‹ Les primitifs; études d'ethnologie comparéeChapitre 125 sur 149 · VALEUR DU NOM · texte numérisé non relu

VALEUR DU NOM

maîtres, qu'elles savent pourtant si bien mnjBÎer ? Que par la femme, plus que l'homme «ajatte au mal, le péché entra dans le monde ?

Les âmes des morts revieoiia^, dit-on, dans leurs familles, où elles renaifigeat de génération en génération. Mais la réception d'une âme n'est pas définitive avant la ^nomination » qui a lieu sept jours après la jmitfiinrr Si l'enfant reçoit le nom de Paul piuiM iftte celui de Pierre, Tancêtre Paul renouvela lara son bail à Texistence, et Pierre patientera. S*il s'agit d'une fillette et qu'elle soit mise à mort dans la première semaine, l'âme comprendra, sans qu'il soit besoin d'insister davantage, que la famille ne veut plus de sa personne. Elle ira se caser ailleurs, se faire adopter par une autre peuplade. Ainsi diminuera le stock d'âmes féminines au profit de l'élément masculin. En vertu de ce raisonnement, quelques Chinois de Hekka et de Canton tuaient les filles sitôt nées, ou même leur coupaient nez et oreilles, les écorchaient, dit-oii, pour les dissuader de renaître dans le sexe inférieur. Des enragés s'en prenaient encore aux mères qu'ils accusaient do complicité avec la misérable créature (i).

Par suite des suppressions opérées, les survivantes faisaient prime sur le marché matrimonial de Khondie, jouissaient d'une haute considération dans les relations publiques et privées. On affirme — est-ce vrai? — qu'elles s'entêtèrent plus que leurs maris à garder la coutume cruelle.

(i) China Beview.

34i LES KOLARIENS DU HENGALE.

Pour se délasser des travaux agricoles, nos indigènes s'adonnent aux plaisirs de la chasse ; après avoir manié la pioche et la charrue, ils soupirent après les terribles excitations de la guerre, qui les sort de Thabitude quotidienne et les secoue violemment. Ce besoin d'émotion, ils le passent en ivresse, en danses échevelées, mais, par intervalles, le tempérament exige davantage. Alors ils croient indispensable de se mesurer avec quelque rival à leur taille : histoire de montrer force et vaillance, de raviver l'orgueil, et de rafraîchir l'éclat de l'antique gloire. Se tuer entre frères, instinct de haute ani malité. Bien que les races inférieures soient douées pour la plupart d'énormes pouvoirs de proliflcation, elles ne multiplient pas outre mesure, étant la proie les unes des autres et des espèces supérieures, Celles-ci déborderaient si elles ne se faisaient concurrence à elles-mêmes, si elles ne veillaient avec une rigueur inflexible et une sévérité cruelle à ne pas dépasser un certain niveau. Au début de son existence, l'animal de haute lignée, faible encore et exposé k mille périls, paye à la mortalité le tribut qu'exigent la croissance, l'acclimatation, les divers apprentissages. Belle victoire déjà que d'arriver sain et sauf à Tâge adulte. Immense succès que d'avoir surmonté mille et mille attaques dont chacune pouvait être fatale : patentes et latentes, directes et indirectes, visibles et invisibles. Après avoir triomphé du monde entier pour ainsi dire, surgit le plus grand des périls : la lutte contre égaux, les combats contre les camarades, contre le frère, autre moi-même. Ces petits d'une même portée ont prospéré. En d'excellentes conditions ils vont mesurer leurs forces ; le plus robuste accomplira le grand acte physiologique, et perpétuera l'espèce. « Au plus fort la plus

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