Signature de Malouc avec la Lune
LES CORPORATIONS LAÏQUES (i26o-i39i)
Il y a là un nom en clair ; mais que signifie le commencement?
qui legis ora pro scriptore. « Lecteur, prie
pour le scribe » .
Voulons-nous une inscription cryptographique en caractères conventionnels ?
Mon savant confrère et ami Henry Martin a expliqué dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France, en 1900 (p. 245), l’inscription du portrait de Jean Cossa, comte de Troja, sénéchal de Provence (fig. 87), on peut lire:
Cliché Alély.
« Si mon espoir ne me trompe pas, Cossa, ma pairie 110 se montrera pas ingrate. »
Il existe un travail du plus haut intérêt, composé an xvie siècle.
par le frère Hepburne d'Ecosse, de l’ordre de Saint François de Paule, qui le dédia au Pape Paul IV. Il réunit nombre d’alphabets cryptographiques en usage à cette époque. C’est d’ailleurs une édition
gravée des signes cabalistiques, astrologiques et magiques du ms. fr. 9 1 52 de la Bibl. nat. La plaquette gr. in-P’ porte le titre de Virga aurea1.
Mais les maîtres de la paléographie paraissent l’avoir ignorée, puisque les uns parlent du frère Hep/mrne. les autres citent l’ouvrage comme Virgo [ Vierge ] au lieu de Virga [Verge'] aurea [d’or] : d’aucuns parlent des quatre alphabets occidentaux qui y sont reproduits, alors qu’il y en a quinze, sans parler de ceux qui dérivent du grec. Cet ouvrage doit, après certaines études nécessaires, apporter un très précieux contingent aux sources que nous ne devrons jamais négliger de consulter quand nous nous trouverons en présence d’inscriptions, qui semblent, dit-on « composées uniquement pour faire illusion,
1. Virga aurea septuaginta duobus encoiniis B. V. Mariæ cœlala, Roma, 1616, in-P’.
Cliché Mély.
Fig. 88. — Alphabet gothique d’après le Fr. Ilcpburnc d’Ecosse.
g4 les primitifs et leurs signatures
sans que nous puissions jamais leur demander un sens précis ».
Le Fr. Hepburne nous fournit en effet soixante-douze alphabets, plus ou moins cryptographiques, en usage au moyen-âge, et dont les artistes firent si certainement usage, que * V' wwiw a nous trouvons là soixante-douze petites gravures se rapportant à 1 histoire de la Vierge, entourées d'inscriptions, qui paraîtraient réellement destinées à faire illusion, si à côte nous ne trouvions l’alphabet cryptographique avec lequel elles ont été composées. J’en donnerai seulement quatre exemples.
Voici autour de l’Annonciation (fig. 88):
AVISAI ÀÜ TIXAAFIA
L’alphabet gothique nous donne la lecture: anstaiau dlhafta; à
côté, nous lisons « Gralia plena ».
Or si nous prenons la traduction en gothique de saint Luc par Ulfilas, apôtre des Goths (né en 3io t 3Si), nous trouvons le verset 28 du c. 1 : Fagino, anstai audafafla frauja mip pus; pmpido pu in qinom, ce qui veut dire : « Réjouis toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre les femmes ». Du reste le D' M. Ileyne dans le Glossaire de son livre Friedrich Ludwig Stamm’s Ulfdas, donne Anstai audahajls, « plein de grâce. » C’est dire l’importance de la paléographie d’IIepburne1, bien plus complète que celle de KoppL sur laquellej avais déjà attiré l’attention à propos de l'inscription du Retable de BeauneL
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Euprepestera é I i o u
M Schwab auquel i’ai prêté mon exemplaire de la Virga aun-a, a montré dans les
1. M. Moïse , q J , à propos du Ms. hébreu i38o de la Bibliothèque
Notices et extraits des manuscrits, t. aaa.>1 99/> I ' . , > • 1
nationale, l'importance de cet ouvrage dans l’étude des langues onenlales et cryptograph.ques
moyen-âge. . . .0