire et il dit en souriant : ‘“ Père, si j'avais su que vous les ayiez trouvés, au lieu de pleurer je me serais mis à rire et ce soir, en venant me confesser, je vous aurais dit : je m’accuse de tous les péchés que vous avez trouvés et qui sont dans votre poche. ” Vous savez, Madame (mais vraiment, le savezvous ?), que la contrition est nécessaire pour la validité du sacrement de Pénitence. Nous lisions dernièrement dans une revue que, Sur cent personnes, quatre-vingt-dix-neuf ignorent ce point de catéchisme Ilest certain que la nécessité de la contrition pour tous les péchés graves commis et, si l’on n’a que des fautes vénielles à accuser, au moins pour une de celles-ci, est trop souvent oubliée ou méconnue. Exciter nos enfants à la contrition n’est pas toujours facile ! Les souffrances du Purgatoire, comme les peines de l'Enfer, constituent un châtiment bien lointain, dont ils ne sont pas autrement émus. Le mieux est de les porter d'emblée à la contrition parfaite. Pour l'avoir, il suffit d'aimer vraiment Notre Seigneur, est-ce donc si difficile? ‘“ Mon Dieu, je regrette mes fautes parce que je vous aime, parce

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qu’elles ont causé les souffrances de votre Passion, parce qu’elles sont une offense à votre infinie Bonté.…

On entend dire souvent, et peut-être, Madame, l’avez-vous pensé vous-même : ‘“ Je ne sens pas la contrition de mes fautes légères. ” Ah! c’est que nous ignorons combien ces fautes — soi-disant légères — déplaisent à Dieu ! nous nous faisons de Lui et de ces perfections infinies uné idée trop vague... ; nous oublions qu’Il nous regarde, nous suit pas à pas avec une intensité d’attention et d’intérèt que nous ne soupçonnons pas, et que son amour s'occupe de notre âme comme si elle était seule dans l’univers. Entre amis, est-il rien de plus pénible que les petites indélicatesses, les petits froissements ? Il faut l’indulgence infinie de Notre-Seigneur pour nous pardonner des manquements sans cesse renouvelés. À moins que vous ne pensiez, Madame, que son cœur maintenant impassil'e, mais non indifférent, soit M... uelicat que le nôtre ?

C’est dans le ferme propos qui: faut, en définitive, chercher la preuve ultime de la contrition. Nos sentiment: ne dépendent pas toujours de nous, nos actes en dépendent toujours. Pensée bien consolante pour nos confessions, nos communions et tous nos rapports avec. Dieu. Un jour, se sentant +: à: : ému et faisant de vains efforts pour l'être, rütre -nfant pourrait se troubler et se décourager. Si .: devoir lui semble impraticable, tentera-t-il de l’accomplir ?

Dites-lui bien, Madame, que sentir n’est pas aimer ; prévenez-le des impressions diverses qui eflleurent notre âme sans atteindre la volonté. ‘Aujourd’hui tu regrettes vivement tes fautes ; demain, peut-être, tu n’éprouveras plus la même peine, et tu seras tout attristé de te voir indifférent. Alors, il faudra te tourner vers Dieu et Lui dire : Vous voyez comme je suis insensible ; voyez aussi que je voudrais bien ne pas l'être. Moins je sens mon amour, plus je veux vous le témoigner ; jé multiplierai les preuves, c'est-à-dire les actes, et je redoublerai d'effort et de vigilance. ”

La confession est particulièrement efficace lorsqu’on fait porter -— d'une manière précise — notre ferme propos sur un point déterminé. Sans crainte d’être indiscrète. vous pouvez toujours insinuer à vos enfants cette * .olution claire et précise. (Claire et précise, nous ‘r:sistons : on n’atteint pas un but sans, d’abord, le voir nettement.

Aussi bien est-il facile, en ce moment, d’intéresser un enfant à cette lutte contre lui-même. Avec un peu d'imagination, toute la guerre actuelle peut se transporter dans le domaine spirituel. Combien rêvent d’aller se battre sur le front qui négligent de remporter, sous le regard de Dieu et des anges, contre un ennemi plus redoutable, des victoires plus glorieuses !

De bonne heure, notre vaillant petit soldat se sera approché de son divin Chef. Vous connaissez, Madame, les décisions de Pie X sur la première communion des enfants, décisions trop longtemps discutées, ici ou là, et dont l’application actuellement encore, n’est que trop négligée. Votre bon sens vous a dit que le Pape savait, mieux que personne, ce qui convient au bien de la religion et à la dignité des sacrements. Et puis... ne comprendriez-vous pas les raisons de son décret, il vous resterait l’obligation d’obéir à ce qui n’est pas un simple conseii, ni un simple désir, mais un ordre.

À quoi cet ordre vous oblige-t-il? A faire confesser et communier vos enfants dès qu'ils ont l’âge de discrétion, c’est-à-dire dès qu’ils savent distinguer le pain eucharistique du pain ordinaire et peuvent s'approcher de l’autel avec une dévotion suffisante,

L'obligation, donc, la responsabilité, retombe sur ceux qui sont chargés de ces petits : parents, confesseur, maître ou maîtresse e*! curé. Je suppose que vous vous dérobiez à cette obligation et que votre enfant, par votre fait, n’ait pas rempli son devoir pascal, vous en porteriez la faute, une faute grave devant Dieu.

. Pie X va plus loin et encourage tous les fidèles, — d’âge avancé ou tendre, — à communier chaque

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jour à deux conditions seulement : l'état de grâce et l'intention droite. Nul n'a le droit d’exiger plus, mais c’est un minimum. Notre amour s’en contentera-t-il? Assurément non. D'autant que, nos dispositions nous obtenant des grâces plus ou moins “bondantes, nous ne pouvons pas, de gaîté de cœur, - siger tant de richesses dont Notre-Seigneur veut sus combler. Préparons-nous donc et préparons os chers petits à Le bien recevoir, sans compliquer les choses toutefois ! Surtout, ne surchargeons pas leur piété de ces multiples et menues pratiques qui la rendent si pénible et parfois un peu ridicyle ! Simplifiez, Madame, unifiez le plus possible. . .“a pris, cet enfant, une résolution, à sa dernière confession : cette résolution porte sur le défaut dominant, source du plus grand nombre de ses fautes. Qu’il renouvelle et concentre tous ses efforts sur ce point et ne disperse pas ses forces à vouloir attaquer plusieurs défauts à la fois.

Souvenez-vous aussi que Notre-Seigneur prend plaisir à être désiré ; Il l’a dit trop expressément pour que cette satisfaction ne lui soit pas donnée ; c’est à vous à renouveler ce désir : au début d’une leçon, pendant une promenade, à la prière du soir et du matin.

L'action de grâces d’une communion est aussi importante que sa préparation, mais elle est souvent plus négligée parce qu’on eu ignore le prix. Un en-

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fant ne saurait bien employer le temps qui lui est consacré sans une méthode offrant quelques points d'appui à son attention pour pouvoir se fixer. La meilleure méthode, bien simple, bien ancienne, est tout entière contenue dans de petit mot latin : ardor. Chaque lettre signifie un des actes à faire. Il sera bon de les expliquer l’un après l’autre à nos petits communiants, en des termes qu'ils puissent comprendre et s'approprier! - Je vous rappelle, pour mémoire : Adoration (et Amour), Remerciement, Demande, Offrande, Résolution.

Résolution ! il faut donc toujours ea revenir là ? Oui, Madame, parce que la piété n’est pas une rêverie, mais, avant tout doit être pratique. Si la nôtre ne porte pas tous les fruits espérés, n’est-ce pas parce que nous établissons comme une “ cloison étanche ”’ entre elle et nos occupations journalières? Ilse fait, au moment de nous en acquitter, comme un dédoublement de notre personne : tout à l’heure nous ne trouvions pas de paroles assez ardentes pour dire à Dieu notre amour et maintenant, devant un devoir d'état même de grande importance, la plus légère contrariété nous abat.

1. Soyons toujours vrais avec Dieu. Ne Le trompons pas et ne nous trompons pas par des formulesko utes faites répétées inconsciemment. Nous nous rappelons avoir entendu chanter, avec un entrain merveilleux, un cantique sur le ciel dont le refrain se terminait ainsi : ‘* Je suis lasse de la terre, M: Dieu,

laissez-moi sa à ” En vérité, dans toute l'assistance, se trouvait-il une seule personne qui eût voulu être prise au mot ?

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La vie est une longue bataille et l’amour — c’està-dire la piété — ‘‘ ne vit que d’efforts, de luttes, de conquêtes ”. C’est la loi. Tandis que Notre-Seigneur est en nous, prévoyons, avec Lui, les difficultés qui nous attendent ; prévoyons même l'instant où notre ferveur se sera refroidie. La lutte venue, en effet, bien souvent nous ne sentons plus aucun entrain mais seulement la peine et la tentation — violente parfois — de tout abandonre. Que faire alors ? Se cramponner à la résolution prise le matin, faire appel à la volonté froide et ferme en l’appuyant sur la grâce de Dieu : “ Je puis tout en Celui qui me fortifie ” Aucune parole n’exprime mieux à la fois notre faiblesse et notre force.

Lorsque nous quittons l’église, après la messe du matin, notre action de grâces est-elle achevée ? Nous serions tentés de dire qu’elle commence et doit se con-

tinuer jusqu’au soir. Nous avons reçu beaucoup ;

enfin !... nous allons pouvoir donner... un peu à notre tour.

Dans ces premiers combats de la vie, votre enfant, Madame, aura besoin d’être stimulé et soutenu ; il sera plus vaillant s’il vous voit prendre un intérêt actif à ses luttes. Et non seulement vous n’aurez pas la faiblesse, je devrais dire la lâcheté, de les lui épargner ; au contraire, vous l’habituerez, par un entraînement méthodique, à en sortir victorieux. “ Il entre toujours de l’immolation dans la trempe du

caractère comme il entre toujours du feu dans Ja trempe de l'acier : c’est cette trempe douloureuse qui en fait une si grande chose, si grande vraiment que lorsqu'on a dit d’un homme : il a du caractère,

on à fait de lui le plus bel éloge mais aussi le plus rare. ”” (Abbé BuaATurEeR.)

Les âmes de caractère sont en petit nombre, susceptible sans doute de s’accroître (il s'agit de fortifier cette puissance de vouloir et d’agir que tous NOUS apportons en naissant ), mais, néanmoins, forcément limité. Il ne saurait, Madame, vous être indifférent que vos chers petits, un jour, fassent partie de cette élite. Voici, sommairement indiqués, quelques moyens à prendre pour les y aider :

1° Leur inspirer de bonne heure une haute idée de cctt: qualité magnifique : l'énergie. La leur montrer, en action, dans la vie des saints et des grands hommes... Si l’héroïsme, le Courage indomptable les remplit d'enthousiasme, le désir d’en faire preuve à leur tour naîtra bientôt en eux.

2° Leur faire prendre con

science de ce qu'ils Peuvent accomplir :

“ Tu peux faire aussi bien... si vie s’ouvre grande et belle ras un grand nombre d’âmes, ien, tu mériteras une grand

lu veux. Regarde, la devant toi. Tu sauve tu feras beaucoup de b

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gloire... situ veux. Quelle tristesse ceux qui auront gaspillé leur vie ne ressentiront-ils pas à l’heure de la mort ! — Nous pouvions, diront-ils, et nous ne pouvons plus ! — Mais toi, tandis que tu peux encore il faut vouloir. ”

3° Tenir à ce qu’ils accomplissent, coûte que coûte, ce qu'ils ont décidé. Veiller par conséquent à ce que leurs résolutions n’excèdent pas leurs forces. Mieux vaut promettre peu et être fidèle que promettre beaucoup et trahir ses engagements. Aller pro- - gressivement... Ne pas se montrer exigeant d’abord,

puis demander chaque jour un peu plus. : 4° Imposer à nos enfants un petit règlement. Interrompre plusieurs fois par jour une occupation qui plaît pour en commencer une qui déplaît, — et cela, parce que c’est le devoir — est une gymnastique d’âme excellente pour fortifier leur volonté.

5° S'il survient quelque difficulté dans leurs jeux ou leurs études, bien loin d'accepter qu'ils se découragent, les engager à foncer droit sur elle et à la vaincre. C’est une habitude qu’il est possible de prendre ; les âmes qui l’ont contractée ne sont pas arrêtées, mais au contraire, stimulées par l’obstacle ; elles n'en laissent passer aucun sans en triompher.

6° Leur apprendre à aller jusqu’au bout d’une œuvre entreprise. Persévérer, malgré l'ennui, la monotonie ou la lassitude, c’est le dernier mot de l'énergie.

Enfin, Madame, ne faisons pas à nos enfants une vie trop douce ; ne les élevons pas dans le coton. Les contacts multipliés avec l'effort, la peine physique, le danger même rendent les membres plus souples et les âmes plus viriles.

Lorsque, par des exercices et des actes répétés, la volonté à conquis en nous la place qui lui revient, la première, elle n’a plus qu’à commander : tout lui, obéit. Sans elle, les meilleures ressources restent improductives et s'épuisent ; avec elle, les âmes les. moins douées peuvent s'élever aux plus hautes vertus.

... Et tandis que vous vous prodiguerez ainsi sans compter pour le bien de votre enfant dans une recherche toujours plus ardente de sa perfection, le temps passera, Madame, trop vite sans doute à votre gré! Un jour, un sentiment d'angoisse étreindra votre cœur : l’heure sera venue de penser au collège, au pensionnat, à cette première séparation, prélude de tant d’autres. Ah! Je comprends pourquoi ‘‘ les mères voudraient toujours garder leur enfant tout petit ! ”

En prévision du jour, si douloureux pour votre Cœur maternel, où vous ne serez plus auprès de ce cher petit comme son ange gardien visible, enseignez lui dès maintenant — c’est ma dernière recommandation — à avoir de l'initiative et à se mettre, pardessus tout, en souci, en souci personnel, de ses pratiques pieuses.

Vous lui avez proposé de communier un premier vendredi ou un premier samedi. “ Le mois prochain ajouterez-vous, je voudrais que tu aies, de toi-même, la pensée d'offrir cette marque d'amour, et que.tu décides le premier, tout seul...” Le grand art n’est pas de vouloir pour nos enfants, mais de les faire vouloir ; ils apprendront ainsi à .se conduire et, loin de nous, ne se trouveront pas désemparés. |

Dans cet éveil constant de leur attention, leur ferveur se renouvellera sans cesse, et leur piété, tout en s’aidant de la grande force de l’habitude, ne deviendra pas une.routine où elle. finirait par se refroidir. N'est-ce pas le vœu que saint Thomas d'Aquin expri-. mait dans sa belle prière : Lande |

“ O mon Dieu, que ma piété soit. moins une habi-. tude qu’un élan continuel du cœur. ”

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