‹ Les premiers principesChapitre 60 sur 77 · LA LOI D’ÉVOLDTION (PIN). M · texte numérisé non relu

LA LOI D’ÉVOLDTION (PIN). M

minée vers un point choisi. Si nous comparons cette action ciliaire à l'action d’organes locomoteurs développés de n'importe quelle espèce pour en faire ressortir les différences, nous voyons qu’au lieu d’un nombre incalculable de mouvements petits ou inintégrés il y a un petit nombre de mouvements grands ou intégrés, que des actions en tout pareilles sont remplacées par des actions en partie différentes, et qu’au lieu d’une coordination très-faible et presque accidentelle, il y en a une qui donne de la précision aux mouvements du corps dans son entier. Un contraste analogue moins prononce, mais suffisamment décidé, se présente quand nous passons des types inférieurs d'animaux pourvus de membres aux types supérieurs d’animaux pourvus de membres. Les pattes d’un ccutipèdc ont des mouvements nombreux, petits et homogènes, et si peu intégrés que lorsqu’on coupe l’animal en petits morceaux, les pattes portent en avant le morceau auquel elles appartiennent. Mais dans un articulé supérieur, chez un crabe par exemple, les membres relativement peu nombreux ont des mouvements d’une étendue comparativement grande, très-différents les uns des autres, et intégrés en des mouvements composés d’un caractère assez défini.

§ lti3. Ces derniers exemples nous amènent à ceux que nous appelonspsychiqiies.ee sont les aspects physiologiques des plus simples de ces fonctions que nous appelons psychologiques quand nous les considérons à un point de vue plus spécial et plus complexe. Les phénomènes que nous connaissons subjectivement comme des changements dans la conscience, sont connus objectivement comme désexcitations et des décharges nerveuses que la science explique maintenant par des modes de mouvement. Par suite, en suivant l’évolution organique, on peut s’attendre à ce que le progrès de l’intégration, de l’hétérogénéité et de l’état défini du mouvement retenu, se manifeste pareillement dans les actions nervo-musculaires visibles et dans les changements mentais corrélatifs. Il y a avantage à srExcER. 27

Lé G(fttf(ât88ABLE.

Considérer les faits tels qu’ils se produisent durant l’éToliitioB individneile, avant de les considérer dans l’évolution générale^

Les progrès que fait l’enfant en apprenant à parler, manifestent la transformation d’nne manière très-complèle. Les cris de l’ênfant sont comparativement homogènes ; tant parce qu'ils | sont poussés chacun longtemps de suite, que parce qu’ils sont à peu près uniformes dans leur durée, et que l’enfant les répète constamment sans grande variation de qualité. Ils sont tout è fait incoordonnés; il n’y a entre eux aucune intégration qui en fasse des sons composés. Ils sont inarticulés, dépourvus de ces commencements et de ces Dns qui caractérisent les sons que nous appelons des mots. Le progrès se montre d’abord dans la multiplication des sons inarticulés. Les voyelles extrêmes | s^joutent aux voyelles moyennes, et les voyelles composées aux voyelles simples. Bientôt l’enfant apprend à faire les mou- | vements qui forment les consonnes simples, et prononce quelques sons nettement tranchés ; mais cette précision n’est que partielle, car l’enfant ne se sert que des consonnes initiales et les sons finissent vaguement. Pendant ce progrès vers la précision, l’hétérogénéité augmente par la combinaison des différentes consonnes avec les mêmes voyelles; et en même temps qne les consonnes terminales viennent achever de donner de la précision, il se fait une augmentation considérable du nombre des sons différents. Les consonnes les plus difficiles et les consonnes composées, d’abord imparfaitement articulées, sont petit à petit articulées avec netteté, et une multitude de mots différents et définis, qui impliquent plusieurs espèces de mouvements vocaux, accomplis chacun avec exaclitodey et parfaitement intégrés en groupes compliqués, viennent s’ajouter à ceux que l’enfant savait déjà faire. Le progrès subséquent qui lui fait prononcer les dissyllabes, les polysyllabes et les combinaisons de mots compliquées, manifeste le degré supérieur d’intégration et d’hétérogénéité que ces mouvements organiques finissent par al(eindre< Les actes de

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conscience en conunexion avec les actes nervo-musciilaires, passent naturellement par des phases parallèles ; le progrès accompli de l'enfance à la maturité fournit chaque jour la preuve que les changements qui au point de vue physique sont des opérations nerveuses, et au point de vue mental des opérations de la pensée, deviennent plus variés, plus définis, plus cohérents. D’abord les fonctions intellectuelles sont trèssemblables, ce sont des récognitions, des classifications, de simples impressions, et pas autre chose. Mais avec le temps ces fonctions deviennent multiformes. IjC raisonnement apparaît, et nous finissons par avoir conscience de l’induction et de la déduction ; la remémoration délibérée et l’imagination délibérée s’ajoutent à l’association simple et spontanée des idées. Des modes plus spéciaux d’action mentale, tels que ceux des mathématiques, de la musique et de la poésie, se produisent, et Vont toujours en se différenciant davantage. Ils vont de même en se distinguant davantage. Le petit enfant fait ses observations avec si peu de soin qu’il lui arrive de ne pas reconnaître les personnes. L’enfant se trompe constamment en lisant, en récitant sa grammaire, en faisant ses calculs. Lejeune homme porte de faux jugements sur les affaires de la vie. Ce n’est que dans l’âge mûr qu’apparalt cette coordination précise dans les opérations nerveuses, que suppose une bonne adaptation des pensées aux choses. En dernier lieu, il en est encore de même pour l’intégration qui combine les actes mentais simples en actes mentais composés. Avec les petits enfants, vous ne pouvez obtenir une attention soutenue, il y a chez eux une incapacité de former une série cohérente d’impressions, et une incapacité analogue d’unir plusieurs impressions coexistantes, fussentelles de tnôme ordre; par exemple, quand un enfant regarde tih tableau, on voit qu’il ne fait attention qu’aux objets isolément) et non à l’ensemble du tableau. Mais en avançant en âge, il devient capable de comprendre une phrase compliquée, de suivre une longue chaîne de raisonnement, de saisir par une seule opération de l’esprit des circonstnnce.s nombreuses.

LE CONNAISSABLE

L;i niCine inlégralion progressive se nionlrc dans les modificalions mentales (|ue nous appelons sentiments, qui dans un enl'ant, n’agissent que pour produire une impulsion, mais qui chez l’adulte agissent avec plus d’accord et produisent une conduite plus équilibrée.

Apres ces exemples que nous empruntons à la vie de l'individu, nous en donnerons rapidement quelques-uns qui appartiennent ;i l’évolution générale, et qui ressemblent au.x premiers. Un être d’une intelligence très-inférieure, s’apercevant qu’uu objet d’un grand volume se meut près de lui, fait un mouvement spasmodique, il saute ou se jette en avant. Ce mouvement suppose qu’il a des perceptions, mais des perceptions relalivcmenl simples, homogènes et indéfinies, il ne distingue pas si les objets en mouvement sont d’une espèce nuisible ou non, s'ils avancent ou s’ils rcculcnl. Les actions qu’il fait pour éviter le danger sont pareillement d’une seule espèce, elles ne s’adaptent pas à une direction cl peuvent le rapprocher beaucoup du danger au lieu de l’en éloigner. Un pas de plus, et nous voyons, quand le mouvement de projection ouïe saut ont lieu dans le sens qui éloigne du danger, les changements nerveux spécialisés à ce point qu’il en résulte une distinction de direction, laquelle indique une variété, une coordination et une intégration plus grandes de ces changemenis dans ces opéiations, cl un état plus défini. Chez les animaux supérieurs qui distinguent les animaux qui sont leurs ennemis de ceux qui ne le sont pas, un oiseau, par exemple, qui fuit l'homme, mais ne fuit pas une vache, les actes de perception se sont unis en des touts plus complexes, puisque les mouvements déterminés de l’oiseau supposent la connaissance de certains attributs spécifiques; ils sont devenus plus multiformes, puisque chaque nouvelle impression composante ajoute au nombre des composés possibles; et par conséquent ils sont devenus plus spécifiques dans leurs correspondances avec des objets, c'est-à-dire plus définis. Chez les animaux assez intelligents pour reconnaître par la vue l’identité, non des espèces, mais

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