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180 LES NAÏRS.
pes avec mets non sanglants, riz, pâtes, mie], canne sucrée. Pour baptiser leurs enfants, ils leur imprimaient sur le front le signe de la croix avec un fer rouge, — on dit que les chrétiens d'Abyssiiiie conservèrent longtemps cette coutume — et dès qu'ils les avaient ainsi marqués, fussent-ils encore à la mamelle, ils les faisaient communier sous les deux espèces*. Les prêtres sont appelés Kassanar*, se marient et portent longue barbe. Au Vendredi-Saint, ils crèvent les yeux à Judas Tlscariote ; au dessert ils apportent un gâteau, tous y piquent le couteau; et quand chacun y a été de son coup, mangent la pâtisserie. A Pâques, les fidèles relatent leurs gros péchés de Tannée sur des morceaux de papier dont ils bourrent un canon de bambou ; la décharge disperse en l'air toutes les fautes de la communauté, et plus il n'en sera question^ Le recensement de 1872 indiquait un chiffre de quatre cent mille Jacobites*.
Au temps de leurs premières ferveurs, ces nouveaux convertis, imbus des doctrines apportées de Syrie et d'Arménie, avaient pensé constituer au Malabar un nouvel ordre de choses : abolir l'antique matriarcat, inaugurer un patriarcat tout autrement rigoureux que le brahmanique. Ils déclarèrent le sexe féminin déchu de tout droit à l'héritage, et leurs descendants continuent à donner tout aux garçons, rien aux filles.
Les conquêtes des Portugais firent au début une haute position aux confrères chrétiens, les Nasarani, lesquels, du reste, n'avaient pas besoin d'être protégés. La com-