pouds + 615.700 pouds = 675.700 pouds
Il n'est pas difficile de calculer si, dans les circonstances actuelles du marché russe et du marché mondial, une fabrique russe aurait intérêt à tripler sa production. Les 244 fabriques ont, en moyenne, chacune une production de
— ' ,. ' = 1 73.000 pouds. Pour une fabrique à production
moyenne la situation se détermine comme suit :
disponible pour le marché intérieur. . . 134.015 pouds.
pour réserve obligatoire pour l'exportation . .
soit le total de . . . 173.000 pouds.
Supposons qu'une de ces fabriques, en triplant sa production, la porte à 3 X 173.000 = 519.000 pouds.
Sa situation se présentera comme suit:
disjDonible pour le marché intérieur . . . 332.646 j^ouds. pour réserve obligatoire .... 45.900 „ pour l'exportation 140.454 „
soit le total de . . . 519.000 pouds.
Cette fabrique verra donc augmenter pour la nouvelle campagne :
1°. sa vente à l'intérieur, de 198.631 pouds, soit la différence entre 332.646 pouds et 134.015 pouds ;
et 2°. son exportation, de 112.769 pouds, soit la différence entre 140.454 pouds et 27.685 pouds.
Or, les prix en Russie, comparés à ceux du marché universel, montrent que la vente en Russie de 198.631 pouds donne un bénéfice net qui excède de beaucoup la perte à subir sur l'exportation de 112.769 pouds. Le prix net (impôt
déduit) en Russie est de R. 2.95 le poud; le prix de revient est environ de R. 2.20 ; — le bénéfice est donc de 75 copecks le poud. Pour l'exportation le prix à Odessa (franc à bord) est de R. 1,73 ; — la perte à l'exportation s'élève à 47 copecks le poud. Il en résulte donc :
sur la vente intérieure,
un gain de. . •. 198.631X75 copecks = 148.973 roubles, sur l'exportation,
une perte de . . . 112.769x47 copecks = 53.001
soit un excédent de bénéfice de 95.972 roubles.
Ce bénéfice tire son origine de ce que la fabrique a triplé sa production, les autres étant restées stationnaires.
Le régime russe, 4. Cet exemple me semble prouver que ce n'est tout en poussant a pg^g gg^j^g j-aigon que les autres pays producteurs
de larges exporta-
tions, comporte de ^^ ^^^^^ (notamment 1 Autriche, qui exporte en certains obstacles Italie, à Constantin ople et au Levant) s'inquiètent a leur accroisse- ^^ développement des exportations russes dans
ment illimité. . ^- . 1^1-, • ir
l'avenir. Il existe pour les fabricants russes isoles un intérêt si visible à étendre la culture des betteraves, qu'il ne suffit pas, pour dissiper les inquiétudes, d'indiquer la faiblesse relative des exportations actuelles. Toute discussion réservée sur ce qu'on voudra considérer comme exportation importante ou faible, il paraît que des circonstances fortuites seules ont empêché que l'exportation russe pour la campagne de 1898 — 1899 n'ait surpassé de beaucoup ce qu'elle a été en réalité. Si l'on peut en croire l'organe allemand, die deutsche Zuckerindustrie 1) du 18 novembre 1898,
1) L'organe allemand extrait ses renseignements du Bulletin officiel financier (Wiâstnik Finansow) et de la Gazette du Commerce et de l'Industrie (Torgoblea Pomisoh lenaja Gazeta), publication officieuse, à ce qu'il parait.
n". 46, p. 1638, l'estimation préalable de l'excédent de production pour la dite campagne a été de 52 pet., d'après quoi l'on pouvait estimer 1) à 58.098.000 pouds le stock en général, ce qui nécessiterait une exportation d'environ 20.000.000 pouds, ou à peu près 330.000 tonnes de sucre. Des intempéries cependant et une gelée précoce ont cette fois limité la quantité exportable à 7.687.838 pouds.
Si, malgré les faveurs provenant du régime, les exportations rencontrent à la longue des obstacles qui empêchent un développement trop nuisible, ce sera probablement grâce à des circonstances particulières. Les pertes à l'exportation devant être compensées par les gains à l'intérieur, l'intérêt des fabricants à éviter les pertes tout en bénéficiant des gains, les amènera probablement à une convention tacite pour ne pas se perdre mutuellement par une production trop large. D'autre part, le gain à l'intérieur étant limité, les avantages à tirer de l'exportation rencontreront également des limites. C'est à Bruxelles que l'honorable délégué de la Russie, M. de Rappalovich, (procès- verbaux, p. 84) constata que les bénéfices nets des usines existantes ne sont pas exorbitants : „La statistique des sociétés par actions.
1) Si rexcédent est estimé à 52 pet., les autres 48 pot. représentent la quantité supplémentaire pour la consommation indigène, savoir 35.500.000 — 14.640.000 = 20.860.000 pouds. Or, si 20.860.000 pouds forment 48 pet. de l'excédent, cet excédent monte à 43.458.000 pouds. Il faut y ajouter 14.640.000 pouds, Cad. la quantité préalable pour les 244 fabriques. Le stock général se trouve donc estimé à 43.458.000 ponds -(- 14.640.000 pouds = 58.098.000 pouds.
Le Gouvernement russe publie trois fois par an l'estimation de la production auorière: 1". en Septembre une estimation préalable d'après la superficie ensemencée par rapport aux résultats moyens des 3 années précédentes ; 2". en Octobre, une estimation plus définitive à raison des rapports des employés du fisc ; 3°. en Janvier, un calcul définitif.
„dont les bilans sont publiés, bilans contrôlés par l'Etat au „point de vue de l'impôt sur le revenu, démontre qu'avant „la loi de 1895, les fabriques avaient distribué comme ,. rémunération du capital en moyenne 10 pet. en 1893—94, „et après la promulgation de la loi en 1895 — 96, 5.4 pet." Ceci prouve qu'une partie du gain est — par suite d'une défectuosité du système — artificiellement perdue à l'exportation, comme l'a déjà fait remarquer le spécialiste belge, M. Sachs 1) : „Au fond c'est une perte inutile pour tout le monde" ; — exception faite pour les consommateurs de la Turquie et de l'Asie mineure.
Le régime russe, en obligeant chaque établissement, qui produit plus de 60.000 pouds, à exporter une partie de sa production, amènerait des inconvénients spéciaux pour les fabriques, situées dans le centre de l'immense pays, si la loi n'avait pas permis aux fabriques d'échanger entre elles leurs droits aux ventes intérieures. Une fabrique près d'Odessa, par exemple, en exportant toute sa production, obtiendra pour la quantité, qu'elle aurait eu le droit de vendre au marché russe, des certificats d'exportation, qu'elle pourra vendre à une fabrique autre part. Par contre grâce à ces certificats, celle-ci aura le droit de vendre à l'intérieur la quantité y exprimée en plus de la quantité qu'elle avait déjà le droit de vendre au marché national. A la Bourse d'Odessa, il s'est développé un commerce régulier de ces certificats. Leur cours fait connaître la diffe-
1) Conférence donnée à \a Société générale des fabricants de sucre de Belgique, le 30 mars 1898 (Bruxelles) p. 10 (note).
A la Conférence internationale de Bruxelles, l'honorable président, M. DE Smet de Naeyer, s'est rallié, en les citant, aux vues de M. Sachs (prooès- ▼erbaux, p. 89).
rence entre le prix national et le prix du marché universel. Ce droit d'échange cependant, bien que facilitant les exportations, ne modifie pas le fond du système, et nous allons montrer qu'on peut calculer la prime de sortie russe sans avoir recours, au mécanisme de ces certificats.
Calcul de la prime 5. Calculons maintenant la prime, pour la russe pour la cam- campagne de 1898—1899, d'après les données
pagne de 1898-1899; -^ ,*= ...
comparaison avec le statistiques de l'estimation officielle du mois droit compensateur d' octobre 1898, en rapport avec le prix (f. à b.) à
des États-Unis. Qdessa.
Le prix moyen en Russie est de R. 4.70
à déduire l'impôt de „ 1.75
reste . . R. 2.95 Prix (f. à b.) à Odessa 4 dec. 1898 1) „ 1.70
Différence . . . R. 1.25 Cette différence entre le prix du poud exporté et celui du poud vendu à l'intérieur, constitue l'avantage assuré à la vente intérieure.
Pour calculer la prime à l'exportation, on laisse de côté la quantité préalable de 60.000 pouds pour chacune des 244 fabriques, parce que, pour cette quantité, il n'existe pas de stimulant à une production d'excédents. Il reste donc à vendre 35.500.000-14.640.000 = 20.860.000 pouds, à l'avantage de R. 1.25 le poud, soit en total 26.075.000 roubles. Il faut diviser ce total par le stock général disponible. Le
stock s'élève à 46.359.819 pouds.
dont il faut déduire la réserve obligatoire 3.171.981 „
stock général disponible 43.187.838 pouds.
1) Comp. die deutsche Zuckerindustrie, du 9 déc. 1898 (prix courants).
j . „,. -, V R. 26.075.000 ^ a «hq i
La prime s eleve donc a — — = K. 0.603 le
4o.lo7.poo
poud, ou francs 9.81 les 100 kilos.
La question épineuse dans ce calcul sera toujours le choix de
la date pour la détermination du prix courant à Odessa. Si, par
exemple, on prend le 20 décembre, date à laquelle le prix y
était de R. 1.90 1), l'avantage assuré à la vente intérieure
ne montera qu'à R. 1.05, ce qui ferait une prime de