DERNIERS TEMPS ET CHUTE DE L'EMPIRE D'OCCIDENT
Après la mort de Maxime et le départ des Vandales, Théodoric II. devenu roi d'Aquitaine par le meurtre de son frère Thorismond, mit la couronne d'Occident sur la tête du Gaulois Flavius Avitus, homme d'épée et homme de lettres, beaupère du poète Sidoine Apollinaire, qui célébra le nouveau règne par des prédictions que les événements ne réalisèrent pas: « 0 Rome! chantait le poète, Rome, mère des dieux, fière de tant de princes, relève le front! Un empereur d'un âge mûr te rajeunira plus que ne t'avaient fait vieillir des empereurs enfants. » Avitus, reconnu par l'empereur d'Orient, Marcien, alla fixer sa résidence dans l'ancienne capitale du monde. Ses déplorables faiblesses ne tardèrent pas à exciter le mécontentement général. Le sénat, retrouvant un jour de vigueur, le déposa (457), et le Suôve Ricimer, chef des Barbares auxiliaires en Italie, donna la pourpre à Majorien.
Majorien, l'un des glorieux compagnons d'armes d'Aétius, montra, dans cette époque de décadence, des talents et des vertus qui firent croire un moment que Rome pouvait se relever. Il vainquit le roi des Wisigoths, Théodoric II, et lui imposa un traité d'alliance. Il repoussa Genséric, qui était venu de nouveau ravager l'Italie, et, dans le but de recouvrer l'Afrique, fit équiper à Carthagône une flotte considérable qui devait assurer sa conquête.
Des réformes nombreuses dans l'organisation de l'État, des lois sages, empreintes d'un sentiment généreux, ajoutaient une nouvelle gloire au règne de Majorien. Ricimer fut jaloux de sa créature. Il avait voulu, dans le prince qu'il faisait, un instrument docile à ses volontés, et il rencontrait un législateur, un guerrier qui lui échappait par son génie et dont la
IH 11 - PREMIERS SIECLES DU Cil H1STI ANISM I
gloire fusait pâlir la sienne. Une sédition militaire qu'il souleva adroitement à Voghera le débarrassa de Majorien (461).
11 lui donna pour successeur un Lucanien obscur, dont le nom n'est pas môme certain, Vibius ou Libius Sévère, fantôme de souverain dont la nullité convenait au véritable maître de l'Italie. Toutefois l'empereur d'Orient, Léon I«", refusa de reconnaître lélu du Barbare. Marcellin dans la Dalmatie, et JSgidius en Gaule, fidèles à la mémoire de Majorien, qui leur avait donné le gouvernement de ces provinces, conservèrent une puissance indépendante.
Gcnséric continua à piller la Sicile et l'Italie, et s'empara de la Sardaigne. Les Wisigoths dévastèrent la Gaule méridionale; les Saxons s'établirent dans l'Arniorique; les Germains envahirent l'Helvétie. Sévère laissa tous ces faits s'accompUr, sans même s'en préoccuper; Ricimer, à qui il était devenu probablement incommode, l'empoisonna (465).
Il y eut alors un interrègne de vingt mois. Le peuple mécontent voulait un souverain; Ricimer crut devoir accepter Anthémius, qui lui était envoyé de Constantinople avec le titre impérial. Anthémius, afin de s'attacher plus étroitement le tout-puissant patrice, lui donna sa fille en mariage. Toutefois l'accord ne fut pas de longue durée. Ricimer, ne pouvant opposer ses volontés au nouveau monarque, se retira à Milan, réunit quelques milliers de Bourguignons et de Suèves, et vint assiéger Rome, où Anthémius s'était renfermé. La cour d'Orient envoya en toute hâte Olybrius pour rétablir la paix entre le beau-père et le gendre.
Olybrius, Romain de naissance, appartenant à l'illustre famille des Anicius, s'était retiré à Constantinople après la prise et le sac de sa ville natal.' par Genséric. Il avait épousé Placidie, l'une fies tilles de Valcritinien III, emmenée captive en Afrique avec sa mère et sa sœur, et rachetée, en même temps , ses parents, par L'empereur Léon. Olybrius, par cette
alliance, prétendait avoir des droits à l'empire d'Occident. Ricimer s'empressa de les reconnaître et de les appuyer. Rome fut prise (11 juillet 472), Anthémius assassiné, et Olybrius mis sur le trône.
Ricimer survécut quelques jours seulement à sa dernière victime et à l'établissement de son quatrième et dernier souverain.
Olybrius mourut de sa mort naturelle, le 23 octobre 472, après un règne de trois mois et douze jours.
Gondebaud, neveu de Ricimer, et qui avait reçu de lui le commandement des troupes fédérées, et d'Olybrius le titre de patrice, voulut continuer son oncle comme faiseur de rois. Il donna la couronne à un certain Glycérius.
Julius Népos, neveu de Marcellin, gouverneur de la Dalmatie, accourut en Italie, se fit proclamer à Ravenne, battit Glycérius à Givita-Veccbia, s'empara de sa personne et le força de se faire prêtre. Lui-même tomba bientôt, abandonné par ses troupes, et s'enfuit en Dalmatie, où il fut assassiné.
L'apparition de Glycérius et de Julius Népos dura deux ans à peine (472-474).
Le trône était vacant; Oreste le prit, et y plaça son fils Romulus Auguste, jeune enfant sous le nom duquel il comptait gouverner.
Oreste, Romain par son père qui se nommait Tatulius, mais né en Pannonie, était entré dès sa jeunesse au service d'Attila, qui, ayant remarqué en lui des qualités brillantes et du savoir, se l'attacha comme secrétaire, puis l'envoya plusieurs fois en ambassade à la cour d'Orient. Attila mort, il se sépara de ses fils, rassembla une troupe de Barbares, Hérules, Scyres, Alains, Ruges, Turcilinges, et vint se mettre avec eux à la solde des empereurs de Rome, qui, par peur autant que par nécessité, l'accueillirent avec faveur et le nommèrent patrice et général d'Occident.
C'est à Ravenne que les troupes d'Oreste proclamèrent
Romulus Auguste, cette ombre d'empereur que la postérité a surnommé Augustule, el qui, par une étrange dérision de la ; m*, portail le nom du premier roi et du premier empereur des Romains. « Humiliez-vous, dit un historien, et reconn:i, néant des empi:
Or, parmi les officiers barbares qui assistaient à cette révolution aussi facilement que promptement opérée, se trouvait Odoacre, fils de cel Ivléeon que nous avons vu porter à la cour de Théodose II les dures conditions d'Attila. Le succès d'Oreste tenta L'ambition d'Odoaciv. Il persuada aux soldats que, puisqu'ils avaient l'ait un empereur, l'Italie leur appartenait Le langage qui flatte la cupidité des masses est toujours entendu. Les troupes chargèrent Odoacre d'aller réclamer à Oreste le tiers des terres de la Péninsule. Le régent se crut assez fort pour refuser. Sur cette réponse qui favorisait ses projets, odoacre, à la tète des Barbares, marcha contre Pavie, où s'était réfugié Oreste, s'empara de la ville et tua le patrice.
Mais le Barbare eut pitié d'Augustule. Non seulement il laissa la vie à l'enfant découronné, mais il lui assigna pour résidence une ancienne villa de Lucullus, sur le promontoire de Misène, avec une pension annuelle de six mille livres d'or.
A partir du 23 août 476, il n'y eut plus d'empereur d'Occident. Il yeut un chef de Barbares lit'rul-'s. qui s'appela roi d'Italie.
Le s.'n.it de Rome fit déposer à Constantinople les insignes de la dignité impériale. Zenon, qui régnait alors en Orient,
onnut Odoacre et lui conféra le titre de patrice.
L'empire romain avait duré, depuis la bataille d'Actium, cinq cenl sept ans. D'Auguste à Augustule, on compte soixantetreize empereurs.
Ciup. !. — (L'an 33). Le Christ et sa doctrine 7
Les premiers jours du christianisme 9
Les Évangèlistes : Saint Matthieu ■ 10
Saint Marc 12
Saint Luc 13
Saint Jean 15
Les Actes des Apôtres 20
La Pentecôte. — Première prédication 20
Le boiteux du temple. — \"ou\elle conversion. — La persécution commence f 27
Les Apôtres devant le conseil 28
Le diacre Etienne 31
Ciiap. IL — De la conversion de Saul a la dispersion des juifs (34 a 70).
Le chemin de Damas 33
Concile de Jérusalem 34
Les Apôtres se partagent le monde 38
Rome (33-54) 38
Néron. — Première persécution, 43
Les catacombes 46
La Judée 47
Insurrection de la Judée '<S
Siège de Jérusalem. — Destruction du Temple. — Dispersion des Juifs. 49
Ciiap. III. — Domitien.
Seconde persécution 54
Saint Jean sauvé de la mort 55
Les parents de Jésus-Christ devant Domitien 56
L'Église à la fin du 1er siècle 56
Ciiap. IV. — Trajan.
Troisième persécution 59
Les Martyrs : Clément, Siméon, Ignace 62
Chap V. — Ar
Quatrième persécution 66
voile guerre de Judée. — Barkoklieba, chef de l'insurrection. —
Jérusalem, vil! 68
Les Papes Hartjn sous Adrien 7:i
mphorose et ses sept fils 73
Ciwu'. VI. — Amumx.
Première institution d'assistance publique 77
Marc-Aurèle. — Le christianisme et la philosophie stoïcienne. — Cinquième persécution . . , — — 79
La persécution en Asie 84
Martyre de saint Polycarpe 86
La légion Fulminante 87
La persécution dans les Gaules 89
CiiAf. Vil. — Commode.
Le dernier jour du stoïcisme 92
Commode, empereur. — Rome s'abaisse. — Le christianisme s'élève. . 96
Cjiap. VIII. — Les iiéhésiaiiQUES 98
I i -■ hérésies du i« siècle. — Simon le Magicien 99
Apollonius de Tiane
Ménandre. — Les nicolaites. — Cénnthe. — Lbion 104
I ■ - hérésies du il" siècle. — Les pnostiques : Appelle, ^ilentin, Car-
pocrate, Kpiplianc, Saturnin, Bardesane, Basilide 106
Ion 108
M;irçjon> 109
fô^fc 111
apologistes 113
Justin 11 »
AUi' 118
\. — Cyprien. — Arnobe. — Lactanoe 121
\andrie 133
- 'lu w siècle.
Ciiai'. IX. — Sbptou '
Sixième persécution 129
- La persécution à Lyon 1.1.1
i i mort ':' S ,,!"
Ciiap. X. — De Caiiacalla a Numkkikn (iMI-285).
min. — Septième persécution 1 i'J
lippe l'Arabe 144
lion 14C
Y. dérien 150
£ ? * — Neuvième persécution 151
Yalérien, prisonnier de Sapor 153
L'empire sous Gallien et les tyrans. — Les chrétiens durant la peste. . 154
Aurélieo (270-275) 156
Le christianisme à la fin du mL> siècle 157
Les Papes du ni" siècle 101
ClIAI'. XI. — Dioclétien .
Partage de l'empire. — Galérius et les chrétiens 104
Dixième persécution 170
Mort des persécuteurs 17G
Chap. XII. — Constantin' le Grand.
Conversion de Constantin. — Bataille de Saxa Rubra 180
Réorganisation de l'empire. — La paix de l'Église 182
Arius. — Concile de Nicée 180
Constantin et sa famille à Rome. — Hélène à Jérusalem. — La sainte
Croix 188
Mort de Constantin 192
Chat. XIII. — Les fils de Constantin le Grand.
Constantin II, Constant et Constance II 194
Julien. — Les premières années de Julien. — Julien César. — Julien Auguste. — Julien apostat. — Le temple de Jérusalem. — Mort de
Julien 197
Ciiai>. XIV. — De Jovien a Théodope [or (363-365).
Jovien 211
Le christianisme rétabli 211
Valentinien Ier. — Valens. — L'orthodoxie et Parianisraa, — Les moines
d'Orient. — Les lois chrétiennes 213
Gatien. — Théodose P'r. — Les Barbares dans l'empire 218
Antioche et Thcssalonique 225
Meurtre de Valentinien. — Défaite d'Arbogaste. — Partage de l'empire. —
Mort de Théodose 230
Les lois de Théodose 232
Ciiap. XV. — Les Pères de l'Église.
Saint Jean Chrysostome 23-1
Saint Grégoire de Nazianze et saint Basile 236
Saint Grégoire de Nysse 248
Saint Jérôme 243
Saint Hilaire 247
Saint Ambroise 248
Saint Martin 250
Saint Augustin 252 ■
Les Papes du iv« siècle 254
3UI TADLE
Ciiai'. XVI. — Fin de l'empire d'Occident.
Arcadius , empereur d'Orient. — llonorius. empereur d'Occident. —
Ruflîn, Eulrope, Stilicon, Alaric. . 2IS7
AI;, Rome. — Sac de Rome. — Mort d'Alaric 204
Théodoae II. — Valentinien III. — Régence de Placidie. — Guerre de
Perse. — Aétius et Boniface. — Genséric en Afrique 270
Attila. — Invasion des Huns en Orient. — Ambassade de Théodose à
Attila. — Le camp iks Barbares. — Mort de Théodose 274
Pulchérii' et Marcien. — Actes religieux et militaires 280
Attila dans les Gaules. — Siège d'Orléans. — Paris sauvé. — Bataille de
Codions. — Attila en Italie. — Mort et runérailles d'Attila 283
Mort d'AélioS. — Assassinat de Valentinien III. — Maxime empereur. —
Genséric à Borne 29i
Derniers temps et chute de l'empire d'Occident 397
34SQ0. — l'ours, iinpr. Marne.
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