‹ Les primitiis: Études d'ethnologie comparéeChapitre 143 sur 264 · Allgemeine Zeitung^ V · texte numérisé non relu

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CHRÉTIENS CATUOLIQUES. 181

nierçante Galicut devall sa prospérité, sa puissance et sa richesse à sa tolérance envers tous les cultes : « Chacun y vit en grande liberté de conscience », remarquait Pyrard, qui, parmi les chrétiens d'Europe, n'avait pas été habitué à ce spectacle. En 1541, survint Tétonnant François de Xavier, qui, assisté de quelques compagnons seulement, et plus heureux que Tapôtre Thomas lui-même, fit la plus merveilleuse pêche qui soit jamais entrée en la barque de saint Pierre^ : cinq cent mille hommes d'un coup de filet*. Maintes fois il se plaignit d'avoir les bras cassés de fatigue, — baptêmes par centaines et centaines, — il regrettait aussi de ne rien entendre à ce que racontaient ses intéressants néophytes. Sans doute, la secte eût pu constituer un parti puissant en faveur des Lusitaniens, asseoir définitivement leur puissance, n'était que les chrétiens d'Occident se mirent en devoir de tyranniser leurs frères d'Orient, de les traiter en hérétiques, ni plus ni moins que les frères d'Abyssinie, non moins miraculeusement retrouvés. Les Jacobites eurent l'impardonnable tort de ne pas se soumettre immédiatement à l'évêque de Rome; ils s'obstinèrent à refuser les nouvelles prières, liturgies et incantations latines auxquelles ils n'entendaient goutte, à conserver leurs formulaires syriaques auxquels ils ne comprenaient pas davantage, mais qu'ils disaient avoir été dictés par Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même; ils se défendaient en disant que les formules sacramentelles perdent force et vertu, dès qu'elles subissent le moindre changement, ne serait-ce que dans la prononciation. Des deux parts on s'entêtait le plus à ce que l'on connaissait le moins.

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