BALLET
stallentavcc leurs tambourins et attaquent Touverture : cantilène d'ancien style, grave et mesurée, lente et monotone ; les airs modernes ont plus de %èreté et de frivolité. Le menuet — oui, c est un ffienuet — mérite l'admiration des connaisseurs par ^B précision du rythme, la sûreté des danseurs, la ^fèice modeste des danseuses, qui glissent sur le sol 6n faisant onduler leurs plumes.
< Suit un ballet : V Heureux Chasseur^ scène à deux
personnages. Un oiseau sautille, hoche de la queue,
^oit et se baigne, se lisse les plumes, becqueté
Pa.r-ci, pigoche par-là. L'archer le guette, approche
^ pas furtifs. Un de ses mouvements effarouche la
*^^stiole, qui détale. Mais une flèche siffle, l'atteint
^ix plein vol. La blessée se raidit contre la douleur,
J^oltige en lacets désordonnés, et va choir dans une
fc^ï'oussaille. Avec son aile brisée, elle fait face h Ven-
'^^mi, pique du bec, grifîe des ongles, jusqu'à ce que
perdant sangr etsouffle,elle s'affaisse et S'abandonne,
J^îssant choir son plumage... Merveille ! c'est une
*^^iiime nue, une femme tremblante et palpitante
î^xe le jeune chasseur, ivre de joie, embrasse avec
*^<^rveur. »
Çue vous en semble ? N'est-ce pas la traduction ^** aléoute de l'apologue d'Éros, d'Éros qui a décoché s SI flèche d'or sur la charmante colombe d'Aphrodite ? ï-esDindjié racontent que (jélinotte Blaiîche se métamorphosa en femme pour devenir la compagne ^^e riiomme (i)* Les Indiens ont aussi la légende tVOsséo, qui, se promenant dans l'Étoile du S^ir, Ura sur une fauvette; Toiscau tomba et se trouva être une fille avec une flèche qui saignait dans la poitrine d'ivoire (2). Le Russe Mikaïlof Ivanovitch Potok courait après une cygnelle et la tira : « Tombèrent les plumes blanches, tomba le manteau, ap-
(1) Pclitot, MononmjtliU' des Dèm^ Dimljiè* .a) ScIioolcraft»il/.vi'* nescafrlies.
;108 LES INOÏTS OCCIDENTAUX.
parut la plus belle des vierges (i). » — « Je suis le faucon, tu es la palombe », chante Téternel amoureux des poésies populaires.
« Peu à peu les spectateurs s'échauffent, accompagnent du geste. On produit des chansons de circonstance : événements contemporains, batailles et traités de paix, aventures de chasse, incidents de voyage, accidents de bateau (2). L'enthousiasme augmente avec le bruit des applaudissements.
Mais sans banquet pas de vraie fête. Sortent comme de dessous terre des enfants superbement accoutrés, marchant en mesure, avec une gravité parfaite , apportant platées de poisson bouilli , viandes, lampées d'huile, moelle de renne, et, pour dessert, des myrtiles brouillées dans la graisse et la neige. Les hôtes conviés à la solennité consomment une telle quantité de provisions, que souvent la fête est suivie d'une véritable famine — mais on n'en a que plus d'honneur. Pour la meilleure digestion, danse générale, après laquelle chacun est gratifié d'une pincée de tabac (3). »
Les solennités de l'An Neuf ne sont pas toujours célébrées par les deux sexes en commun ; parfois les femmes et les hommes font fôte h part — et peine de mort pçur les curieux ou les indiscrètes.
On s'assemblait la nuit, pour danser au clair de lune, on dépouillait ses vêtements, même par les froids de plusieurs degrés. La nudité est le vêtement sacré, l'homme le revêt pour approcher la divinité. Quand il gèle à pierre fendre, les pas ne traînent guère, et la gesticulation s'accentue. Corps nus et ligures larvées. Le masque aveugle, retenu par une courroie bouclée derrière la tète et un mors
'^1; Bistrom, das Russische Volksepos.
(2; Venjamlnof.
(3) Dali.