INTRODUCTION
Arres que l'acte de 1791, relatif au 7 eût complété l'édifice constitutionnel, qui y substituait la hberté au despotisme de la petite aristocratie, qu’avoit crééé ou maintenue l’acte de Québec, cé de: vint le devoir des habitans de ce pays, de se familiariser avec celles des lois de l’empire, qui servent de base à sa Constitution, et auxquelles il faut avoir recours, tant pour savoir la juste mesure des privilèges, qu’elle accorde, que pour apprendre la manière de les invoquer et d’en jouir. Quelques Canadiens, aussi amis de leur pays, que partisans prononcés du nouvel ordre de choses, en sentirent vivement l’obligation et le besoin; aussi se livrèrent-ils à cette étude avec une . ardeur d’autant plus louable, qu'ils avaient moins de moyens d’y avancer. En effet les livres, qui contenaient la Constitution anglaise, étaient rares; tous ou presque tous étaient écrits dans une langue, qué peu
é Canadiens à cette époque entendaient. Il leur fallut donc aussi l’étudier, et au lieu d’une première étude, déjà assez difficile, ils eurent à en faire une seconde, qui eût pu les jeter dans le découragement, si leur patriotisme ne les eut soutenus. Bientôt plusieurs des premiers députés canadiens avaient fait des progrès considérables dans lesconnaissances parléementaires, et leurs notions de la Constitution ne tardèrent pas à être telles, qu’ils se placèrent de niveau avec les plus instruits des membres d’origine anglaise, et si ces der- . niers parvinrent quelquefois à obtenir deslois,qui bles-
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1v saient la liberté du sujet, ce fut moins dû à l'ignorance des Canadiens, qu’à la confiance aveugle, qu’ils sc pi-
quaient de placer dans l'administration: de ce nombre
furent Pacte pour lu meilleure préservation du Gouvernement de sa Majesté dans la province eelui, plus disgracieux encore, des Aliens, et quelqués autres, qui formeront toujours une tache dans le livre de nos statuts. Cependant, tout utiles et étendues que füssent les recherches des plus distingués de nos membres, elles n'eurent guère d’autres suites, que celle de les faire briller dans l'enceinte législative. Peu de Canadiens semblèrent ambitieux d’imiter la conduite de leurs députés, et les connaissances constitutionnelles, ne firent que de médiocres progrès parmi la masse des Canadiens. : De ce défaut d'instruction chez-eux résultérent des incertitudes et des doutes, et avec ceuxçi une désunion, dont profitèrent les eREUne SANS Ecossais, pour se faire accorder dans la Chambre une proportion de sièges, qui excèdait celle de leur importance numérique dans le pays. Ils s’en servirent pour donner aux administrations anti-canadiennes un appui, qu’elles n'auraient point eu, si la Chambre eût été autrement composée. | | Les choses en étaient là, lorsque les violences d
Sir James Craig vinrent ouvrir les yeux des habitans
et leur apprendre à mieux placer leur confiance. D'un autre côté, la presse, ce puissant palladium de la liberté, avait déjà commencé à déchirer le voile mystérieux, dont le despotisme aime à se couvrir; l'amour des, études constitutionnelles s’était accru; déjà les habitans parlaient de leurs droits avec beaucoup plus de hardiesse que par le passé; et la question LA l’exclusion des juges d’un siège dans l’Assemblée, ayant successivement amené deux dissolutions de parlement, ils apprirent: à s'unir davantage pour la défense de droits, pour lesquels ils acquéraient d'autant plus d’attachement, qu'ils commençaient à les mieux connaître. Cependant les plaies, qu'avait ouvertés là tyrannie de Sir James Craig, n£taient qu'imparfaitement fer-
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rent l'alarme, et se partagèrent en deux partis, dont l'un épousa l’opinion de la majorité de ses représentans, et l’autre soutint celle de la minorité ou des gens en place. Combien, à cette époque, un ouvrage élé-
mentaire sur la Constitution fut-il Veuu äà-propos! qu'il
eût sauvé d’écarts! qu'il eût rendu de services! jé le savais; j'en ayais tous les jours la preuve dans mes conversations avec ceux que les affaires, le hasard ou le goût me faisaient rencontrer. Je soupirais après le moment, qui nous mettrait en possession d'un pareil ouvrage; je l’avais même demandé à plusieurs plumes, que je croyais capables de le composer, lorsque l'hiver dernier, un M. C. D’E. nous l’annonça dans la Bibliothèque Canadienne. J'étais heureux; je touchais au moment de voir mes vœux accomplis. Plein de cet espoir consolant, j'attendais l'ouvrage avec impatience, lorsqu’enfin il arriva. Je l’ouvre avec hâte... Jé lis... quelle ébauche informe! qu’elle fut loin de répondre à mon attente! Je n’y trouvai rien de ce que je cherchais, maïs en revanche beaucoup de notions
étranges, nouvelles, erronées: tout, jusqu’au début, m'y
arut extrêmement singulier, Je ne pus voir à quelle
l’auteur introduit son sujet, par nous apprendre u'avant la révolution, la France avait une Constitution; et cela, sans le soupçonner! car messieurs les Français se trouvèrent Bien embarrassés, quand il leur fallut définir ce que c’était que leur Constitution. A-
voir une Constitution, ét ne pas le savoir, et n’être pas ,
en état d’en donner une définition, voilà quelque chose d'étrange! Depuis quand les Français sont-ils ei novices?
Je ne fus pas moins surpris, scandalisé même, de voir un peu plus loin, M. ë D'E, ce génie créateur de Constitutions singulières, avancer hardiment que la. Grande Charte n'offre aucune trace de la Constitution britannique. Jusqu'à lui on avait toujours cru u’elle en formiait la base, et que, pour l’amener à perection, on n'avait eu besoin que d'expliquer et de développer; en les étendant, dans des lois subséquentes,
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lés grands principes, qui y sont énonces, quoique d'uné muliète detre chaire, uon ne l’a fait depuis d'ins une série de lois à cët effet: c’est aumoins le jugement ju’én ont porté MM. Hume, Blackstone, De Lolme t plusieurs autres bons écrivains. Mais grâce aux grandes découvertes de M. C. D’E, tous ces hommes vont perdre leur réputation usurpée; car d’après lui, ce n’est qu’au détrônement de Jacques IF, qu'il faut rapporter. l’origine de la Constitution britannique.—
Quelle nouvelle agréable! quelle utile esquisse! Com-
bièn en faudrait-il de semblables, pour nous conduire à là connotïssance de nos droits? Pret de Dégoûté donc de Pœuvre inulilé de ce romaneiér,
; panégyriste du vieux régie français; de ce page à la
our militaire de Prusse, où la discipline du bâton pliait les gens à l'exercice du degré de liberté, qu'il était trouvé bon d’y laisser au sujet, je mis de côté la brochure, condamnée à périr dans k poussière des vieux bouquins, décidé qué j'étais à attendre du tems où des circonstances, l'ouvrage qui nous manquait sur l'inexpugnable. Constitution de Pile invincible. J'en. étais à cette. M ei résolution, lorsqu'un. ami me communique un des. ouvrages de M. Brooké, dans léquel un instituteur introduit dans uné conversationavec. son élève, ses propres notions sur la Constitution britannique. Nous lûmes cela ensemble, ét je puis dire, qué' j'en éprouvai la plus grande joie, car c'était, precisément l'ouvrage que je cherchais depuis longtems, et que nous nous décidâmes de: suite: à traduire et a livrer à l'impression, nonobstant tout reproche, qu'on pourrait peut-être rious adresser, pour avoir été chercher dans un roman les moyens d’instruire no$ Compeines du système constitutionnel, qui! eut fait leur onhéür, si:on le leur avait donné dans sa totalité.— Nous savions. que chez les Anglais la branche de littérature, à laquellé appartient l'ouvrage précité de M. Brooke, (The Fool of Quality,) est loin de ressembler à la même branche chez leurs aimables voisins: gourmande, ét forte d’un trop grand luxe de végétation, elle
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