SCENE XIII Les Mêmes, LA ROSE, FRIQUETTE
Friquette rentre vivement vers le moulin. La Rose redescend, cherchant des yeux ses camarades, et, les ayant aperçus, va pour les rejoindre sous la tonnelle.
CONTI
Eh ! psitt!.. Friquette!... (ll s'élance versle moulin où FriqueUft disparait sans le voir, et se heurte dans La Rose.) Ahi !
LA ROSE
Gare là !
CONTI, se frottant le bras et fâché de ne plus voir Friquette.
Le diable vous emporte!... vous.
LA ROSE, l'arrêtant.
Eh! là, là, mon fils, nous avons la repartie brusque et l'abord un peu loup-garou.
La Rose, Conti.
CONTl, se dégageant brusquement.
Ah ! d'abord je vous défends de me toucher, vous!
LA ROSE
Pardon, jeune homme, mais je vous ferai remarquerque c'est toi qui t'es jeté dans mes bras,... que je vous ai parlé poliment... et que tu m'as répondu !..,
CONTI
Et je vous défends de me tutoyer... a-t-on jamais vu î parce que j'ai dîné tout à l'heure avec vous! — (a luimême.) Est-ce que je V0110 < onnais, moi? Butor !
LA ROSE
Butor! Oh! oh! mon jouvenceau, ceci est une autre affaire!... et puisque vous neme connaissez pas!... je vais vous mettre à l'aise! (saluant.) Jean LaRose,sergent au régiment de Conti!...
CONTI, calmé subitement^ à part.
Mon régiment !...
„ Il le regarde avec complaisance, LA ROSE, se recouvrant.
Et à votre service, à l'heure qu'il vous plaira de choisir.
CONTI, avec satisfaction, à lui-même.
Un de mes soldats!... le premier que je vois!... sarpejeu ! quelle occasion!... je vais le passer en revue!...
LA ROSE
Oh! vous pouvez regarder!... on ne manque pas d'un certain cachet!
CONTl, à lui-même.
Bel homme... corbleu !... Etjoli uniforme !... joli!... joli! joli !... Ah ! je suis tout fier d'être le colonel d'un si bel homme!
8i LES PRES SAINT-GEUVAIS
L\ UOSK.
Nous disons donc, cannarade, (^ue vous le^^rettez votre vivacité?
CONTi.
Moi?... du tout.
LA ROSE, amicalement.
Non?
CONTI
Non.
LA ROSE
Désolé'... car alors on va donc se couper un peu la gorge.
CONTI
La gorge?..
LA ROSE, se frisant la moustache.
Avec papa.
CONTI, avec fatuité.
Un duel avec lui, moi? (Riant). Ah!ab! par exemple, sergeiiî, tu m'amuses, un gentilhomme comme moi.
Eh bien?
CONTI
Eh bien, monsieur Harpin m'a formellement déclaré que je ne devais jamais en venir aux mains qu'avec mon égal. Et tu n'es pas mon égal, mon cher, tu ne l'es ' pas!...
LA ROSE
C'est vrai, mon gentilhomme, je ne suis pas votre égal.
CONTI
Tu vois donc bien.
LA ROSE
Mais, aux yeux d'un homme de cœur, ce serait peut-