Mémoires des Antiquaires de France, 1879, p
De Mély. i
humilis et placidus s'appliquent à Pierre. Le verbe au singulier me semble donner raison à ce dernier, car on doit traduire ainsi, je crois :
« Notre abbé Pierre, humble et maître bienveillant, commença le volume, à grand peine le termina, et brûlant d’amour pour le Christ, le décora d'or intérieurement. »
Cet adjectif placidus d’ailleurs, nous le rencontrerons plusieurs fois dans la suite, au nombre des qualificatifs que se donnaient à euxmêmes les artistes : Ingelardus honestus, Stephanus Garsia placidus, G u (la peccatrix, Joachim de Gigantibus tranquille miniavit. Aubert parait donc avoir raison.
En tous cas, il est bien certain que, sans humilité, quoi qu'on en dise, 1 artiste, Pierre ou Placide, nous a laissé ici son nom.
832. Sous l'abbé Eigil. Brunn, moine de Fulde, peint l’abside de 1 Abbaye. Modestus son confrère nous a laissé de lui un petit portrait dont il ne reste malheureusement qu'une gravure dans les Antiquités de Fulde par Brover (fig. 4)1 2-
Dans une pièce de vers que nous emprunterons à la 1 ie de saint EiqiF, Brunn réclame pour lui l'honneur d'avoir exécuté ces peintures :
« Absida quam super exstructa namque imminet ingens, Quamque egomet quondam hac Christi nutritus in aida, Presbvter et monachus, Brunn, vilisque magister.
Depinxi ingenio tenui, parvaque Minerva Formons, expressi varios ferrugine vultus. »
« La grande abside que voilà moi Brunn, prêtre et moine, humble maître, nourri naguère dans la maison du Christ, je l'ai peinte avec mon faible talent et grâce à un art modeste, j'ai pu avec de l’ocre3 représenter différents personnages. »
Cliché Mél,.
Fig. 4- — Brunn et Modestus, d'après les Antiquités de Fulde.