ÉVOLDTIOR ET DI88O10TION. 30S
Non-seulement tout changement consistant en une addition ou une soustraction de matière rentre dans cette catégorie, non-seulement elle renferme tout changement appelé expansion thermale ou contraction thermale, mais elle comprend aussi d’une manière générale tous les changements appelés transpositions. Toute redistribution interne qui laisse les molécules composantes ou les parties constituantes des masses dans des positions respectives différentes, ne peut manquer d’ôtre en même temps une marche vers l’intégration ou vers la désintégration, et d’avoir changé à quelque degré la quantité d’espace occupé. En effet, quand les parties ont été mises en mouvement relativement les unes aux autres, il y a infiniment de chances que les distances moyennes qui les séparent du centre commun de l’agrégat ne soient plus les mêmes. Il en résulte que quel que soit le caractère spécial de la redistribution, que ce soit un accroissement ou une déperdition par la surface, une expansion ou une contraction, ou un réarrangement, c’est toujours un pas vers l’intégration ou la désintégration. C’est toujours un pas dans l’un ou l’autre sens, quoique ce puisse en même temps être quelque autre chose.
§96. Maintenant que nous avons une idée générale de ces actions universelles sous leurs rapports les plus simples, nous pouvons les examiner sous des rapports relativement plus complexes. Les changements qui tendent à une concentration ou à une diffusion plus grandes, marchent presque toujours d’une façon beaucoup plus compliquée que celle que je viens de décrire. Jusqu’ici nous avons supposé que l’une ou l’autre des deux opérations opposées avait lieu seule; nous avons supposé qu’un agrégat perdait du mouvement et s’intégrait ou bien qu’il gagnait du mouvement et se désintégrait. Mais s’il est vrai que tout changement favorise l’une ou l’autre de ces opérations, il n’est pas vrai qu’elles soient toujours indépendantes l’une de l’autre. En effet, tout agrégat, en tout temps, gagne et perd à la fois du mouvement.
LE CONNAISSADLE.
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Toutes les masses, depuis un grain de sable jusqu'à une planète, rayonnent de la chaleur vers les autres masses, et absorbent la chaleur rayonnée par les autres ; en rayonnant elles s’intégrent, et, en recevant de la chaleur elles se désintègrent. D’ordinaire, dans les corps inorganiques celle double action n’amène que des effets inappréciables. Ce n’est que dans quelques cas, dans le nuage pour prendre l’exemple le plus familier, que le conflit produit des transformations rapides et marquées. Ce corps flottant composé de vapeur d’eau se dilate et se dissipe si la quantité de mouvement moléculaire qu’il reçoit du Soleil et de la Terre excède celui qu'il perd par le rayonnement dans l’espace et vers les surfaces voisines; et, au contraire, si, entraîné vers les sommets froids des montagnes, il rayonne sur eux beaucoup plus de chaleur qu’il i/entcçoit, il subit une perle de mouvement moléculaire suivie par une intégration croissante de la vapeur, qui en définitive s'agrège en liquide et tombe sous forme de pluie. Ici comme ailleurs, l’intégration ou la désintégration est un résultat différentiel.
Dans les agrégats vivants et plus spécialement chez les animaux, ces opérations opposées se font avec la plus grande activité sous diverses formes. Il n'y a pas seulement ce que nous pouvons appeler l’intégration passive de la matière, qui résulte dans les êtres inanimés de simples attractions moléculaires ; il y a encore une intégration active de la matière sous forme d’aliments. A la désintégration superficielle passive que les objets inanimés subissent sous l’action d’agents extérieurs, s’ajoute chez les animaux une désintégration interne active qu’ils produisent eux-mèmes en absorbant dans leur substance certains agents extérieurs. Comme les agrégats inorganiques, ils communiquent et reçoivent du mouvement d’une manière passive, mais de plus ils absorbent activement le mouvement latent de l’aliment et le dépensent activement. Mais malgré celte complication des deux opérations, et l’immense activité de leur lutte, il est constant qu’il y a toujours un progrès différentiel, soit vers l'intégration, soit vers la désintégra*