‹ Les primitifs et leurs signaturesChapitre 71 sur 149 · Destrée (J.)- ^vne de l’Art Chrétien, 1894, p u · texte numérisé non relu

Destrée (J.)- ^vne de l’Art Chrétien, 1894, p u

3 Durrieu (Le comle P.). Bulletin des Antiquaires de France, l894, p. 85 et 5 mars igid.

i, ' Cette identification rappelle celle de MM. Gluck et Dollmayer, qui découvrant dans un Juijement dernier, supposé de Jérôme Bosch, un B. nous disent « que cela intrigua longtemps nos principaux historiens d’art » et fit songer alors 4 une signature du peintre . . .Mandyn (Jan). (Maeterlinck, Hernie de l'Art, 1908 (1), p. i48).

LES MAITRES MINIATURISTES (i3gi-XVI' SIÈCLE)

i485. « L’an mil 1111e 1111“ cinq fut fait ce livre en l'honneur de Dieu

« et de la glorieuse vierge Marie et de Monseigneur saint Jehan « 1 Evangéliste, par Jacques de Besançon, enlumineur, lui estanl « bastonnier de la confrérie Monseigneur Saint-Jehan, fondée en « l’église Saint-Andry-des-Ars à Paris, pour servir à la dicte confrérie. « Et prye frères et suers qu ils pryent Dieu et Monseigneur saint « Jehan l’Evangéliste pour lui et qui plaise au benoit saint accepter « ce petit don. »

Telle est la fin d’un manuscrit petit in-folio, contenant un Office noté de saint Jean l’Evangéliste conservé à la bibliothèque Mazarine (ms. 46i).

M. P. Durrieu a longuement étudié cet enlumineur dans un savant travail1. Mais si cette étude nous a permis de connaître le faire de cet artiste intéressant (fig. 227), il nous paraît impossible de suivre l'éminent critique dans toutes ses conclusions.

A la fin de son volume, il donne le Catalogue raisonné de l’œuvre de Jacques de Besançon . Il reconnaît dans soixantehuit manuscrits différents sa main, tantôt incertaine, tantôt jeune, tantôt dans la plénitude de son talent. Or, avec ce qui est dispersé dans les vélins (i45o images peintes), nous arrivons à un total de 3 5oo miniatures identifiées ainsi; et ce n’est là qu’une partie de l’œuvre de l’artiste. Si grande que fut sa facilité, a-t-on calculé le nombre d’années que cette série aurait demandé à exécuter? A-t-on pensé que si nous nous trouvons en présence seulement de la moitié de l’œuvre de Jacques de Besançon, nous arrivons alors à près de 8 000 miniatures? E11 les estimant en moyenne

1. Un grand enlumineur parisien, Jacques de Besançon et son œuvre. Paris, Champion, 1892, in-8 [Société de l’Histoire de Paris].

Cliché Mély

Fig. 227. — Saint Jean l'Evangéliste. Miniature de l 'Office de saint Jean l'Evangéliste exécutée par Jacques de Besançon.

(Bibl. Mazarine Paris, ms. 461.)

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à trois jours de travail chaque, ce qui est peu, car nous ne devons pas oublier que nombre d'entre elles furent payées du temps d’Antoine Vérard 35 sols qui équivaudraient aujourd’hui à 35 francs, nous aurions ainsi 24000 journées d’ouvrier. En déduisant les cent jours fériés annuels, c’est ainsi un total de g5 ans de travail ininterrompu. Il faut donc, je crois, être beaucoup plus réservé, se contenter pour ! instant des miniatures du livre de la bibliothèque Mazarine et rechercher simplement dans leurs détails, les premières grandes lignes qui nous permettront de reconstituer dans la suite, scientifiquement l’œuvre de l’enlumineur parisien.

1486. Le Dr A. von Wurzbach mentionne un Claey [Nicolas] Spirinc, enlumineur de Charles-le-Téméraire dans la seconde moitié du xvc siècle; il reproduit en même temps sa marque N 4 S. Laborde dans ses Preuves signale un Jean Spiering, enlumineur, inscrit en 1478 dans le Registre des Libraires de Bruges. Un Livre d’Heures du British Muséum (Mari. 2g43) donne au milieu d’un décor de feuillages, au f° 18 : Spierinck, i486. Mais comme ce nom n’est précédé d’aucune initiale, il est impossible de dire auquel des deux artistes celte page doit être attribuée.

1487. En 1886, M. A. von Eye a publié dans l 'Anzeiger fiir Kunde der deutschen Vorzeit, p. i32, une étude sur deux miniaturistes dont il avait trouvé les signatures au Musée Germanique de Nuremberg.

A l'année i322 (p. 57) nous avons parlé de Linhart Frater. Sur la première page d’un Plenarium in-folio, daté de 1487. contenant l’office de sainte Agnus (sic), il voit sur la barre du milieu de l'M initiale, le portrait de la sainte et à côté d’elle, un moine dans l’attitude d’un homme en adoration ( anbelend ), tenant dans ses mains une banderole sur laquelle on lit :

« Frater Mathyas minor die tus Stamler' . »

i . Stamler signifie le Bègue.

LES MAITHES MIMAÏI LISTES (i3gi-XVI‘ SIECLE)

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Cliché JJcly.

. 228. — Une danse ù Berne en i470- Miniature du Journal do Scneca.

(Bibl. de Berne.)

Le Dr Von Eye fait au sujet de ce religieux, qu’il n’hésite pas à reconnaître comme l’auteur de la miniature, une très intéressante remarque. « Il procède, dit-il, d’un dessinateur d’écriture à un dessinateur de figures ». Aussi tout en lui attribuant l’enluminure, il l’appelle cependant u copiste ». « Il est impossible, ajoute-t-il, de croire que le copiste et le dessinateur ne sont pas une même personne. Dans quelques endroits lecriture recouvre la peinture, dans d'autres la peinture est sur l’écriture, et le copiste possède un tel talent artistique que les traits se transforment involontairement sous sa main en œuvre d’art. »

Devons-nous rapprocher cet habile miniaturiste d’un Mathias de Alemagna, enlumineur du xv° siècle, que nous trouvons cité dans le registre du monastère de Sainte-Justine de Padoue où il est qualifié d’eximius scriplor? (Caravita, I coclici e le arli a Monte Casslno. 39, I. P. 483).

Mais cette constatation très objective d’un artiste-scribe — à I inverse des scribes-enlumineurs des corporations du moyen âge — nous engage à en citer ici deux autres également du xvc siècle, qui procèdent delà même école: Maître Seneca, rédacteur d’un Journal très curieux, daté de 1 479» conservé à la bibliothèque de Berne, dans lequel il relate les événements auquels il se trouve mêlé (fig. 228) et qu’il illustre, au courant du texte, de la façon la plus amusante, et Hans Oit, rédacteur d’une Bible historiale, aujourd’hui à la Bibliothèque de Saint-Gall (343 C) (fig. 229), que M. Hans Vollmer a dernièrement étudiée dans le Beperlorium J'iir Kunslwissenschafl (1910). Grâce à son amabilité, je puis donner ici ce Siège 1 le Jéricho, si curieusement impressionniste, qui porte au bas, à droite, la signature de l'artiste.

En 1898, M. Labande. l’érudit archiviste de la Principauté de Monaco, communiquait à la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des

départements (t. XXII, p. Soi) une intéressante étude sur le manuscrit 25g5 de la bibliothèque d'Avignon, décoré par un « escrivain de lettres de formes »

que M. l'abbé Requin avait signalé dans ses Artistes Avignonnais1, comme un certain Ginot Balateti. Il avait, à la date de i468, commandé deux manuscrits sur parchemin au frère JeolTroy de Closo, des Prémontrés, ce qui tendrait à démontrer, que seul, il ne pouvait suffire à la besogne qui lui était commandée.

C’était un miniaturiste délicat, de son vrai nom Guiot Raletet, ainsi qu’en témoigne la signature du manuscrit 25g5 (fig. 23o).

Dans un second travail paru dans la Gazette des Beaux-Arts en 1907 (i, p. 3o3), M. Labande décrit l’art de ce fin dessinateur, déjà plié a la nouvelle technique de la Renaissance et étudie les gammes de gris, de blanc et de bleu dans lesquelles il peint ses saints, situés au milieu de pelits paysages, cpii n’ont pas plus de 4 centimètres de côté ; c’est ainsi que nous faisons connaissance avec les vingtsept délicates petites miniatures qui décorent ce charmant volume (fig. 23l , 232, 233).

I. Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements . I. XIII;(i88g), p. i4g.

Fig. 329. — Le Siège de Jéricho. Miniature d’une Bible historiale signée lions Oit., dans le bas à droite. (Bibl. de Saint-Gall, ms. 343 C.)

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Cliché Mély.

Fig. 23o. — Signature de Guyot Baletet. (Bibl. d’Avignon, ms. 35g5.)

LES MAITRES MINIATURISTES (i39i-XVI' SIÈCLE

Guyot Balelet était originaire du diocèse de Besançon, comme nous le faisait bien supposer son prénom Guyot, qu il no faut pas confondre avec le nom patronymique des Guyot, de Lyon, dont d a été question à propos du Missel d’Autrn (p. 25 1).

En 1 468 , il était assez nouvellement établi à Avignon pour qu'on dût mentionner son pays d’origine au contrat d’acquisition d’une maison dans le voisinage de la rue des Vieilles-Études. En i/|8i, il donne quittance de cinq florins pour l’enluminure de quatre bulles obtenues au profit de la Ville, par le légat Julien de la Bovère, le futur pape Jules II. En 1/191, il achète deux tonneaux

Fc. a3i. — Saint Jacques.

Miniature du Livre d’ Heures signé par Guyot Balelet.

(Uibl. d’Avignon, ms.

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- Saint Sébastien. Miniature du Livre d’Heure: signé par Guyot Balelet.

(Bibl. d’Avignon, ms. a5g5.)

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de vin à Guillaume Gervais. 11 fait un premier testament le 7 août 1 4 9-1 • 1111 peu plus tard il en fail un nouveau, où il institue sa

femme Mermette, son héritière universelle. Il était mort en 1 4 10. date du testament de sa veuve.

i48g. Le Bréviaire Grimani, le joyau de la bibliothèque Marcienne de Venise, est un des ouvrages les plus somptueux que nous aient légués l’art du moyen âge.

Au temps où, nous affirme-t-on, les maîtres gothiques connurent l’injure de l’oubli d'abord et bientôt du mépris *, l’Anonyme de Morelli, maintenant identifié avec le noble Vénitien Marc Antonio Michiel, célèbre en 1621 ces pages merveilleuses. 11 les avait admirées chez le cardinal Domenico Grimani lui-même, qui, nous dit Zanotto, avait acheté ce manuscrit en 1 489 , pour 5oo ducats, à un certain Antonio de Sicile, dans lequel plusieurs ont cru reconnaître le célèbre peintre Antonello de Messine2. La chose est difficile à admettre car Antonello né en i/(3o, meurt à 49 ans (et non à 09 comme 1 imprime M. Stoin dans la Gazelle des BeauxArls, 1909 (1), p. 38) entre le i5 et le 25 février 1 479- ^ es^ d’ailleurs peu probable cpie Zanotto eût traité Antonello, peintre célèbre, avec celte désinvolture. Mais il faut alors se rappeler qu’Antonello de Saliba, également de Messine, son neveu, était peintre comme son oncle, dont il continua la manière, jusqu’à être parfois confondu avec lui3.

Dans son testament du 16 août i523, le cardinal, qui, loin de mépriser cette œuvre des gothiques, quoique l’Italie fût en pleine Renaissance, la regardait au contraire « comme un objet de la plus grande valeur et de la plus exquise beauté » (testament du ig octobre i52o), la légua à son neveu, le cardinal Marino Grimani, patriarche d’Aquilée. mais sous l’expresse défense de l’aliéner ; le

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