i5 février 1913, p
4oG
miniaturistes obligés de s’adapter aux nouvelles conditions de vie, on pourrait proposer de voir là le nom d un des célèbres Le Rouge qui, comme Balmer, comme Cremer, comme Husz, dont j'ai retrouvé les noms dans les deux industries, enluminure et imprimerie (voir ]i. 225), aurait commencé par être miniaturiste au xv' siècle.
On aurait encore à relever dans les miniatures secondaires bien d’autres inscriptions en clair; mais n’ayant aucune solution à proposer, je me bornerai à signaler les noms de NICOLE (f° go v°), de VARIN (f° i5g), de MATHIEV, sur une pierre tombale, et on sait l’intérêt des pierres tombales pour les signatures d artistes (f° 262 v0)1, de FORTIN (f° 3oi), d’iVONE (f° 3io), de A. COVLART, sur une tente au f° 3 14.
Quoique la Bethsabée du f° 3 1 5 soit très antérieure aux Bethsabée que M. Em. Male croit avoir été inventées par Bourdichon (voir p. Soy), son art secondaire ne nous arrêterait pas, si nous ne devions soigneusement appeler l’attention sur le fond, qui 11 est autre que la ville de Bourges avec tous ses détails, si conformes à la vue de la Raccolla.
Cette vue est bien autrement précise que celle des Très riches Heures du duc de Berry (pl. VIII et lîg. i5i). Le Palais de Jacques Cœur qu’on y aperçoit, terminé seulement en 1 453 , nous dit alors que notre manuscrit ne saurait être antérieur à cette date, qu'il est postérieur par conséquent au voyage de Foucpiet en Italie
Mais enfin, tout cela ne fournit aucun renseignement sur les admirables pages de la première série. Je les feuilletais, je les interrogeais en vain, quand l'idée me prit de tenter le déchiffrement de ces lettres qui paraissent semées au hasard, à travers les feuillages du frontispice (pl. XXXV, fig. 2). Je ne tardai pas à lire dans le haut à gauche un nom, BOVRGEO , écrit en forme de y. plus bas IVAN en lettres tracées perpendiculairement, et un peu plus loin, ANNE, en inscription cavalière si usitée au Moyen Age (voir pl. XX, fig. 4, le petit Livre d'Heures avec le nom d’Anne).