PAR
Maurice DUFOURMANTELLE
DOCTEUR EN DROIT PROFESSEUR Âll COLLÈGE LIBRE DES SCIENCES SOCIALES
(Ouvrage récompensé par V Académie des Sciences Morales et Politiques)
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PARIS (5«) M. GIARD & É. RRIERE
LIBRAIRBS-KDITBURS. ^ 16, RUE SOUFFLOT ET 12, RUE
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<r Nous voulons être des réveilleurs et « des médecins, mais de telle sorte « que ceux qui auront été réveillés « ne retombent pas dans leur som- « meil, et que ceux qui auront été « soignés ne meurent pas de nos « soins. »
(Fr. Nietzsche).
Ou a peu écrit sur les Prêts d'ho7ineur. En ce domaine, on a surtout agi et la pratique s'est montrée plus féconde que la production doctrinale. Quelques articles de revues^ une demi-douzaine environ de rapports présentés à divers Congrès, quelques pages consacrées à la question dans des ouvrages ayant trait au Crédit populaire, à la Bienfaisance ou à la Mutualité, voilà à peu près à quoi se réduit le Dufourmantelle. i
bilan de la littérature sur la matière. Malgré l'ancienneté de Tidée, dont les premières réalisations se sont précisées, il y a une cinquantaine d'années, une étude approfondie et détaillée du sujet manquait encore en France aussi bien qu'à l'étranger.
Cette étude, nous avons tenté de la faire, à l'occasion du concours ouvert sur la question par TAcadéniie des Sciences morales et politiques, en nous inspirant du principe directeur suivant.
Il nous a semblé qu'ici, plus qu'en tout autre domaine, l'observation des faits s'imposait avant tout. Nous avons pensé qu'avant de construire la théorie du Prêt sur Vhon7ieiir/\\ convenait de voir comment les institutions, qui le pratiquent, sont organisées, comment elles fonctionnent, quelles orientations elles suivent, quels services elles rendent, quels résultats elles ont obtenus.
Nous avons donc pris contact avec elles en visitant les organisations les plus caractéristiques de France, de Belgique, d'Allemagne et d'Italie : la plupart de celles que nous citons au cours de cet ouvrage ont fait, de
notre part, Tobjet d'une étude personnelle sur place. Nous n'avons pas cru toutefois devoir étendre à d'autres pays notre enquête directe, tant parce que nous ne pouvions évidemment songer à tout voir, que parce que (Veut été le plus souvent nous exposer à des constatations toujours les mêmes et par suite à d'inutiles redites. Pour les pays autres que ceux que nous venons de nommer, il nous a paru suffisant de nous en tenir à des indications générales.
Peut-être les observations ainsi consignées nous auront-elles permis de mieux mettre en lumière la théorie et le mécanisme du Prêt sur rhonneur. Aussi bien, avons-nous pris soin d'étayer notre travail sur quelques exemples monographiques marquants, en même temps que nous le complétons par la reproduction, en annexes, de documents susceptibles d'être utilement consultés par les hommes d'action.
L'Académie des Sciences morales et politiques a bien voulu décerner à notre étude ainsi conduite la première des récompenses entre lesquelles elle a partagé le montant du
prix Félix de Beaujour. Nous sommes infiniment sensible à cette distinction précieuse, dans laquelle nous voulons surtout puiser Pespoir que notre travail pourra peut-être utilement aider à la diffusion et au perfectionnement des organisations de prêts sur Thonneur.
Depuis que notre mémoire a été remis à l'Institut de France, nous avons reçu quelques documentations complémentaires sur la matière. Les unes ont trouvé leur place dans des notes ; les autres ont été introduites dans le paragraphe IV de notre chapitre II consacré à la vue d'ensemble du développement des institutions. Nous nous sommes, d'autre part, efforcé de mettre à jour dans la mesure du possible les données statistiques que nous avions recueillies. Enfin, — et pour répondre au désir même de l'Académie, — nous avons précisé certains points de notre conclusion.
Ce sont là les seules et légères retouches que nous ayons apportées à notre travail originaire. En présentant aujourd'hui celui-ci au public soucieux de bien social, nous S3-
rions heureux qu'il contribuât pour sa modeste part, en éveillant ou en affermifesant les initiatives agissantes, au soulagement des misères et au relèvement des infortunes.
Février 1913.