SAVALO MONACHUS ME FECIT
Un manuscrit enluminé d'Albert d'Aix, écrit pour le monastère de Saint-Vit de Gladbach, passait dernièrement dans un Catalogue Rosentlial (Décembre 1911). On y voyait
un grand A richement décoré, surmonté du
figures de moines dont l'un taille sa plume el l’autre manie le pinceau (fig. 18). Au-dessus de la tète du premier. on lit CONRfADUS], du second GODfEFRIDUSJ. Conrad est le scribe, Godefroid le peintre. El la Chronique du couvent nous apprend qu’effectivement le frère Godefroy était vivant en ii3o et le frère Conrad en 1 i5o.
Fig. 18. — Le moine Conrad écrivant et le moine Godefroid peignant l’Aiberl d'Aix de Saint-Vit.
Le manuscrit fr. 11675 de la Bibl. nat., une Exposition des lettres de saint Paul, est orné d’un frontispice très élégant formé d’un grand P, dans lequel est peinte une intéressante composition représentant le Peuple Romain (fig. 19). A la fin du volume esl une souscription qui nous apprend que ce livre fut composé par le moine Richer, sousprieur, et écrit par son scribe, Joannes Monoculus, en 1 année 1 164-
Dans le plein du P. on voit un moine assis, tenant une plume à
la main, sans nom ; assurément cest Jean Monoculus ; dans le montant, on aperçoit un moine, avec le nom de RICHERVS c’est le sousprieur; au-dessous enfin est un miniaturiste, à son pupitre, avec son pinceau (fig. 20) ; incontestablement l’artiste qui enlumine le volume et qui écrit alors auprès de sa tête son nom FELIX, comme SIGER de Douai (fig. 21), comme GODEFROID de Saint-Vit (fig. 18), comme RUFILVS (fig. 22), comme Adémar de Chabannes que nous allons rencontrer un peu plus loin.
Cliché Mcly.