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Sur la situation administrative et politique de

Ce ducaius Romanus n'avait été d'abord qu'une province militaire, tout comme le duché de Naples et celui de Vénétie. Le duc relevait de l'exarque; Vexercilus Romanus était une division de l'armée byzantine, dont le vice-empereur de Ravenne avait le commandement en chei". Mais ces liens se relâchèrent" assez vite. La configuration de l'Italie byzantine, la difficulté des communications, enfin les différences d'esprit qu'une pareille situation ne pouvait manquer de développer, tout favorisait le sectionnement. Ce fut bien pire encore lorsque, vers 727, on s'autorisa de la résistance aux décrets iconoclastes de Léon risaurien pour chasser les fonctionnaires brevetés à Constantinople et se donner, par l'élection, des ducs indigènes. Dès lors il nV avait plus de possible qu'une sorte de fédération. Chaque duché vécut pour soi. Et cela était d'autant plus inévitable que l'autorité supérieure, l'exarcjue, s'était elle-même, à ce qu'il paraît, émancipée de l'empereur; que ce

cette ville, voir le mémoire de M. J. Gay, L'Etat pontifical, etc., dans les Mélanges de TEcole de Rome, t. XXI (1901), p. 487.

haut l'onctionnaire se cantonnait, comme un simple duc, dans le ressort de Ravenne, et qu'enfin ce ressort lui-même disparaissait à vue d'œil dans le progrès de la conquête lombarde.

Aussi n'avons-nous pas lieu d'être étonnés lorsque nous voyons le duché de Rome avoir et suivre une politique à lui, conclure des alliances, iaire la guerre, signer des traités. C'est avec lui, et non avec l'exarque, que négocie, à diverses reprises, le duc de Spolète, Trasimund ^ avec lui ([ue le roi Liutprand conclut, en 742, la paix de Terni. Ce prince, du reste, le traite en toute occasion d'une autre façon que l'exarchat de Tiavenne. Contre celui-ci, il se croit tout permis. 11 lui prend son territoire, ses villes, même sa capitale. Au contraire, si les circonstances l'amènent à se saisir de quelques points du duché de Rome, de Sutri, de Blera, Bomarzo, Orte, Amelia, il ne se fait pas trop prier pour les rendre. Cette disposition, sans doute, lui est personnelle; le duc de Spolète, qui s'annexa sous

1. L. P., t. I, p. 420 (affaire de Gallese), 426 (alliance pour sa restauration à Spolète).

son règne et Narni et la Sabine, se garda bien de les restituer. Cependant la différence d'attitude est manifeste. Rone est traitée tout autrement que Ravenne.

Si les Romains étaient ainsi favorisés, ce n'est pas qu'ils eussent, aux yeux du roi lombard, des titres spéciaux à sa bienveillance; c'est qu'ils étaient sous la protection de saint Pierre et de son vicaire. Sutri fut rendu, après une occupation de plusieurs mois: mais ce fut sur les instances répétées du pape, qui n'épargna ni les démarches ni l'argent; c'est aux apôti'es Pierre et Paul ((ue le roi voulut en faire donation i. Gallese, longtemps convoitée par le duc de Spolète, finit par rentrer in compacje sanclœ reipublicn' alque corpore Chiisfo dilccii exercitu^ Romani ^. Mais ce

1. Ce document est perdu et nous ne le connaissons, comme aussi Taflaire à laquelle il se rapporte, que par le L. P. Aussi ne pouvons-nous rien savoir de précis sur la ternjinologie dont on se servit; nous ignorons s'il fut question ou non du duché de Rome et de l'empire. Le biographe, qui s'attache plus à la réalité positive qu'à ces formahtés de protocole, a voulu simplement nous dire que si l'on recouvra Sutri, ce fut grâce au pape.

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