Tours, Rouillé, 1 885, p
municipaux, t. lxviii, où son nom se retrouve chaque année jusqu’en i545. comme ayant exécuté aux frais de la Ville, des bannières, des écussons, des pavois.
« Un acte notarié de 1 54j , passé au nom de sa veuve Catherine Dalizon, nous fait connaître l’époque de son décès. »
Jean Viau, qui appartient alors à l'école de Touraine, rentre donc dans la catégorie des primitifs, dont il a conservé si bien les traditions que tous les critiques ont considéré son ouvrage comme du xv" siècle. Quoi qu’il n’ait pas fait suivre son nom de pinxil ou decorcwit, il est ainsi identifié par des pièces d’archives indiscutables et dès lors doit être classé parmi les primitifs ayant signé leurs œuvres.
Et cette certitude nous autorise alors à lui adjoindre le nom d une des sœur ou fille de l’artiste, ELISABETA VIAV, dont on distingue la signature en lettres d'or, dans la bordure de la robe du Christ, mais si fine, que seule, une photographie presque noire, nous permet de la lire. Et là le nom patronymique est des plus curieux sous sa forme W, dans laquelle on retrouve, comme dans les monogrammes des sceaux mérovingiens et même dans les signatures de manuscrits du moyen âge, — telle celte abbesse Uota du Niedermunster de Ratisbonne, — toutes les lettres, mais en résumé, seulement quand on connaît d'avance la personne.
i526. La bibliothèque du séminaire de Bruges possède sous la cote 60 35, un curieux petit Livre d’Heures gothique, écrit en français, enrichi de nombreuses miniatures, provenant de l’abbaye des Dunes, dont il porte le sceau avec la date de i6a5. Il mesure 17 centimètres de hauteur sur 1 1 centimètres de largeur.
Il est composé de 1 56 feuillets dont beaucoup sont décorés de lettrines et d’encadrements déjà inspirés par la Renaissance ; il est enluminé de seize miniatures à pleine page, dont les sujets (pl. XXX), sous des arceaux de style flamboyant, rappellent les petites sculptures gothiques du commencement du x\T siècle, du Tour du chœur de la cathédrale de Chartres (pi. XXXII), de la chapelle de la Vierge
LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI' SIÈCLE)
de la cathédrale de Lisieux, et surtout du retable de la Vie de la Vierge de l'église de Brou en Bresse (pl. XXXI).
Dans deux endroits différents, au milieu des arabesques qui décorent le 1° 54, et à la sixième ligne du texte courant du P’ 65, on peut lire dans un petit cartouche la date de 1626 (pi. XXX, fig. 2).
Ce petit volume, qui me fut très obligeamment communiqué par M. l’abbé Deschepper, avait été examiné dès i84o par l’abbé van de Putle1 2 *: mais depuis, jusqu a 111a courte communication aux Antiquaires de France8, il était demeuré bien oublié sur les rayons de sa bibliothèque.
Le manuscrit débute par un calendrier.
Le mois de janvier, au f° 2 est encadré de tous les outils du sculpteur, du tailleur de pierre et du maçon ; maillet de bois, ciseaux, gouge, marteau de fer, brosse, pinceau, truelle, fer à jointoyer, équerre, niveau, compas sont artistement suspendus à une cordelière à glands qui entoure le texte ; en haut une L majuscule ; en bas, au dessus d’une règle, les lettres L. V. B. (pl. XXX, fig. 1).
Sur la page qui lui fait face, au f° 1 v°, on voit dans un de ces cadres gothiques flamboyants cjue nous signalions à l'instant, les Quatre Saints couronnés, Sévère, Sévérien. Carpopbore et Victorien (ou suivant d’autres : Claude, Nicostrate, Sympborien et Castorien) patrons des architectes, des maîtres-maçons et imagiers, portant la règle, le compas, l’équerre et le marteau. Au bas du cadre, dans un petit écusson, est dessiné un entrelac fort compliqué, qui semble vouloir figurer une arabesque purement décorative
(pl. XXX, fig. 3).
Les principales miniatures représentent la Sainte Trinité, le Père et le Fils tenant le Livre sur lequel plane le Saint-Esprit (L io3), Sainte Anne instruisant la Vierge (f° 53), l'Annonciation (f° 10), la Nativité (f’ 3o), la Fuite en Égypte (L 4o), la Pentecôte (f° 64), le Couronnement delà
1. Annales de la Société’ d’ Émulation pour l'étude de l’histoire des antiquités des Flandres , iresér., t. II, p. 1 65.
2. Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1909, p. 1 54 -
De Mély.
Vierge (f° 46) (pl. XXX, fig. 4), sainl Louis et saint François (A 53), le Roi David (f° 70) ; elles sont également sous des arceaux ajourés, de sculptures très diverses, qui sauf une seule, le Couronnement de la Vierge, sont de style essentiellement gothique flamboyant.
Si nous feuilletons le volume, nous allons voir à plusieurs endroils non seulement les lettres rencontrées au Mois de Janvier, mais d’autres encore; au A 5: L. A.; au A 45: L. A. F.; au 1" 46, au centre dans le bas du cadre qui entoure le Couronnement de la Vierge, L. A.; sur l'embase du pilastre de gauche : L. V. B.; sur l’embase du pilastre de droite: F. V. B.; au 1° 70 : L. A . B. Au A 64, dans un cartouche ovale on lit :