LE PHYSIQUE. 14U
la figure assez large, tout cela constitue un superbe ensemble. Le teint parcourt toutes les nuances du brun clair au brun foncé en passant par le brique rouge ; les cheveux sont noirs, et, détail à noter, la barbe n'est pas mal fournie. On les a souvent donnés pour les plus beaux échantillons de l'espèce humaine.
On n'en dirait pas autant des Apaches proprement dits, presque exclusivement carnivores, et qu'on nous donne pour laids et désagréables : masque impassible, traits ridés et flétris ; figure large, nez aplati, pommettes saillantes, bouche trop fendue, lèvres minces, regard de travers. Les yeux légèrement obliques et dont l'éclat vitré rappelle ceux du coyote, sont plus brillants que ceux des Indiens du nord. Les cheveux d'un noir mat, jamais peignés, retombent sur les épaules en soies épaisses ; autrement, ils sont à peu près glabres. A côté de leurs grands voisins, ils paraissent rabougris, leur taille moyenne n'étant que de cinq pieds cinq pouces.
Les cactus mettent un cheval ou un nmlet tout en .sang, avant d'entamer l'Apache. Son tégument épais se montre peu sensible à l'action des intempéries. Par le soleil le plus ardent, ils vont et viennent sans aucune protection ; mais quand ils ont le loisir de prendre leurs aises, à la mode des Australiens et Andamènes, ils s'enveloppent la tête d'une calotte de boue qui leur procure une agréable fraîcheur et les débarrasse de la vermine. Pour les mêmes raisons, ils s'enduisent le corps d'une couche fangeuse, lis se donnent généralement des mocassins, modeste
(i) La taille (\c dix-huit Apaches et Tontos, mesurés par Ton Kate, variait entre j m. 67 ot 1 m. 81. Soriêté Anthropologique, DuUelin, i883.
luxe, pour se protéger les pieds contre les épines, et à cet effet, la forte semelle remonte en pointe lar^^e et recourbée. Quant aux vétemeals pa^^t^e^
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core moins par pudeur, que par vanité et coquetterie, pour se faire valoir : les hommes, par quelque trophée de meurtre et de rapine ; les jeunes femmes, par une loque de couleur, par un jupon d'écorce, par une toison qu'elles ont ornée de barres et de lignos, industrieusement assouplie en la frottant do cervelle. Quelques-unes se tatouent au menton ; la suprême élégance est de se barbouiller avec des couleurs criardes. Les ablutions ne mettent nullement ce maquillage en danger, car on ne se baigne que pour Tagrément, et Teau n'abonde point. Soit à cause de leur malpropreté, soit parce qu'ils ne se nourrissent que de chair, et principalement de celle du cheval, de l'âne et du mulet, ces Apaches, qui nous remettent en mémoire les hippophages de Solutré, dont les ossements ont été trouvés mélangés à ceux de cinquante à cent mille chevaux (i), ces Apaches, disons-nous, exhalent une pénétrante odeuréquine, surtout quand ils sont échauffés. Les montures re-r l)roussent chemin dès qu'elles l'éventent (2). Constatons une fois de plus que la propreté du corps est le plus souvent un signe de civilisation déjà avancée. A Tépoqne de la puberté, on arrache les sourcils aux filles, poil à poil, et bientôt après on les débarrasse même dos cils. — Est-ce pour les embellir (3) ?
(}) Bullelin de la Société ilnnlhropologie, 187V
(2) Banrroft. L'odeur tle faiivo qu'émettent les Néo-Calédoniens semliie persisler, malgré tous los soins de propreté. —V. I*atouillel, Trois an^ en Nonvelh-dnlétlonie.
(3) Crémony.