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notre amour, n'est-ce pas parce qu'il avai: fait la plus grande partie du chemin? Il daigne venir audevant de nous : avec quelle tendre..se sc r«ncherat-Il vers ces petits qu’Il caressait avec tant d’amo:r déjà lorsqu’Il était sur la terre! Rien ne L'éloigne de ces âmes pures, tout L’attire au contraire : leur simplicité {uù'Il nous proposait en exemple, leur innocenr. : urtout qu'aucune faute sérieuse n’a pu ternirencue. Les cœurs purs voient Dieu. Ils vont à Lui, non par une suite de raisonnements et de déductions savantes, mais par unél:n, un instinct surnaturel bien frappant pour qui sait voir.
Nous nous rappelons un enfant, vrai lutin, rieur et tapageur s’il en fut ! Il était bien petit lorsqu’on lui fit cadeau de sa première ardoise. Quelle joie! que va-t-il dessiner ? Il hésite un instant, puis, soudain, d'une mair maladroite, trace quelques ïignes, et tout heure : : ‘“ Maman, maman, j'ai fait le portrait du peut Jésus ! ” La jeune mère se penche, regarde... : l’ardoise neuve représentait une croix. Par quelle intuition profonde la Croix et le “petit Jésus ” s’unissaient-ils déjà, au point de s'identifier, dans l'esprit de cet enfant? N ‘exagérons pas, je le veux bien, la signification de ce geste, mais constatons du moins l’élan de la pensée, le premier jet qui d’instinct l’emportait vers Dieu.
La droiture, la simplicité, la pureté donnent donc à l’âme de nos enfants une aptitude toute spéciale
PUR fn
pour recevoir la vérité ; elles les disposent aussi à ressentir plus efficacement l'influence de la grâce. La grâce, Madame, que n’accomplirait-elle pas en nous si nous la laissions faire ! Mais nos retours sur le passé, nos craintes pour l'avenir, nos infidélités opposent de continuelles entraves à son action. Les enfants connaissent-ils ces calculs? Ils vont simplement, bonnement, ils s’abandonnent au jour le jour à la main qui les conduit. Ils ont leurs petites difficultés, mais non pas toutes les nôtres : leur marche est plus vive, plus légère... N'est-ce pas l’heure de les diriger bien vite auprès de Celui qui a dit : “ Laissez venir à moi les petits enfants ”..
Hôâtez-vous donc, hâtons-nous tandis que leur âme est assez docile, assez souple, assez ‘ neuve’’ Pour recevoir la marque indélébile de ce premier contact avec le Sauveur. Ai-je besoin de vous rappeler la force et la ténacité des premiers souvenirs ? La vie passera sur ces âmes, mais le flot de ses impressions journalières, plus ou moins vives, plus ou moins profondes, n’effacera jamais la première empreinte gravée en elles. Il dépend de vous que cette empreinte soit divine. Elle peut assurer le salut de vos fils en survivant aux plus grandes fautes comme aux plus longs relâchements. Par contre, lorsqu'elle manque, un vide aussi profond ne peut être comblé que par des grâces abondantes et exceptionnelles.