Les primitifs et leurs signatures
Éludes iconographiques sur les vitraux de la cathédrale de Chartres. 1888 (Extrait de la Revue de l’Art chrétien).
Le Musée de Lisieux. Paris, Plon, in-4, 1892 (Extrait de Y Inventaire des richesses d’art de la France ).
Esquisse topographique de Constantinople du docteur E. Mordtmann, avec le grand plan de Constantinople. Lille, Desclée, in-4, 1892.
Bibliographie générale des inventaires imprimés (en collaboration avec M. Edm. Bishop), publiée par le Ministère de l’Instruction publique. Paris, Leroux, 3 vol. in-8, 1892-1894.
Strabon et le Phylloxéra. L'Ampelitis. Paris, Société des Agriculteurs de France, in-8, 1893.
L’Alchimie chez les Chinois et l'Alchimie grecque , Paris, Imprimerie nationale, in-8, i8q5.
Les Lapidaires de l’Antiquité et du Moyen Age (Ouvrage publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique et de l’Académie des Sciences).
T. I. — Le Lapidaire chinois Wa Kan San Tsai Dzou Ye (avec la collaboration de M. Courel). Paris, Leroux, in-4, 1896 (Prix Biniou à l’Académie des Sciences, mention trèshonorable avec médaille).
T. II et t. III. — Les Lapidaires grecs (avec la collaboration de M. Ch.-Em. Ruelle). Pans, Leroux, in-4, 1898, 1899, 1902 (Couronné par l’Académie française, prix Jules Janin).
La Tour de Babel en 355 après J.-C. Paris, Leroux, in-8, 1900.
Le Coffret de Saint-Nazaire de Milan et le Manuscrit de l'Ambroisienne de Milan. Paris, Leroux, in-4, 1900 (Extrait des Monuments Piot).
Le Saint-Suaire de Turin est-il authentique ? Les Portraits du Christ à travers les âges. Paris, Poussielgue, in-8, 1902.
Exuviæ sacræ Constantinopolitanæ. Paris, Leroux, in-8, t. III, 1904 (Couronné par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, prix Saintour).
La Renaissance et ses origines françaises. Paris, Revue de l’art, in-4, 1906.
Le Retable de Beaune. Paris, Gazette des Beaux-Arts, in-4, 1906.
La Tète d'Eros de la collection d’Harcourt. Paris, Leroux, in-4, 1907 (Extrait des Monuments Piot).
Signatures de Primitifs : Les Sculpteurs. Mâcon, Protat, in-8, 1908.
La Tête de Laocoon de la collection d'Arenberg. Paris, Leroux, in-4, 1909 (Extrait des Monuments Piot).
Corneille de Lyon. Paris, Leroux, in-4, 1911 (Extrait des Monuments Piot).
Les Statues de bronze de Merville. Paris, Leroux, in-4, 1912 (Extrait des Monuments Piot).
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UBRARY
PREFACE
« Lo plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu'elles soient, non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet ».
(Bossuet, Connaissance de Dieu. c. i, §xvi.)
U moment où s’ouvrit 1 Exposition des Primitifs français (iqo4), aucun savant ne supposait que les artistes du Moyen Age avaient pu signer leurs œuvres.
Tous les maîtres affirmaient au contraire qu’il était interdit, a ces humbles, à ces modestes, à ces naïfs, à ces méprisés de se faire connaître. Les opinions des plus impeccables sur ce sujet vont mettre la chose au point.
Ce n’est vraiment qu’eu 1891 que la question des miniaturistes vint prendre, dans l’ histoire de l’art, la place qui lui était due; le comte P. Durrieu fut un des premiers à en comprendre l'intérêt. Son autorité nous dit alors que c est à ses travaux qu’il faut demander la méthode appliquée aux premières recherches.
Dans une étude, qui parut dans la Gazette des Beaux-Arts (1891 . 11, p. 61 ), nous lisons :
« On sait que les enlumineurs de profession, au Moyen Age, dans les pays soumis à 1 autorité des rois de France ou de la Maison de Bourgogne étaient très rarement admis à inscrire leurs noms sur les manuscrits qu'ils décoraient. Le système [italien], saul peut-être un unique cas, qui par son caractère exceptionnel 11e fait que confirmer la règle, 11e s est jamais introduit dans nos régions. » Il s’agit de la Bible de Charles V dont le portrait est signé par Jean de Bruges {infra, lîg. 71-72).
Les années ne modifient pas sa théorie. En 1892 011 lit dans les Mémoires des Antiquaires de l' rance (p. 1): « Des centaines de miniaturistes se sont succédé, créant par leur pinceau pour la postérité une galerie incomparable, sans que leur nom, ni aucune particularité de leur existence aient prescjuc jamais laissé aucune trace. »
E11 189.3, dans son Jacques de Besançon, nous trouvons : « Sauf de très rares exceptions, le calligraphe, lorsqu il lui arriva d’inscrire son nom dans une souscription finale, ne se préoccupa jamais d’y associer celui de l’enlumineur. »
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PRÉFACE
Arrivons en 1903. Nous verrons dans l'Histoire du bon roi Alexandre (infrà, p. 198) : «Nous savons par des exemples certains que lorsque quelques enlumineurs flamands tels que Loyset Lvedet et Alexandre Bening ont, par exception, signé des miniatures, ils v ont inscrit leur prénom de préférence aux noms patronymiques. »
Et lner, dans le Bulletin des Antiquaires de France (1912, p. 4 1 3), nous pouvions lire son hypothèse, que les Ordonnances et Jugements de 1 426 (infrà, p. 80) « pourraient s’appliquer notamment au travail consistant pour les enlumineurs à rehausser de couleurs des épreuves de gravures, celles-ci tirées sur bois ou sur cuivre ». 11 oubliait assurément pour un instant qu’en 142C, les graveurs ne pouvaient guère être l’objet d’ordonnances, puisqu'on 1 43 1 , il n’était même pas encore question de leur art (infrà, p. 91).
On le voit: une signature est une exception des plus rares, et tous ceux qui s’occupent des artistes du Moyen Age s’empressent de le proclamer avec lui.
C’est Ilelbig qui, rendant compte du livre de Zimmermann' dans la Revue de l'Art Chrétien (1898), écrit : « 11 est impossible de ne pas constater combien les études en Italie sont facilitées par l’existence de documents signés et de monuments datés. Où trouverions-nous l’équivalent de ces renseignements dans les autres pays, en France notamment, où cependant à la même époque des artistes d’un ordre incontestablement supérieur taillaient des chefs-d’œuvre. »
C’est le secrétaire du Comité d' archéologie qui, à propos de la signature d’un tableau de la Cathédrale d’Albi. ajoutait en 1903 au mémoire de M. Aug. Yirlal: (( Le comité doit faire les plus expresses réserves sur l’authenticité de cette signature. Le nom d Agusti est inconnu... ; les tableaux datés et signés du xivc siècle sont de la plus extrême rareté. »
C’est M. Vitry qui, dans Quelques travaux récents relatifs à la peinture française du xve siècle1 2, insistait en ces termes :
« Nous avouons que nous sommes pour nous extrêmement sceptiques sur la valeur de ces prétendues signatures abrégées apposées sur des œuvres françaises du xve siècle ou du commencement du xvi* et nous attendons qu’011 nous en montre une seule qui soit évidente et claire. »
Pourtant elles étaient bien visibles. Mais dans ses Documents de sculpture française du Moyen Age (1904), d ne signale ni ne reproduit aucune des inscriptions qui pourraient cependant lui donner la clé du prétendu mystère.
Enfin, rencontrant la signature de Jean Trupin, simple ouvrier, sur les stalles de la cathédrale d’Amiens, il s’interroge : « Pourquoi a-t-il signé? Simple fantaisie sans doute ou particulière vanité d'artiste. »
Quant «à M. Lafenestrc, il croyait si peu aux signatures, aux renseignements
1. Oberitalische Plastik im Jriihen und hohen Mittelalter. Leipzig, Liebeskind, 1897, in-4°.