Michel (André), Débats, 7 janvier
2. Tous les renseignements documentaires qu’on trouvera ici, viennent de la préface du grand ouvrage de MM. de Yries et Morpurgo, rédigée par le Dr Coggiola, l’érudit conservateur de la Bibliothèque nationale centrale de Florence qui a précisé et rectifié là de nombreux points douteux ou erronés.
3. Zanotto ne peut baser son affirmation sur aucun document. Selon les suppositions de M. Coggiola, l'acquisition doit être peu antérieure à i520. Dans un instant nous verrons l'intérêt curieux de cette hypothèse.
LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVI” SIÈCLE)
manuscrit devait, après lui, être offert à la République. A la mort du cardinal Manno, en i5/|6, le Bréviaire fut néanmoins conservé par Jean Grimani, qui obtint d’en garder la jouissance sa vie durant. En ioqa, Jean Grimani, qui était très malade, mais qui ne devait mourir cependant qu'en i5g3, fit appeler le procurateur de Saint-Marc, Marc-Antonio Barbaro, et lui confia le livre. Après son décès, le manuscrit fut remis, devant le Sénat assemblé, aux mains du doge Pascal Cicogna, qui ordonna de le déposer dans le trésor de Saint-Marc.
La République, voulant montrer le prix quelle attachait à un monument si précieux, — quoique gothique et ponentais, — aurait fait exécuter par Alessandro Vitloria, la riche reliure de velours, garnie d’argent ciselé et doré qui l’habille encore aujourd’hui, et placer sur les plats les portraits en médaillons du cardinal Grimani et de son père, le doge Antonio Grimani1 2.
A ce moment, le Bréviaire disparaît complètement. Aucun des grands connaisseurs, aucun des curieux, aucun des voyageurs d’importance des xvu“ et xvm' siècles, n’est admis à le voir. Jacques Morelli lui-même, bibliothécaire de Saint-Marc pourtant depuis 1778, ne le feuillette pour la première fois que le 3 mai 178/1 lors dune visite du roi de Suède, Gustave III. Le 4 octobre 1797, il obtient un décret qui ordonne le transfert du manuscrit à la Bibliothèque publique, où il n’arrive d’ailleurs qu’en 1801 s; c’est là que l'extrême amabilité du Dr Frati, l’éminent administrateur de la bibliothèque, et que la complaisante érudition du D‘ Coggiola, son savant collaborateur a ce moment, m ont permis de l’examiner, d en photographier les feuillets nécessaires à mon étude, dans d’exceptionnelles conditions. Je suis heureux de leur exprimer ici toute ma reconnaissance.
Depuis son entrée à la Bibliothèque de Venise, fort nombreux
1 . Le Dr Coggiola croit pouvoir affirmer que la reliure n’a pas été exécutée par Yittoria : il pense qu’elle date plutôt du temps du cardinal Domenico Grimani.