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appartiennent aux masses, par exemple, le pendule où le mouvement n'est pas alTecté par un changement dans le poids de la lentille, tandis que la durée des oscillations change quand on fait l’expérience à l’équateur. Mais dans tous les cas où les forces incidentes ne varient pas, comme les masses, tout ordre nouveau d’agrégation inaugure un nouvel ordre de rhjlhme; par exemple, la conclusion des recherches récentes sur la chaleur et la lumière rayonnantes est que les molécules des divers gaz ont des durées différentes d’ondulations. En sorte que l’accroissement de la multiformité dans l’arrangement de la matière engendre nécessairement un accroissement de multiformité dans le rhythme, tant par l’accroissement de variété dans les volumes et dans les formes des agrégats que par l’accroissement de variété dans leurs relations avec les forces qui les meuvent. Nous n’avons pas besoin d’insister pour montrer que ces mouvements doivent devenir plus définis à mesure qu’ils deviennent plus intégrés et plus hétérogènes. Dans la proportion où une partie d’un tout en évolution se sépare et se consolide, et par là perd la mobilité relative de ses éléments, son mouvement d’agrégat doit évidemment devenir plus distinct.
Nous avons donc, pour compléter notre conception de l’évolution, à considérer dans toute l’étendue du cosmos, les métamorphoses du mouvement retenu qui accompagnent les métamorphoses de la matière qui le compose. Nous devons le faire avec assez de brièveté. Le lecteui- est habitué maintenant à notre manière de coasidércr les faits; il faudra moins d’exemples. Pour abréger, nous traiterons les divers aspects des métamorphoses en même temps.
§ 140. La matière dispersée qui se meut, comme on le voit, dans une nébuleuse spirale, vers le centre de gravité commun, en venant de tous les points et de toutes les distances, suivant des lignes plus ou moins indirectes, doit introduire dans la nébuleuse qui en résulte en définitive des moments innom-
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brablcs d’intensités et de directions opposées. A mesure que l’intégration progresse, les parties de ces moments qui sont en opposition se neutralisent mutuellement, et se dissipent sous forme de chaleur. Le mouvement rotatoire qui reste, présente d'abord des vitesses angulaires différentes à la périphérie et aux diverses distances du centre; peu à peu ces différences diminuent, et se rapprochent d’un état final, que le Soleil est maintenant bien près d’atteindre, où la vitesse angulaire de toute la masse est la même, où en définitive le mouvement est intégré. Il en est de même de toutes les planètes et de chacun de leurs satellites. Le progrès qui conduit du mouvement d’un anneau nébuleux incohérent, et contenant dans sa masse beaucoup de mouvement relatif, au mouvement d’un sphéroïde dense, est un progrès vers un mouvement complètement intégré. La rotation et la translation dans l’espace deviennent chacune une et indivisible. Pendant ce temps s’opère l’intégration nouvelle qui rend le mouvement de toutes les parties du système solaire mutuellement dépendantes. Dans chaque planète, accompagnée de ses satellites, d’une part, , et dans le Soleil accompagné des planètes de l’autre, nous avons un système de rhylhmes simples et composés, avec des variations périodiques et séculaires, qui forment par leur union un système intégré de mouvements.
La matière qui, dans son état diffus primitif, avait des mouvements confus et indéterminés, ou sans distinction nettement marquée, a acquis pendant l’évolution du système solaire des mouvements nettement hétérogènes. Les périodes de révolution de toutes les planètes et des satellites sont différentes, comme aussi leurs temps de rotation. De ces mouvements nettement hétérogènes mais simples encore, naissent d’autres mouvements complexes, mais pourtant définis; par exemple, ceux que produisent les révolutions des satellites composées avec les révolutions de leurs planètes, ceux dont la précession est le résultat, et ceux qu’on appelle perturbations. Toute complexité nouvelle de structure a causé une complexité nouvelle de mou-
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vemenl; mais c’est encore une complexité définie, puisqu’on en peut calculer les résultats.
§1^1. Alors que la surface du globe était en fusion, les courants de l’atmosphère lumineuse qui l’entourait, et principalement les courants des gazs échauffés qui montaient, et ceux des liquides précipités qui descendaient, devaient être locaux, nombreux, indéfinis, et peu distincts les uns des autres. Mais à mesure que la surface se refroidit, et que la radiation solaire commença à causer des différences appréciables de température entre les régions équatoriales et les régions polaires, une circulation atmosphérique fixe des pôles à l’équateur et de l’équateur aux pôles a dû s’établir peu à peu ; c’est ainsi que les vastes masses d’air en mouvement ont formé les vents alizés, et quelques autres courants définis et permanents. Ces mouvements intégrés, autrefois comparativement homogènes, devinrent hétérogènes à la formation des grandes lies et des continents qui tes compliquèrent, en leur ajoutant des vents périodiques causés par réchauffement variable de vastes surfaces de terre dans les différentes saisons. Les mouvements rhythmiques d’une espèce constante et simple se différencièrent par l’effet de la multiformité croissante de la surface de la terre, et produisirent une combinaison compliquée de mouvements rhythmiques continus et périodiques unis à des mouvements moins étendus mais irréguliers.
Des changements analogues doivent s’être produits dans les mouvements de l’eau. Sur une croûte mince qui ne portait que des élévations et des dépressions faibles, et par conséquent de petits lacs ou de petites mers, il ne pouvait y avoir qu’une circulation locale. Mais quand les grands océans et les vastes continents se formèrent, de grands mouvements d’eau s’établirent allant des latitudes chaudes aux froides et des froides aux chaudes. Ils devinrent plus importants, plus tranchés, et reçurent une distribution géographique plus variée, à mesure que les traits de la surface du globe devinrent plus tranchés et
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plus contractés. Il en fut de mâme des eaux d’écoulement. ! Les ruisseaux insignifiants qui s'écoulaient doucement sur les ' petits Ilots étaient autrefois les seuls mouvements de ces eaux; mais quand de vastes surfaces de terre furent émergées, les mouvements de plusieurs affluents se réunirent pour former par leur ensemble les mouvements de grandes rivières ; au lieu de mouvements très-semblables, il y eut alors des mouvemenU très-variés.
Enfla nous ne pouvons pas douter que les mouvements de U croûte du globe n'aient présenté un progrès analogue. Faibles, nombreuses, locales et très-semblables les unes aux autres quand la croûte était mince, les élévations et les dépression durent, à mesure que la croûte s’épaissit, recouvrir de plus larges surfaces, et devenir plus dissemblables dans les différentes régions par l’effet des différences locales de structure dr la croûte.
§ lè2. Dans les organismes, le progrès vers une distributiou plus intégrée, plus hétérogène, plus définie du mouvement retenu, qui accompagne le progrès vers une distribulion plus intégrée, plus hétérogène et plus définie de la matière qui les compose, est précisément ce que nous appelons développement des fonctions. Toutes les fonctions actives sont ou bien des mouvements sensibles tels que ceux des organes contractiles, ou des mouvements insensibles tels que ceux qui dans les organes sécrétoires effectuent les réarrangements moléculaires et les nouvelles combinaisons de la matière. Tout ce que nous avons à remarquer ici, c’est que durant l’évolution, les fonctions comme les structures, se consolident individuellement et se combinent davantage les unes avec les autres, en même temps qu’elles deviennent plus multiformes et plus distinctes.
Chez les animaux inférieurs les sucs nutritifs se meuvent çè et là tout à fait irrégulièrement à travers les tissus, suivant que les efforts et les pressions les poussent. En l’absence d’un sang
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proprement dit et d'un système vasculaire développé, il n’y a pas de circulation bien définie. Mais à côté de l’évolution qui établit un appareil distinct pourla.distribution du sang, s’opère une évolution fonctionnelle qui institue de grands et rapides mouvements du sang définis dans leur cours, et définis dans la distinction qui les divise en efférents et afférents ; ces mouvements sont hétérogènes non simplement dans leurs directions, mais aussi dans leurs caractères, les uns progressant par saccades, les autres par un courant continu.
Nous voyons un autre exemple du même principe dans la façon dont, à côté des différenciations et des intégrations du canal alimentaire, se produisent des différenciations et des intégrations tant de ses mouvements mécaniques que de scs actions non mécaniques. Chez les animaux du type le plusinférieur, le canal alimentaire est traversé d’un bout à Tautre à peu près uniformément par des ondes de constriction. Mais dans un canal alimentaire bien organisé les ondes de constriclion sont grandement différentes aux différents points du canal, par l’espèce, la force et la rapidité. A la bouche elles deviennent des mouvements de préhension et de mastication, qui tantôt se succèdent avec rapidité, et tantôt cessent pendant des heures. Dans l’œsophage ces contractions propulsives très-rapides SC produisent par intervalles pendant qu’on mange, et ne se produisent plus jusqu’au repas suivant. Dans l’estomac nous retrouvons sous une autre forme cette constriction, qui à l’origine était uniforme : les contractions musculaires y sont puissantes et continuent pendant les longues périodes durant lesquelles l’estomac garde les aliments. Dans la partie supérieure de l’intestin une nouvelle différence se manifeste, les ondes le parcourent sans interruption, mais elles sont relativement faibles. Enfin dans le rectum le rhythme de l’onde s’écarte encore d’une autre manière du type ordinaire ; après un repos de plusieurs heures, vient une série de constrictions fortes. En même temps, les actions essentielles que ces mouvements facilitent sont devenues plus nettement hétérogènes. La
sécrétion et l’absorption ne se font plus de même d’un bout à l’autre du tube ; mais la fonction générale se subdivise en diverses fonctions subordonnées. Les dissolvants et les ferments fournis par les parois du canal et les glandes qui en sont les appendices, deviennent très-différents dans les parties supérieure, moyenne et inférieure du canal, ce qui implique des espèces différentes de changements moléculaires. Ici l’opération est principalement sécrétante, là elle est principalement absorbante, ailleurs, comme dans l’œsophage, il n'y a ni absorption ni sécrétion de quelque importance. Tandis que ces mouvements internes cl d’autres aussi, sensibles et insensibles, deviennent plus variés, et séparément plus consolidés et distincts, il se fait un progrès dans l’intégration qui les unit en groupes locaux de mouvements et en systèmes combinés de mouvements. En même temps que la fonction d’alimentation se subdivise, ces subdivisions deviennent plus coordonnées, eu sorte que les actions musculaires et sécrétoires vont de concert, et que l’excitation d’une partie du canal produit l’excitation du reste. Bien plus, la fonction alimentaire tout entière, en fournissant la matière pour les fonctions circulatoire et respiratoire, s’intégre si bien avec celle-ci qu’elle ne peut se faire un seul moment sans elles. Enfin à mesure que l’évolution progresse, ces fonctions fondamentales tombent toutes les trois de plus en plus sous la subordination des fonctions nerveuses; elles dépendent de plus en plus d’une quantité donnée de décharge nerveuse.
La même vérité se manifeste dans les fonctions des organes externes. Les créatures microscopiques se meuvent à travers l’eau par les oscillations des cils qui les couvrent, et des animaux plus grands, comme les Turbellaria, marchent au moyen de leurs cils sur des surfaces solides. Ces mouvements de cils sont, en premier lieu très-peu étendus, en second lieu homogènes, et en troisième lieu très-peu définis individuellement ou dans la résultante de leur action, qui n'est la plupart du temps qu’un changement de place fortuit sans direction déter-