L SQ VE A A LA FIN L. V. B
accosté des trois lettres: L. A. F., tandis que au A 22, un cartouche rectangulaire élégant (fig. 3 1 3) donne alors :
Celle devise est encore répétée au A 10; et au A 3i nous lisons en abréviations L. W BHE.
1VSQVE * A -a- LA
FIN * - Jl- oj- A
L 0 V V I C H * VAN B O G II E M « - oj- A
Enfin aux A* 22 v°, 29 v°, 79 v°, 102 v° nous voyons des écussons d’or à trois bandes d’argent ; au A 36 l’écu est accolé des deux initiales L. A. en or. M. l’abbé van de Putte supposait en i84o, que c’étaient là les initiales de l’artiste auteur des miniatures, mais il ne put l'identifier.
Il me semble que les rapprochements qui viennent de se faire si naturellement doivent au contraire nous aider à le découvrir.
Le nom que nous trouvons ici en toutes lettres est aujourd’hui bien connu. C’est celui de l'architecte Louis van Boghem, qui construisit l'église de Brou pour l'archiduchesse Marguerite d’Autriche, Gouvernante des Pays-Bas, veuve de Philibert le Beau, duc de Sa-
LES MAITRES MINIATURISTES (i3<)i-XVI‘ SIÈCLE)
voie. Depuis les très intéressantes recherches de M. Finot1, l’artiste est maintenant bien dégagé de Jehan Perréal de Paris, de Michel Colombe de Tours et de ses trois neveux, Guillaume Renault, tailleur d’images, Bastycn François et François Colombe, de Thiébault de Salins, de Jehan de Bruxelles, enfin de Conrad de Meyt. On sait que pendant dix-neuf années, de i5i2 à 1 53 1 , il présida à l’exécution du plan qu'il eut avant de mourir le bonheur de voir complètement réalisé. Sa biographie enfin est aujourd'hui assez documentée pour qu’on puisse en parler sciemment.
Son nom s’écrit de trois manières différentes : van Bodeghem, van Boghem, van Beughem ; c’est en français, d’Arc. On connaît son prénom Louis ; la signature que nous lisons au bas de la Gageure avec Marguerite d Autriche (26 février i526), que nous allons trouver plus loin, nous apprend qu'il s’appelait en plus Jehan. Se rattache-t-il à la famille de notre héroïne française ? L’auteur d’une récente brochure : Pays Allemands francisés au de là des Jronlières allemandes, qui nous affirme que notre Johanne s’appelait primitivement Johanna van Boghem, s'il eût soupçonné l’existence de l'artiste flamand, n’aurait pas manqué certainement de retrouver là une parenté. Inutile de dire notre opinion, mais la chose est assez drôle pour être signalée !
Van Boghem naît à Bruxelles en 1/170, il meurt en i5/|0 à Bourg- Ceyzeriat où sa tombe fut retrouvée il y a quelques trente ans2. Le 3o août 1/196, il épousa Anna van Aelst, dite Tote, de laquelle il eut un fils, François, qui fut un des conseillers de la ville de Bruxelles. Avait-il été marié une autre fois? M. Finot a découvert en effet dans les archives du Nord (b. 2278) que sa femme s’appelait Deckelye : celle que nous connaissons s’appelle au contraire van Aelst.
En 1498, il est architecte de la ville de Bruxelles. En i5i2, il est envoyé à Brou par Marguerite d’Autriche pour décider l’empla-
1. Finot, dans Réunions des Sociétés des Beaux-Arts des départements, t. XII (1888), p. 187.