POUR L AMOUU DE DIEU
lenieiit la vertu; il n'y a que des théologiens pour i^^nœuvrer Torthodoxie avec tant de dextérité, en- ^•"G des écueils où sombrerait une morale vulgaire. ^^ loi de Manou enjoint à tout dévot d'avoir un fils, pc^iir que les mânes des ancêtres soient sustentés P^r les sacrifices funèbres. La loi n'enjoint pas ^ î^voir plusieurs enfants, mais le permet, dit que *c^ cadets sont issus, non pas du devoir, mais de la ^'<^lupté... Eh bien, cette lignée surérogatoire, nos saints hommes la voueront au salut des classes inférieures. Puisque la transmission de la prêtrise ^'effectue de premier-né en premier-né, les Nam- *^ouris marieront leur aîné suivant les rits consacrés. Quant aux cadets, ils ne perpétueront pas la race, ne *^'engageront pas dans les « justes noces », mais Voudront bien contracter quelques unions de courte ^urée avec des femmes étrangères ; ils honoreront Me leur bienveillance quelques filles d'inférieure Condition. Un Brahmane donnera de la progéniture ^ une Naïre, jamais Naïr à fille brahmane. De la 55orte, le droit du patriarcat est scrupuleusement Respecté, et avec le matriarcat on se met dans les tneillcurs termes..
Indifférents à la paternité qu'ils ignorent ou dédaignent de connaître, les Naïrs qui ont un héritage à léguer, — que ce soit un trône, des palais ou des propriétés territoriales, — ont été enseignés par une longue tradition que les prêtres, sorciers très distingués, apportent par leur magie toutes sortes de prospérités aux maisons dans lesquelles ils ont la complaisance d'entrer. Les grandes familles so croiraient amoindries si chaque génération ne leur apportait un influx de sang sacré. Avec reconnaissance, elles accueillent les services des prêtres ca-
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dets, beaux fils qui viennent munir d'héritiers les oncles à héritage. Le prince régnant recevait avec faveur les jolis Éliacin, les faisait rafraîchir, les complimentait, les remerciait du grand honneur qu'ils voulaierit bien faire à la maison. Puis il introduisait les muguets de sacristie dans la salle où, parées de leur mieux, attendaient la « Bibi » et les princesses ses filles. La jeunesse liait connaissance, se divertissait, courait les parties de campagne, roucoulait au clair de lune ; le printemps suivant voyait éclore une couvée de petits Tambouran. Et la Bibi n'entendait point être négligée, La veille de ses noces, elle avait été purifiée de ses fautes par un Brahmane (i), lequel avait reçu quatre ou cinq cents ducats pour la corvée. Quand l'époux allait en voyage, il la donnait en garde à des prêtres qu'il remerciait . à son retour de leur complaisance extrême (2). Pedro Cabrai raconte (3) qu'à Calicut les deux épouses royales recevaient chacune les attentions de dix Brahmanes; un moindre nombre n'eût pas suffi à l'honneur du souverain,
La haute noblesse entend toujours être bien pourvue. Et la petite gentilhommerie réclame sa part. Les lévites se résignent. .. mais qu'il a d'exigences le culte de Brahma ! Combien d'actes de sacrifice ! Comptons un peu : les danseuses des temples, hiérodules et bayadères, devoir rigoureux, obligation sacrée ; — les Tambourettes ; — les princesses et les belles de la cour ; — les gentes dames et cointes bachelettes de la province. Plus les familles sont de vieille
(i) Môiinshi Abdoul Bahanidn Khnn, dans Y Orienlal Christian Speclalor^ iS^o.
(2) Thomas Herbert, Voyage, etc.
(3) Collecçào de noticias.