‹ Les premiers principesChapitre 50 sur 77 · ÉVOLUTION ET DISSOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ET DISSOLUTION

lion. Pendant la première partie du cycle des changements, l’intégration prédomine : il y a ce que nous appelons croissance. La partie moyenne est marquée non par l’équilibre des deux opérations d’intégration et de désintégration, mais par la prépondérance alternative de l’une ou de l’autre. Le cycle se ferme par une période dans laquelle la désintégration commence à prédominer, pour mettie enfin un terme à l’intégration et défaire ce que celle-ci avait fait. 11 n’y a pas de moment où l’assimilation et Vusure se balancent au point qu'il n’y ait ni accroissement ni décroissement. Même dans les cas où une partie grandit tandis que d’autres s’amoindrissent, et même dans ceux où différentes parties sont différemment exposées à des sources extérieures de mouvement, de sorte que quclqués-unes se dilatent tandis que d’autres se contractent, le principe trouve sa vérification. En effet, il y a infiniment de charces pour que ces changements opposés ne se fassent pas équilibre ; et s’ils ne se contrebalancent pas, l’agrégat, comme tout, s’intégre ou se désintègre.

Partout et jusqu’à la fin, les changements qui s'opèrent à un moment quelconque appartiennent à l’une ou à l’autre des deux opérations. Si, d’une part, l’histoire générale de tout .agrégat, peut se définir un changement allant d’un état imperceptible diffus à un état perceptible concentré, pour revenir à un état imperceptible diffus, d’autre part chaque détail de cette histoire peut se définir une partie de l’un ou de l’autre de ces changements. Il faut donc que ce principe soit la loi universelle de la redistribution de matière et de raouvemen'., qui en même temps unifie les groupes de changements divers en •apparence, aussi bien que la marche entière de chaque groupe.

§ 97. Ces opérations qui se montrent partout en antagonisme, qui partout obtiennent l’une sur l’autre, ici un triomphe temporaire, là un triomphe plus ou moins permanent, nous les appelons évolution et dissolution. L’évolution sous sa forme la plus simple et la plus générale, c’est l’intégration de la matière

SP0CEH. 20

LE GONNMSS&BLE.

et la dissipation concomitante du mouvement; tandis que la dissolution, c’est l’absorption du mouvement et la désintégration concomitante de la matière.

Ces dénominations ne remplissent pas toutes les conditions désirables ; ou plutôt nous pouvons dire que si la dernière répond assez bien à son but, la première est passible de graves objections. Le mot évolution a d’autres significations, dont quelques-unes sont incompatibles, et en opposition même directe avec le sens que nous lui donnons ici. Au sens ordinaire, évoluer, se dégager, se développer, c’est se déployer, s’ouvrir, se dilater, répandre au dehors, émettre. Tandis qu’au sens que nous lui donnons, l’acte de l’évolution, tout en impliquant l'accroissement d’un agrégat complet, et par conséquent, une expansion de cet agrégat, implique que les matières qui le composent ont passé d’un état plus diffus à un état plus concentré, en un mot qu’il s’est contracté. Le mot antithétique involution exprimerait plus fidèlement la nature de l’opération, et en rendrait mieux les caractères secondaires dont nous allons nous occuper. Toutefois, bien que nous soyons exposés à la confusion qui résulte nécessairement des sens différents et môme contradictoires du mot évolution, nous sommes obligés de nous en servir pour l’opposer au mot dissolution. On l’adopte généralement aujourd’hui pour représenter, je ne dirai pas l’opération générale que j’appelle ainsi, mais plusieurs de ses principales variétés, et certaines circonstances secondaires, bien que des plus remarquables, qui l’accompagnent; je ne puis donc prendre un autre mot. Je ne puis que donner une définition rigoureuse du sens que je lui attribue.

Donc, nous entendrons par dissolution l’opération désignée par ce mot dans son sens vulgaire, l’absorption de mouvement et la désintégration de matière ; et nous appellerons évolution l’opération inverse, qui est toujours une intégration de matière et nne dissipation de mouvement, mais qui, comme nous allons le voir, est, dans la plupart des cas,*plus encore.

Page 1