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La borde, Les Ducs de Bourgogne. Preuves, t. I, p. lxix

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI* SIÈCLE)

seulement le 23 mai 1 4 1 5 1 ; enfin c’est seulement le 19 mai i/|i6 qu’il achète à « Jean Lescot, espicier de Dijon, les couleurs de paintreries nécessaires pour parfaire ung taubleau de la vie saint Denis comme pour faire ung taubleau du Trespassement de la glorieuse Virge (sic') Marie pour l’église des Chartreux de Dijon, que le duc lui a ordonné faire 2 » .

Le terme de parfaire prouve sans doute que le tableau était commencé en 1 4 1 6 , mais rien ne démontre qu’il l’ait été par Malouel plutôt que par Bellechose. Au contraire, tant d'années écoulées depuis le marché avec Malouel en i3g8 (seize ans), depuis la mort de Malouel (quatre ans), depuis même la nomination de Bellechose comme valet de chambre du duc de Bourgogne (une année), si peu de certitude quant aux marchés avec Malouel, ne nous autorisentelles pas à supposer que, loin d’avoir été une simple reprise, le Martyre de saint Denis était bien l’œuvre personnelle d’Henri Bellechose ?

Or, maintenant que personne ne songe plus à Malouel, mais seulement à Henri Bellechose, quand dans ce tableau nous trouvons le sigle RB. quant dans les miniatures de Chantilly, qui ont avec lui une si étroite parenté, reconnue par tous, nous voyons aussi HB reproduit d’une façon absolument identique, accompagné des mêmes strygilles, du même HR, ne nous sera-t-il pas permis maintenant de prononcer le nom d’Henri Bellechose, quand nous feuilletterons le manuscrit des Très riches Heures de Chantilly ?3

Mais qu’allons-nous faire de cet HR inexpliqué ?

Pour lui, je me garderai bien de présenter autre chose qu’une discrète hypothèse. Le rapprochement du tableau du Louvre et du manuscrit de Chantilly était d’ailleurs absolument nécessaire pour autoriser une supposition.

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