MORT D AÉTIUS. ASSASSINAT DE VALKNTIMI'N III
MAXIME EMPEREUR. — OENSÉRIC A ROME I i 5 1*4 55).
La mort d'Attila et la ruine de son empire ne sauvèrent pas l'Occident. L'Occident, avec les Alains, les Grojths et les Vandales, avait battu Alaric; avec les Wisigoths et d'autre! peuplades germaniques, il avait repoussé Attila. Mais les Barbares avaient cessé de le détendre OU devenaient ses ennemis. Seul Aétius lui restait, et ce dernier soutien allait lui échapper . brisé par celui-là même qui avait le plus d'intérêts à le conserver.
Valeutinien III, livré aux plus odieux excès depuis la mort de Placidie sa mère, avait pris en haine le sauveur de l'empire. Jaloux de sa gloire, redoutant sa puissance dans l'État, son autorité sur les troupes, il crut facilement aux projets ambitieux que lui attribuaient les eunuques, ses favoris, et plon-ea
dans le cœur du nouveau Stilicon l'épée dont il n'avait jamais su faire usage pour la défense de l'empire. Un Romain eut le courage de dire à l'assassin impérial : « Tu as fait comme celui qui se coupe la main droite avec la main gauche. »
Le meurtre d'Aétius ne resta pas longtemps impuni. Valentinien renouvelant, au sortir d'une orgie, le crime des fils de Tarquin, outragea la belle et vertueuse épouse du sénateur Pétronius Maxime. Maxime se vengea en faisant égorger Valentinien (mars 455).
Proclamé empereur, Maxime occupa trois mois le trône ensanglanté. Il avait forcé la veuve de sa victime, l'impératrice Eudoxie, à l'épouser, et il avait donné la fille d'Eudoxie en mariage à son fils. Femme et mère indignée, Eudoxie, sacrifiant Rome aux intérêts de sa vengeance, appela Genséric et lui confia le soin de la délivrer de Maxime.
Genséric accourut d'Afrique avec ses Vandales. Dans son épouvante, Maxime ne songea qu'à fuir et invita les sénateurs à imiter son exemple. Mais le peuple, révolté de tant de lâcheté, l'assomma à coups de pierres et jeta son cadavre dans le Tibre.
La religion seule protégea Rome contre Genséric. Quand le terrible roi des Vandales se présenta aux portes de la ville, il y trouva le pape Léon qui l'attendait, entouré de son clergé. A la vue du vieillard qui avait désarmé Attila, Genséric s'arrêta et lui permit de parler. L'éloquence du saint pontife obtint tout le succès qu'il était possible d'attendre : point de massacres, point d'incendie, point de tortures. Le pillage fut épouvantable; pendant quatorze jours et quatorze nuits, les Vandales firent main basse sur les richesses qui avaient échappé à Alaric. Ils entassèrent sur leurs vaisseaux les meubles précieux, les vases d'or et d'argent, les pierreries, les statues des dieux et des héros, la table d'or et le chandelier à sept branches, derniers monuments du culte hébraïque,
déposés par Titus dans le temple de la Paix, et jusqu'aux lames en bronze doré qui formaient la toiture du Capitale. Cartilage prenait sa revanche des spoliations que Rome, au temps des Scipions, lui avait fait subir. Les Vandales s'embarquèrent, emmenant avec eux des milliers de captifs, et, parmi captifs, Eudoxie et ses deux filles, juste récompense d'une Odieuse trahison.
A leur arrivée sur la terre d'Afrique, les malheureux prisonniers t rouvèn nt dans la charité chrétienne les secours et les consolations dont ils avaient besoin. L'évêque de Cartha^e convertit en hôpitaux deux églises pour ceux que la douleur et les fatigues de la traversée avaient rendus malades. On le vit, bien qu'accablé d'années, passer la nuit auprès d'eux poulies soigner et les encourager.
Le poète Paulin, évêque de Noie, distribua aux captifs tout ce qu'il possédait; puis il vendit les vases d'or de ses églises, et quand cette dernière ressource fut épuisée, comme il lui restai! à racheter le fils d'une pauvre veuve, il prit sa place comme esclave.
Les dernières années de 'Genséric furent signalées par des actes de cruauté contre les catholiques, qu'il persécuta pour plaire aux ariens, et par de nouvelles dévastations sur les côtes de Grèce et d'Italie. Ainsi qu'Alaric, ainsi qu'Attila, il se regardai! comme l'instrument des vengeances célestes. Un jour, au sortir du port de Carthage, le pilote lui demanda vers quelles contrées il devait tourner la proue du navire : i Suis les vents, répondit Genséric, ils te conduiront vers les peuples que Dieu veut châtier. » Les actes de férocité des Vandales ont à jamais flétri leur nom, qui est devenu synonyme de i ruauté et de barbarie.
Genséric mourut au mois de janvier 477, après avoir régné cinquante ans sur ce peuple, dont il personnifiai! tous lessau-
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