Silvère, Constantin II, Léon V. — Jean XII
Il sembla donc aux Romains que le concile de février 964 avait vengé l'ancien droit : Jean XII était le pape légitime, Torgane de la tradition et de ce qu'on pourrait appeler le sentiment national. Otton, cela va de soi, appréciait les choses d'une tout autre façon. Cependant il ne jugea pas à propos d'interrompre ses opérations militaires, de sorte que Jean XII put jouir de son triomphe pendant quelques semaines. Il mourut pape, le 14 mai 964, mais, hélas ! comme il avait vécu. La main de Dieu l'atteignit dans le lit d'une femme mariée. Liutprand dit que le diable le frappa aux tempes; Gregorovius conjecture que le mari trompé aurait servi d'instrument au prince des ténèbres. Quoi qu'il en soit, le siège pontifical se trouva débarrassé de celui qui l'occupait si indignement.
On aurait pu espérer que les Romains se fussent ralliés à Léon VIII. Il n'en fut rien. Sans s'inquiéter du pape impérial, ils s'en donnèrent aussitôt un autre dans la personne du diacre Benoît, homme recommandable et de
lui-même était cardinal-diacre au moment de sa promotion.
quelque littérature (grammalicus), qui lut ordonné, à ce qu'il semble, le 22 mai.. Ils eurent même la bonhomie de notifier son avènement à l'empereur, déjà en marche contre Rome. Mal accueillis, ils fermèrent leurs portes; mais la défense ne fut pas longue. Le 23 juin, Otton et Léon VIII, maîtres de la ville, réunirent un nouveau synode au Latran; le malheureux Benoît comparut et fut déposé; puis on l'expédia en Germanie, où l'archevêque de Hambourg fut chargé de le garder.
La résistance était vaincue. Léon VIII put se maintenir jusqu'à sa mort, laquelle ne tarda pas.